Edito


Mercredi 28 Juillet 2010
L'Art et la manière

Ce week-end, si je n’ai pas mis un doigt de pied sur Internet pendant plus de 48h, ce fut moins par conviction que par dépit face à l’hostilité barbare des voisins de mes hôtes qui ne daignèrent pas même proposer un semblant de WiFi non sécurisé. Quant aux dits hôtes, leur cuisine parfaite ainsi que la qualité de leur salle de bain compensèrent largement le malaise numérique qui semblait flotter dans la maison telle une moumoute de poitrine à la piscine municipale (je dédie la hauteur intellectuelle de cet article à ma mamie). Aussi, devant la débâcle me poussant à ne pouvoir rien faire d’autre avec mon ordinateur portable que regarder l’heure tourner, je fus contraint à sortir et à subir les festivités locales. Dur.

Il se trouve qu’il y avait ce week-end là, dans le trou hors sol où j’avais posé ma vaniti, un festival de spectacle de rue qui, en plus de voter à gauche, permettait de se délecter de moult créations audacieuses et originales avec vue sur la mer, le plus souvent savoureuses, surtout quand elles étaient gratuites, c’est-à-dire tout le temps. Il y avait de tout, du bon, du parfait, et du « c’est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois, mais comme j’ai perdu 90 minutes, je garde mon pourboire et je vais me droguer en crêpes au sucre ». IL Y AVAIT MEME DES CHATONS SAUVAGES ! J’écris gros parce que je n’arrive pas à m’en remettre. Un chaton sauvage, tu te rends compte ? Une petite créature frêle mais convaincue, parcourant les ruelles sur ses petites pattes si jeunes, mais déjà si conquérantes, les yeux ouverts à la recherche d’une mouche à pourchasser, en vain, probablement ! Je l’ai pris dans mes bras, il m’est monté dans le cou, je l’ai regardé, il m’a regardé, je lui ai fait pouet-pouet, il m’a fait pouet-pouet, et puis ça y est.

Ce fut un succès. Pas le chaton, le festival. Enfin le chaton aussi. Mais laissons les affaires de poil pour un autre article, vous verrez, ça sera très bien, on parlera de Miley Cyrus et des jeux de mots qu’on peut faire avec. Ma future grandeur. Pour l’heure, il s’agissait du festival, de sa fréquentation grandissante que j’avais pu observer sur trois années consécutives, et, donc, de sa réussite incontestable. Certaines attractions exigeaient même une réservation à l’avance, faute de places limitées.


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Il y avait notamment, sur la place principale, ce grand parallélépipède monolithique noir chromé, presque surréaliste dans une ville à l’architecture encore très traditionnelle. Nul ne savait ce qu’il contenait. Tout au plus, le prospectus officiel, dont les rédacteurs aux milles envolées lyriques pour un oui ou pour un prout qui ne devaient pas tourner qu’à l’eau de mer, dépeignait la chose comme un grand spectacle onirique à ne pas manquer. Soit. Moi, quand on me dit « onirique », je pense « Chihiro, Baten Kaitos, youpi ! », mais je me soigne, et je vais mieux. Bref, peu savaient vraiment de quoi il en retournait. Ce n’est que le deuxième jour que les rumeurs commencèrent à se lever et à porter l’œuvre comme un grand spectacle onirique à ne pas manquer, PS : c’est tellement ouf que si tu veux toi aussi en parler dans ton Twitter, il faut réserver à l’avance. Comme pour Avatar, quoi, sauf que ça en vaut la peine.

Nous partîmes donc, le matin du dernier jour, il devait être quatorze heures, et finîmes par obtenir nos sésames tant mérités après une plombe de piquet et de nombreuses frayeurs dues à la surconsommation boulimique de certains amateurs fous furieux et sur les nerfs, « bonjour, c’est limité à quatre-vingt places ? Je vous en prendrai douze. Ah non, tiens, mettez m’en vingt-huit. » Nous avions pris soin de prendre la dernière séance, pour que ce diamant promis soit le joyau et la cerise d’une journée déjà prometteuse, cultiver l’attente et l’envie pour savourer l’excitation. Cette phrase n’a besoin d’aucune remarque.

Aussi, la nuit tombante et les spectacles terminés, nous nous dirigeâmes vers le monolithe pour apprécier ce qui allait être le point d’orgue d’une journée qui avait déjà été belle, riche, étonnante, délicieuse, chaleureuse et rafraichissante à la fois puisque soleil ou pas, en Normandie, un pet de vent dans les saules suffit à regretter la laine qui pique de tante éponyme. A l’entrée, pas un bonjour, pas un sourire, pas un « bande de cons, vous avez cinq minutes de retard, toute la salle poireaute à cause de vous et vous n’avez rien amené à boire ! Sinon, la Bretagne, c’est civilisé ? » Installation. Après un couloir ridicule qui n’arrive pas aux mollets de ceux de Space Mountain, nous posâmes nos séants sur une sorte de barre en mousse qui avait fort heureusement été placée à l’horizontale. Fondu en noir.


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Devant nous, presque palpable, un écran descend. Au même moment, un violoncelliste aux cheveux approximatifs mais déraisonnablement étendus dans l’espace – pour vous faire une idée de la chose, imaginez Louis XV en perruque à bouclettes, faites-lui jouer du tsoin-tsoin et donnez lui des expressions faciales incongrues difficilement traduisibles en verbe, mais comme j’aime mon lecteur, je m’y risque, « gniiiuuu, hhaaagg, fuuuuooo, büüüü, frèèèè », ça rend décidemment beaucoup moins bien, vivement que je sorte mon blog en DVD – s’installa dans un coin, attendit de potentiels applaudissements dans la lumière, attendit encore, demanda d’un signe de la main à l’éclairagiste d’attendre un peu, attendit encore, abandonna, se pinça les lèvres et se mit à jouer. Au même moment, devant nous, surgit à l’écran un monochrome en variations de bleu, figure abstraite et audacieuse plantant le décor des vingt prochaines minutes, car c’était bien court (je travaille une politique d’incitation au commentaire par l’insertion furtive d’expressions pouvant être reprises et détournées hors contexte afin de donner lieu à de vifs jeux d’esprits et d’audaces rhétoriques modernes dont la finesse et la fragrance en font un moment d’échange et de réaction aussi fort que vif). Illustrant l’apparition de la toile, dont on devinait les formes indiscernablement changeantes, le violoncelliste jouait une partition visiblement monocorde, mais soit, j’étais trop occupé à m’extasier devant la beauté de la superbe pour m’arrêter sur les coquilles de Jean-Robert Souchon.

Vingt minutes durant, nous pûmes apprécier la beauté cristalline de ce bleu changeant, glissant dans les formes et dans les tons comme un tapis timide que l’on regarderait tisser méticuleusement. Sous la douceur et la mélancolie sensible de ces vingt minutes se cachait la violence d’un message : oui, l’Art mute. Le théâtre est conformiste, la culture se défend de se conformisme, car elle est révolutionnaire par essence. Ce dimanche, le Peuple a eu la preuve que l’Art pouvait se cacher n’importe où, même dans son écran de veille.


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Il y avait quelque chose de très intéressant, tout de même, un sentiment contagieux que la salle partagea sans trop le savoir : la retenue massive, ou l’interrogation refoulée de peur de passer pour un con. Ce qui est bien, avec ce genre d’œuvres « contemplatives », l’adjectif « contemplatif » ayant visiblement réussi son OPA sur le tout patrimoine de son adjectif confrère « chiant » ainsi que de sa succursale « je me demande si on essaierait pas un peu de me prendre pour une truite », c’est qu’elle se permet de solliciter le public ainsi que ses impôts pour, au final, le prendre trois étages au-dessus et se permettre de réclamer des applaudissements à la fin sans même lui avoir dit merci. C’est audacieux. Ca mérite une armée de pieds aux fesses, mais c’est audacieux. Je devrais faire pareil avec des colliers de nouille, mais projetés en IMAX dans une grande boule en argent. Sans acteur. Avec un solo de tuba que j’aurais confié à un élève de maternelle. Du génie !




A propos de profiteurs du Ministère de la Culture qui devraient desserrer leur culotte, visiter Dubaï et y choper la syphilis au nom du bien commun, je pense – je dis bien « je pense », ça n’est encore qu’un fou projet – aller au prochain spectacle de Michel Onfray. C’est plus long, mais c’est plus pénible. Ca fera un article parfait, et ça me permettra de déverser ma haine ailleurs que dans mon mémoire de stage.
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21:50
 par Myth -
Vendredi 16 Juillet 2010
Ta gueule, Zaz

J’ai longtemps hésité avant de confesser au monde mon amertume certaine quant au tube alternatif de Zaz, chanson prônant la différence, la primauté du respect de l’Homme et de l’Humanité sur le matérialisme et l’argent sale, le retour au bonheur simple et aux choses vraies, message désormais puissant car il touche le plus grand nombre, diffusé en boucle sur toutes les grandes chaines entre les Black Eyed Peas et les contrefaçons de Black Eyed Peas. Au début, je pensais me repentir, oublier mon embryon de rage forcément mauvaise, oublier ce tourment et élever mon esprit vers des contrariétés qui valent la peine de prendre du temps.

Seulement, voilà, il se trouve que je m’amuse beaucoup en voiture, que je pratique seul, que ça m’ennuie vite (j’aime bien discuter avec moi, mais quand je conduis, j’ai tendance à être irritant, donc ça m’énerve), et qu’en dehors de la radio, il n’existe pas des milliers de solutions pour rompre le silence. Or, la Basse-Normandie est un désert radiophonique, rend-toi compte, on ne capte même pas Radio Bonheur. Et le problème, en ce moment, quand on écoute des régies publicitaires musicales, c’est que Zaz passe tout le temps. Tout le temps !

Je me permettrai donc de mettre la rationalité de ma joie de vivre quelque peu à l’écart afin d’exprimer une idée certes brute mais non moins mesurée en exclamant, pondéré mais volontaire : ta gueule, Zaz. Je comprends que tu puisses considérer la critique comme rêche et inique, mais laisse-moi argumenter en reprenant tes écrit dont on ne cesse de faire les louanges.



Donnez moi une suite au Ritz, je n’en veux pas
Ca tombe bien.

Des bijoux de chez Chanel, je n’en veux pas
C’est pas parce que ça ne va pas avec ton teint que tu es obligée de nous faire passer ça pour une décision hautement politique, hein.

Donnez moi une limousine, j’en ferais quoi
Donc, en gros, non seulement tu shampouine sur la liste de Noël que tu n’as pas faite, mais en plus, tu n’as aucune imagination ? Je veux dire, tu es sensée être une artiste ! L’idée même de la tuner et la transformer en un quartier général de SOS Fantômes ne t’a même pas effleuré l’esprit ? Non ?

Offrez moi du personnel, j’en ferais quoi
J’aurais bien proposé spontanément une pyramide humaine à géométrie variable pour décorer à côté de la chaine hi-fi, mais si tu préfères autre chose, les idées ne manquent pas. J’aime bien le concept d’une troupe humaine qui se ferait passer pour une tortue à longueur de journée, ils seraient habillés en sapin de Noël, ça ferait peur aux enfants.

Un manoir à Neufchâtel, ce n’est pas pour moi
C’est bête, bien décoré, on doit pouvoir y faire des parties de cache-cache fantastiques !

Offrez moi la tour Eiffel, j’en ferais quoi
Si j’étais Cortex, je t’aurais suggéré de profiter de ta nouvelle acquisition pour pirater les ondes radios et faire passer un message subliminal te permettant à court terme de conquérir le monde. N’étant pas Cortex, je me contenterai de dire que vu l’imagination débordante dont tu fais preuve, ça doit être aussi épanouissant de vivre avec toi qu’avec une laitue névropathe dépressive.

Je veux d’l'amour, d’la joie, de la bonne humeur
Et moi, je veux des ailes, une piscine dans ma bibliothèque et Robert Downey Jr dans mon salon. En plus, quand on est poli, on ne dit pas « je veux », mais « je souhaiterais ».

Ce n’est pas votre argent qui fera mon bonheur
Ta maison de disques doit adorer.

Moi j’veux crever la main sur le cœur
La main n’importe où, tant que ça n’est pas dans ma culotte (Anthony Kavanagh, sors de ce blog)

Allons ensemble découvrir ma liberté
Je peux pas, j’ai mémoire ©

Oubliez donc, tous vos clichés
Dit la fille qui se permet d’en étaler sur toute une chanson. C’est le keffieh qui se fout du sarouel.

Bienvenue dans ma réalité
Bonjour, je cherche les toilettes.

J’en ai marre de vos bonnes manières,
c’est trop pour moi

Ah ! Voilà ! En fait, tu as quatre ans !

Moi je mange avec les mains
Si tu aimes les défis, viens chez moi, ce soir, c’est semoule.

et j’suis comme ça
Ah ouais. Mais carrément quoi. Ta classe de Première L doit trembler.

Je parle fort et je suis franche
J’espère très fort que tu vas postuler pour travailler dans un hôpital. Je serai ton plus grand fan.

excusez moi
C’est marrant, t’as l’air de penser que ça nous dérange, alors qu’en fait, on s’en tamponne majestueusement le nombril. Par contre, tu parles beaucoup de toi alors qu’on ne t’a rien demandé. Ouvre un blog ou trouve un mec.

Fini l’hypocrisie
Hypocrisie de qui ? De quoi ? Je croyais que tu parlais toute seule ?

moi, je me casse de là
Faites, faites.

J’en ai marre des langues de bois
Oui, les échardes, je comprends, ça fait mal à l’intérieur.

regardez moi
Voilà. C’est fait. Maintenant, on sait que tu existes. Oui, tu es moche et tu chantes fort, mais ça ne fait pas de toi une minorité visible. Audible, je ne dis pas, mais visible, non.

De toute manière j’vous en veux pas
Ca valait vraiment bien la peine de nous tailler une chanson pour en arriver là. Merci Zaz.

Et j’suis comme ça
Je n’ai pas compris, tu peux répéter ?

j’suis comme ça
Ah. D’accord. C’est toujours aussi bête, mais d’accord. Tu ne serais pas un peu pote avec Pep's, d'ailleurs ?


Je suis tellement aigre que je ne conclurai pas cet article.
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20:45
 par Myth -
Mardi 13 Juillet 2010
Captain Obvious Origins

C’était un beau soir de vendredi, dans un petit village manchot où l’amour des huitres et de ma prochaine m’attirèrent pour deux jours de détente bien dégagés derrière les oreilles car de bien tristes choses s’étaient produites les jours passés.

Alors que la chaleur estivale aurait poussé la moindre bête avide de sensations brutes et mal acquises à batifoler nu dans le sable doux avec pour seul apparat la mousse des vagues de la mer turquoise dont le reflet du coucher de soleil révélant toute la beauté pastel du crépuscule ornait l’île proche d’une aura apothéotique, je fus convié par mon hôte à une petite sauterie sans prétention puisque mon acte de présence allait principalement être récompensé par un visionnage sur grand écran de Into the Wild, suivi d’une conférence débat et d’un modeste cocktail. Sachant que je savais à l’avance que le film allait être en VF, sachant que je préfère généralement me tailler le foie en oreilles de Mickey et l’offrir à un enfant de moins de quatre ans au cours d’un séminaire de Familles et Tireurs d’Elite de France déguisé en pochette de GTA IV plutôt que de regarder un film en VF, vous vous doutez bien, lecteurs géniaux et avertis, que la conférence débat et le cocktail devaient être assez alléchant pour corrompre mon âme dans ses principes les plus élémentaires.

Il se trouve que l’invité d’honneur était en train de faire la promo de sa dernière œuvre, qu’il avait misé le tout sur la catch-line « j’ai pris une vie sabbatique », et qu’il passait dans le coin pour voir s’il y avait ou non moyen de négocier une plombe d’exemplaires auprès des impressionnables du patelin. Car, oui, le vieil homme qui ne payait pas de mine venait de faire le tour du monde. Et quand on est une fille, ou quand on a eu des cours de géographie animés par des profs qui illustraient leur cours sur la stabilité des milieux par des photos prise par leur pogne lors de leur dernière expédition aux îles Falkland, ou les deux, on évite les questions et on campe à l’entrée pour être sûr d’avoir le premier rang rien qu’à soi.




Quel plus beau rêve, quel plus digne idéal que celui de parcourir le monde pour aller à la rencontre de son prochain, sortir du temps et conquérir l’espace, outrepasser les frontières et annihiler les limites du globe pour écrire sa propre géographie ? Oublier la vie et découvrir les Hommes, aller au-delà de sa propre pensée, plus loin peut-être que l’on ne pourrait en avoir conscience en une seule vie ? Cet homme, aujourd’hui sexagénaire, a mis le pied dans chaque pays, chaque état, chaque nation du globe, se débrouillant pour avoir les moyens de ne jamais être stable, ne faisant que de brèves haltes dans son pays natal qui n’a, finalement, rien été de plus qu’un quartier général où il faisait bon se retrouver lorsque l’esprit ne suivait plus.

J’ai attendu cette conférence, persuadé d’avoir en face de moi une réplique assez fidèle de ce qu’aurait pu être Indiana Jones sans l’agreg. Après tout, cet homme avait voyagé et traversé des continents entiers à une époque où la mobilité était plus encore un luxe qu’aujourd’hui, une improbabilité !

C’est un homme chétif mais charismatique qui nous présenta son parcours, ses 400.000 kilomètres en stop, la quête des différents pays, les rencontres avec l’inconnu, les merveilles de son voyage, le tout dans un style à mi chemin entre l’humour de grand papy et le lol de Twitter, qui est l’humour de grand papy du futur. Cohérent.

Tout se passait brillamment bien jusqu’à ce qu’il nous fasse un happy ending auquel on aurait ajouté une chanson pop et des flashbacks en ralenti que ça nous aurait tous tiré un fleuve de larme. Car ce génial seigneur nous contait que de sa vie passée à parcourir le globe, il avait découvert la Paix dans le Monde.

Rien que ça.

Si.

Ca te la coupe, hein ?

Comme quoi, si Kant avait fait Erasmus au lieu d’idéaliser transcendentalement, on en aurait été bien ailleurs.

Pour faire simple, il – pas Kant, le Bob Morane 45kg - puisa d’un vieux sage persan dont il découvrit les écrits dans une bibliothèque de passage, ou dans des toilettes à Ankara, je ne sais plus trop, tout ceci est très confus, que la Paix se fera, c’est inévitable, car c’est comme ça, l’Humain est destiné à faire la paix. A condition qu’il soit d’accord. En gros, le message du vieux sage dit que quand tous les hommes feront la Paix, tous les hommes seront en Paix. De même que c’est parce que tous les Hommes vont aux toilettes que l’Humanité est dans la… non… pardon… sors de ce corps, Anne Roumanoff, je ne te hais point, mais enfin bon.

Mais, donc, du coup, parce que c’était quand même de ça qu’il s’agissait à la base, peut-on savoir qui est le Seigneur de cette foi Universelle pouvant à terme réguler le Monde et le faire quitter sa coquille de terreurs et de désespoir pour le muter en un havre de paix et volupté ?

Oui, vraisemblablement.

Priez votre Seigneur.


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La religion de demain est en route, et merveille des temps modernes, son héros existe depuis le XIXe Siècle. Après, pour les détails, je ne sais pas trop, je suis stagiaire, mais d’après ce que j’ai compris, le principe n’est pas seulement de dire que la Paix se fera si la Paix devait venir à se faire, puisqu’une autre branche structurante du mouvement consiste à faire une compil des autres religions, mixer le tout sans rajouter de pesto afin de servir au plus grand nombre. Ca ressemble beaucoup aux recettes de la cantine, je doute que l’Univers soit assez décadent pour se laisser prendre au jeu. A moins qu’une autorité illégitimement mise en place exige manu militari d’adhérer à la moitié du pacte, au moins par respect pour ceux qui l’ont écrit.

Tout ça pour dire, ça en valait bien la peine, que c’est pas parce qu’on se la pète grave avec son tour du monde qu’on mérite vraiment d’être canonisé. La morale de cette histoire devrait rassurer les experts-comptables qui me lisent par milliers et qui, je le sais, rêvent en secret de vivre auprès d’une communauté de lamas dans les vastes plaines de Mongolie Orientale, élever des carottes et dormir à la belle étoile dans de la fourrure de yacks stérilisés. Finalement, on rêve, on rêve, mais on serait bien incapable de vivre longtemps sans une feuille Excel.

La vidéo n'est là que pour combler le manque flagrant d'une chute consistante à cet article.


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22:05
 par Myth -
Dimanche 04 Juillet 2010
Le Stagiaire

Aujourd'hui, j'ai trop la flemme de verser ma bile sur la tristesse et décadence du monde qui nous entoure, aussi vous propose-je une belle et longue histoire afin de tuer le temps pendant votre stage ou aux toilettes ou les deux.

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Il y avait, en Antarctique, une tribu de pingouins qui vivaient heureux. Alors, bien sûr, il est difficile de parler de l’Antarctique comme un territoire assez restreint pour considérer une tribu de pingouins comme population représentative, de même que la sociologie politique des palmipèdes ne permet vraisemblablement pas de parler de tribu au sens technique du terme, et peut-être moins encore de « bonheur ». Alors, pour étayer, disons simplement qu’il y avait, dans une région antarctique assez populaire mais ayant su se préserver du tout touristique, un clan de pingouins qui vivaient en synergie. Là encore, il est vrai que le choix du mot « clan » est peut-être audacieux, et la synergie n’est peut-être pas la représentation la plus sage du climat qui y régnait alors, mais j’assume la marge d’erreur.

La plupart des pingouins de ce clan vivaient ensemble dans un esprit de camaraderie sans état d’âme, où chacun pouvait se prêter main forte sans venir demander un dû le jour suivant, ce qui était notamment motivé par l’instabilité chronologique des jours qui pouvaient durer entre deux heures et six mois, occasionnant un beau bazar dans les emplois du temps de la communauté.

Tous les pingouins s’entendaient remarquablement bien entre eux, dans la limite de la cordialité. Tous sauf un, un petit pingouin qui avait grandi en marge de la société, à l’écart de ses pairs. Le vilain petit canard de la banquise. Il a de bien mauvaises fréquentations, disaient-ils, il nous cache des choses. De fréquentations, le petit pingouin n’en avait pourtant qu’une. Un ami très cher avec qui il avait tout partagé depuis sa plus tendre enfance, ses bonheurs, ses douleurs, ses joies et tristesses, sans même imaginer qu’un jour il aurait pu être jugé et moqué par son confident. Cela n’arriva d’ailleurs jamais, tant l’amitié des deux comparses était solide et à l’épreuve de la vie, mais sous prétexte que l’ami du petit pingouin était bleu, faisait la moitié de sa taille et portait une boule de verre autour de sa tête, le clan ne l’acceptait pas. Triste dictature des préjugés.

Leur amitié, qui paraissait insubmersible jusque là, finit malheureusement par se briser un soir d’hiver où le petit pingouin se dirigeait vers le terrier de son camarade. Alors qu’il n’était qu’à quelques pas de l’entrée, une lumière aveuglante en jaillit et alla embraser les étoiles à tout jamais. Le petit pingouin se retrouva seul. Désespérément seul. On dit que plus personne ne le vit pendant une nuit entière, et une nuit, en hiver, en antarctique, ça fait long. A son retour, on décida de lui faire une petite place au sein du clan. Au fil des années, le petit pingouin devint de moins en moins petit, et finit par pleinement s’intégrer auprès de ceux qui l’avaient rejeté, se trouvant un travail, une épouse, fondant une famille qu’il hébergea dans un igloo avec vue sur la mer… Mais il n’y eut pas un soir où son regard ne croisa pas la voute étoilée, ne serait-ce qu’une seconde, dans l’espoir mourant de voir ressurgir son vieil ami de toujours.

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1500 ans terrestres plus tard, à l'autre bout de l'Univers,
brisant sans complexe les lois de la relativité


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L’attente dans le couloir fut moins longue que prévu, ce qui ne laissa pas au jeune garçon le temps du stress avant le rendez-vous. La porte s’ouvrit, et l’assistante vint chercher le postulant pour le conduire vers ce qui devait être le soixantième ou soixante-douzième entretien dont l’issue allait peut-être changer sa vie. « Asseyez-vous », lui intima sans même lever les yeux le directeur dont la demande fut satisfaite en moins d’une demi quark-seconde.

« Voilà. Comme vous le savez peut-être, nous sommes enfin arrivés à terme de la restructuration des archives. Je vous passe les détails sur le processus et sur l’espoir que cette expérience a fait naitre quant aux potentiels de modulation du Chaos, entendez seulement que nous avons découvert des documents qui avaient été parfaitement oubliés pour des raisons structurelles, et qui constituent aujourd’hui des débuts de travaux que nous souhaiterions poursuivre dans les années à venir. Le poste que nous vous proposons s’inscrit dans la continuité de notre précédente étude exobiologique qui consistait à sonder la composition et l’activité des différentes planètes en dehors de notre galaxie afin de chercher des opportunités d’extension. Pour être plus clair, j’ai aujourd’hui sous la main une liste de planètes, rédigée à la suite de recherches longues et exhaustives, que nous voulons infiltrer afin d’en analyser le potentiel. Des drones polymorphes ont été créés afin de répondre à cette mission, votre travail serait d’écrire leur comportement sur place.

- Ma question est peut-être naïve, mais comment écrire le comportement des drones ?

- C’est exactement là qu’interviennent les archives. En les examinant, nous avons appris qu’une politique de recherches extra-galactiques avait à l’époque été activement menée, mais rien de très scientifique. Le voyage dans l’espace en était à ses premières heures, et le filon a servi un large pan de communication politique dont un des aspects était le recensement encyclopédique de l’univers. Le résultat est nul, bien sûr, d’où la nécessité d’une mission de surveillance affinée et bien plus rigoureuse. Toutefois, il est sorti de cette politique désastreuse un certain nombre de documents qui pourront constituer une base de travail.
Je veux que vous vous penchiez sur ces ébauches pour donner une forme et écrire un comportement aux drones afin qu’ils se fondent dans la masse.

- Je travaillerais sur quel secteur ?

- Une planète appelée Friga, en raison de son climat extrêmement rude. Je vous laisserai l’accès aux archives, bien entendu, mais sachez que la population identifiée est très variée, essentiellement bipède, taille moyenne, physique moyen, vit en groupe pour se tenir chaud, grande activité sociale, civilisation fondée sur la famille, pour changer, forte présence du noir et blanc dans le choix des vêtements, tendance à jeter les déchets en dehors de la corbeille.

- Vos satellites sont si précis ?

- Pour les déchets ? Justement, non. Leur orbite ressemble à la chambre de ma fille, inaccessible pour un satellite qui n’y verrait de toute façon pas plus loin que le bout de son radar, mais assez large pour accueillir des capsules. Ne vous souciez pas du programme de lancement, concentrez-vous sur les drônes, le reste de la mission ira de lui-même.

Ainsi, le jeune homme saisit l’emploi qu’il avait décroché avant même de comprendre qu’il venait de passer l’entretien d’embauche. De longs mois durant, il travailla sans relâche pour que la mission de surveillance se déroule sans aucune contrainte. Il était payé pour rêver d’un autre monde, et partager ce rêve au reste du sien. On pouvait difficilement faire pire, pour rater sa vie.

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1499 ans auparavant

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« Bien, merci. Rapport suivant, je vous prie ? Jeune homme, vous présentez… ?

- Alors, oui, alors il s’agit d’une planète froide habitée par des bi…

- Excusez-moi, l’interrompit un des membres du jury en ajustant son stylo, son soupir et ses lunettes, pourriez-vous au moins nous faire grâce d’une modeste introduction pour nous situer votre travail ? Aucun d’entre nous ne vous a assez collé aux basques pour poser le contexte de lui-même, aussi invoque-je solennellement votre aide.

- Ben, c’était ça, hein… je veux dire, une planète froide, habitée par des bipèdes… vous voyez quoi… le contexte…

- Non, oui, bon, alors il va falloir être gentil pour la suite, parce que vous êtes le vingt-cinquième à passer aujourd’hui, et plus le temps passe plus je me demande si vous ne vous êtes pas concertés entre vous pour envoyer valser la méthodologie dont je crois pourtant me souvenir que le respect compte pour quoi, quelle fraction des points, au moins la totalité ?

- C'est-à-dire que j’ai pas eu trop le temps de bosser la méthodo, et…

- Et quoi ?

- Et j’ai un peu oublié de…

- Au moins, vous avez conscience que vous ne partez pas gagnant. C’est une bonne chose. Ca ne vous sauvera rien du tout, mais c’est déjà une bonne chose. Pourrait-on avoir une simple idée de l’endroit où vous étiez ? Coordonnées ? Région galactique ?

- C’est la Grande Trainée.

- La Grande Trainée, c’est la Galaxie, pas la région. Et je me doute bien que c’est la Grande Trainée puisque nous sommes le jury de retour de la Grande Trainée. Sortez-nous encore une réponse qui figure sur votre convocation et vous décarrez par la sortie de secours avec le pupitre entre les yeux, c’est clair ?

- Ben…

- Vous avez un nom, au moins ?

- Ah oui, Friga. La planète s’appelle Friga.

- Friga ? Mais aucune planète ne s’appelle Friga !

- Maintenant, si.

- Vous le sortez d’où, ce nom ?

- C’est moi qui lui ai donné, en lien avec le froid constant qui y règne en permanence.

Un murmure de fond secoua le jury qui semblait dire en substance « oh putain je vais me le faire ».

- Donc, en clair, vous êtes incapable de nous situer ni le contexte ni les coordonnées de la planète qu’on vous a confié, et tout ce que vous avez trouvé pour pallier à cette bourde est un nom mal inspiré qui fait référence à la météo locale ?

- Je ne sais pas si on peut vraiment le dire comme ça, mais pourquoi pas.

- Allez-y, exposez. J’avoue que je ne sais même pas pourquoi je fais respecter le protocole stipulant que nous nous devons de vous écouter pendant le temps règlementaire alors que vous avez réussi à le bafouer une bonne vingtaine de fois rien qu’en oubliant les consignes élémentaires du voyage, mais si je suis trop bon, c’est à moi seul que je dois m’en prendre. Grouillez-vous.

- Donc ! La planète Friga, appelée ainsi en raison de son grand froid, est peuplée de bipèdes sociaux essentiellement vêtus de noir et blanc, qui vivent en société et ne craignent pas les températures extrêmes. Ils sont carnivores, sont l’espèce dominante de leur monde, mais peuvent mourir bêtement, comme mangés par des prédateurs. Ils aiment bien aller dans l’eau, et ont des cérémonies intéressantes. Ils ne disposent d’aucune technologie, mais j’invite l’auditoire à rester confiant. Enfin, la planète est vivement déconseillée pour le tourisme. Voilà.

- Voilà quoi ?

- Ben… voilà.

- C’est fini ? Déjà ?

- Euh… oui. Des questions ?

- Un peu mon petit. Pourquoi il n’y a que ça ? Pourquoi il n’y a pas de photos, pas d’image, pas de schéma, rien sur le paysage, sur le fonctionnement physique de la planète, même pas un dessin ?

- Ah parce qu’il fallait en faire ? J’avais pas lu ça dans la consigne.

- Vous avez lu les consignes ? Merci, première nouvelle, on va pouvoir vous coller une bulle l’esprit tranquille. Autre question : ça va, tranquille les vacances aux frais de l’Etat ?

- Il faisait vraiment super froid, donc non, pas tellement. Et il y en avait un qui me collait aux basques, et je ne comprenais rien à ce qu’il me disait, c’était nul.

- Dégagez.

- Pardon ?

- Dégagez, maintenant, tout de suite, on ne veut plus vous revoir. Jamais. Et dites au patient suivant de bien vouloir ménager son stress, on va se concerter deux minutes. Dites lui aussi qu’il en profite pour bosser son exposé, parce qu’on risque de vraiment pas être d’humeur.

Le prestataire fut donc évacué sans trop demander son compte, laissant le jury délibérer.

- Ca ne va pas. Pas du tout. Depuis hier, c’est n’importe quoi. Ils n’ont rien foutu et seraient capable de brûler une encyclopédie pour peu qu’on leur dise que ça se mange.

- Le problème, c’est que les rapports sont envoyés directement au ministère, sans passer par une correction préalable.

- Vous pensez qu’ils sont au niveau des performances orales ?

- Oh, j’imagine, oui.

- J’ai un collègue qui participe au jury de la galaxie du Château, c’est catastrophique. L’idée tourne comme quoi il faudrait bruler les rapports.

- Ca ne se fera pas. Les programmes sont bien trop avancés pour ça.

- Alors il va falloir trouver autre chose de plus… performant.

- Déconner sur les archives ?

- C’est une idée qui circule déjà.

- A savoir ?

- On fout la zone dans les archives, on les rend illisibles, on prie pour que personne ne vienne les consulter.

- Ca pourrait marcher ?

- La fraction d’individus qui se passionnent pour l’extérieur au point de vouloir plonger dans des rapports mal rédigés doit être assez réduite pour constituer une réelle menace. En désorganisant le tout, ça devrait en décourager plus d’un.

- Possible.

- Faisable.

- L’avenir de la jeunesse ?

- On détecte les plus performants dans la nullité, on leur somme de s’occuper des archives, et on rajoute une couche de circulaires à classer en vingt-cinq nomenclatures différentes pour faire l’enrobage.

- Le meilleur système de cryptage jamais réalisé.

- A l’avenir !

- A l’avenir !

- Le candidat suivant peut rentrer quand il le souhaite !

Une main timide tourna la poignée et entra presque à reculons dans une salle où le jury semblait, contre toute attente, ravi d’être là.

- Oui, alors, oui, bon. Je vous présente ma planète, essentiellement habitée par des mollusques mais ils ont un exosquelette en métal.

- Dites-moi, une introduction méthodologique avec éventuellement un rappel des coordonnées, ça nous manque un peu, pourriez-vous en rajouter une ?

- C’est-à-dire que… je… euh… je ne m’en souviens plus très bien…

- Et le nom de la planète que l’on vous a confié ?

- Je… comment dire… c’était un truc en S, mais je…

- Bien. Mais sinon, avez-vous déjà pensé à votre avenir ? Classer des documents aux frais de l’état dans un bâtiment climatisé, ça vous parle ?

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1520 ans plus loin, sur Terre, je sais, c'est un vrai bordel

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- Votre bouteille d’eau, s’il vous plait.

- Pardon ?

- Je voudrais votre bouteille d’eau. Je dois enlever les bouchons de votre bouteille d’eau.

- Pourquoi ?

- Les bouchons sont dangereux. Je dois enlever les bouchons des bouteilles d’eau.

- Et si je refuse ?

- Vous quittez ce lieu.

- Rien que ça.

- Rien que ça.

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Au même moment, à l’autre bout de l’univers, courage, c'est bientôt fini

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A l’autre bout de l’auditorium se leva une prompte main. Une journaliste. « Encore ! » se dit-il. Depuis que ses travaux avaient commencé à avoir des résultats, pas une journée ne s’était passée sans qu’un journaliste ne vienne lui sommer de répondre à son interrogatoire, dont la substance gravitait généralement autour de « pensez-vous que Friga soit réellement un nom adapté ? » et « si je devais envoyez ma fille là-bas, que lui conseillerez-vous d’emporter comme sous-vêtements ? ».

« J’ai entendu dire, commença la journaliste, que les résultats publiés à l’extérieur de votre structure avaient été quelque peu modifiés pour satisfaire l’opinion publique et conforter la politique d’extension territoriale en cours. Est-ce vrai, et si oui, est-ce déontologique ? »

Une question intéressante. Rare. Occasion à ne pas manquer.

« Effectivement, les résultats publiés ne sont pas exactement les résultats relevés parce que certaines mesures ont été erronées. Nous avons observé chez les drones un certain nombre de dysfonctionnements, liés à une mauvaise réception des informations émises depuis notre base. Nous avons mis du temps à déterminer la cause de cette contrainte qui confond le comportement des drones. Cela peut paraitre très étonnant, mais la planète se développe, et avec elle sa technologie. La population dominante, qui a étonnement évolué en si peu d’années, envoie la majorité de ses déchets industriels dans l’espace, sur son orbite, ce qui dévie parfois les informations que nous envoyons à nos drones, lesquelles les reçoivent ainsi brouillées ou incomplètes. Quelques bugs de mesure, donc, et les données que nous ajustons avant publication sont imputées de ces erreurs qui fausseraient la lecture des faits. Quant à la deuxième partie de votre question, je reste dans le sillon de mon prédécesseur, et déconseille vivement cette planète pour faire du tourisme. C’est bruyant, les journées sont trop courtes et on est contraint d’y manger par des orifices extérieurs. Aucune bête au monde ne voudrait ça. »
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23:37
 par Myth -
Vendredi 18 Juin 2010
Brillons en société avec une note de synthèse

Après vous avoir appris à nourrir votre éclat buco-dentaire en parlant breton, cherchons à éblouir le bas-peuple en lui imposant notre superbe magnificence à travers la réalisation d’une note de synthèse. Le choix de cet accessoire peut paraitre improbable, et vraisemblablement inopportun, mais sachons garder en nous cette petite flamme de folie et d’avant-garde qui distingue les vrais gentlemen de la plèbe à paillette. La séduction par artifice n’intéresse que les hommes de petites aspirations. Elevons nous avec mépris et dignité.

Aucun chercheur n’a pu encore déterminer avec exactitude l’époque à laquelle est apparue la première note de synthèse. On pense, toutefois, que sa venue au monde est assez proche de celle du premier stagiaire. Grosso modo, le principe de la note de synthèse ressemble à s’y méprendre à celui de la cuisine étudiante, puisqu’il s’agit d’y mettre un maximum de chose dont les origines sont aussi diverses qu’inquiétantes, et s’arranger à faire que sorte que ça ne ressemble pas trop à rien. Dans les deux cas, cela appelle un rendu de qualité (il y a une blague avec "rendu", ohohoh, qu’est-ce qu’on rigole), et dans les deux cas, il existe des astuces pour pouvoir boucler la chose au plus vite, des ingrédients dont le sens de l’existence est de simuler la pertinence de la production. Des astuces différentes, toutefois. Je n’ai jamais essayé de préparer une note de synthèse avec du pesto. J’imagine que c’est quelque chose à faire au moins une fois dans sa vie avant de devenir fonctionnaire.

Le secret d’une bonne note de synthèse repose dans son écriture, puisque le lecteur averti se doutera bien que ça ne sera pas dans sa garde-robe, écriture qui devra être chiadée, étalonnée, mesurée et concise dans ses idées. On prendra soin de choisir des mots dont la simple définition pourrait faire l’objet d’une bonne vingtaine de thèses en philosophie, ou qui ont déjà fait l’objet d’une bonne vingtaine de thèses en philosophie. Les notes de synthèses appartenant à la famille très fermée de la littérature qui n’est pas destinée à être lue mais archivée, rien ne vous empêche de glisser des blagues en cœur de propos.

Vous trouverez ci-dessous, offerte, et à titre d’exemple et d’illustration, une introduction de note de synthèse. N’hésitez pas à vous en inspirer, voire à la copier dans votre prochaine note, puisqu’elle est ici entièrement libre de droit. C’est comme ça, c’est bientôt les vacances, c’est cadeau.

« L’articulation des enjeux identifiés dans la dynamique d’ensemble repose essentiellement sur des problématiques distinctes dont la jointure est actuellement au cœur de la réflexion chez les multiples acteurs en charge. L’évolution des facteurs a permis d’isoler une thématique et un angle d’attaque dont l’appréhension a mis en exergue les diverses convergences et divergences qui pouvaient exister antérieurement, et qu’il s’agira de surmonter dans une perspective efficiente de projet. Le franchissement des dernières étapes a marqué un point crucial dans le développement du raisonnement dont l’échéance devrait être ponctuée par l’intervention globale programmée d’une commission qui communiquera son évaluation dans l’optique d’une annexe à l’opération en cours. Néanmoins, la question de la mutualisation des points d’ancrage reste entière »


Avec une belle mise en page sous Publisher 97, vos notes de synthèse devraient vous permettre d’accéder sans attendre aux plus hautes dignifications de la société, dont l’immense honneur de pouvoir séduire à la plage tout en restant en slip chaussettes. Enfin, n’oublions pas qu’une note ponctuée d’un petit « plus » fait toujours son effet, aussi n’hésitez pas à ajouter votre touche personnelle, votre petit supplément d'élégance, comme par exemple

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18:57
 par Myth -
Jeudi 17 Juin 2010
Pour la postérité

Chers futurs enfants,

Si je vous écris de mon lointain passé, c'est d'abord pour vous rappeler que ma décision de ne pas vous laisser toucher aux DVDs, à mon panda en peluche et au carton d'archive intitulé "Hontes, désastres, Gameplay RPG" est irrévocable et murie de longue date. Laissez tomber, on en reparlera quand vous aurez des poils. Croyez-moi, vous en aurez. Ca n'est qu'une question de temps.

Vous ne pouvez que bien vous douter que je ne sais rien du monde dans lequel vous grandissez. Tout au plus puis-je espérer qu'il n'aura pas été trop corrompu par des décisions irréfléchies et autres inconsciences dont nous avons chaque jour droit à de nouvelles manifestations. Mais j'ai peu d'espoirs. J'attends vainement que le futur me contredise.

Je ne sais pas si je suis un bon père pour vous, et je ne tiens pas à le savoir. Les réclamations iront directement à l'intéressé de votre époque, celui de 2010 ayant déjà largement assez à faire avec Super Mario Galaxy 2 (qui vient de sortir) ("j'y étais"). Dans le cas où ça ne serait pas le cas, je voudrais juste que vous sachiez qu'avant d'être un improbable vieux débris, il m'est arrivé de me distinguer de la masse à quelques reprises, dont deux impliquant une chèvre et un évier, et qui ne m'ont modestement pas laissé peu fier. Dont je suis sorti grandi, mais qu'il m'arrive aussi de taire pour ne pas éveiller les jalousies.

J'ai été cité sur BashFR. Je sais. Tu peux siffler. C'est formidable.

Là où je veux en venir, bande de petits merdeux, c'est qu'avant d'aller gonfler le moi du futur en lui sucrant ses week-ends à coup de chatouillis sur la plante des pieds le dimanche à 6h du matin, je vous invite cordialement à essayer de faire de même, après quoi seulement j'accepterai de vous accueillir à ma table.

Et, histoire que les choses soient bien claires, ringard ou pas ringard, le premier qui touche aux DVD gagne une semaine offerte par la maison chez celle de sa tante. Je pense que vous avez compris le message.

Bisou, à dans longtemps !

Thomas, trop jeune pour être chauve, trop vieux pour être imberbe



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00:23
 par Myth -
Lundi 14 Juin 2010
Supernova Supernova Supernova

L’humiliation est un plat dont on oublie trop souvent la saveur, puisqu’avec l’âge tend à se perdre l’habitude de passer pour une bille au frais de l’audience, parait-il. Cette histoire raconte comment j’ai décidé de m’y remettre.

La relation de longue date que j’entretiens avec Internet m’a conféré, en plus d’un équivalent bac +3 en chatons et en gifs animés, un sens critique qui me permet de glousser allègrement au visage de mon prochain dès que celui-ci commence à me prétendre, à la suite d’un « FW : Tr : tr : fw : » de bon aloi, qu’il faut absolument que je m’investisse dans la recherche active de cette pauvre Sarah, disparue depuis quinze jours depuis 1998, ou que Pascal Sevran est mort, ou que Baten Kaitos Origins sera présenté à l’E3 d’accord c’est bon j’arrête. Or, il arrive de temps à autre, rarement, assez rarement, que le sens critique prenne des RTT sans pointer dans son calendrier Outlook.

Un matin il y a peu, alors que je me sustentais d’un bol de jus de kiwi aux céréales naturelles du Népal avant de courir mon jogging de quatre heures du matin, je parcouru d’un œil alerte de bien futiles pages susceptibles d’éveiller mon mental aux aguets avant la radieuse journée qui s’annonçait. Que ne vis-je ? Betelgeuse serait sur le point de passer en mode Supernova c’est comme Super Sayen mais avec des yaourts et ce dans un intervalle pouvant aller de demain 8h30 à d’ici une dizaine d’années ? Ce qui provoquerait l’apparition d’une deuxième lune ou même d’un deuxième soleil ? Moi qui croyait que l’apothéose de mon existence se limitait minablement à la présentation de Baten Kaitos Origins à l’E3 chercher un sujet de mémoire et une voie pour mon avenir, j’ai mesuré, humblement, la petitesse de notre existence, nous, les Hommes.

J’étais, ce week-end, à l’anniversaire de beau-papa à Saint-Vaast-les-pêcheurs-sont-nos-amis-même-s’ils-votent-à-droite-La-Hougue, charmant petit village portuaire où l’odeur de varech iodé enivre les sensations du promeneur qui, au son des mouettes, se plait à oublier son tracas métropolitain sur la longue digue de la maison secondaire de Jabba le Hutt. Les festivités se passaient dans l’annexe d’un château reculé, avec les propriétaires duquel les relations sont assez cordiales pour qu’ils n’aient pas invité la préfecture et un troupeau de CRS à se joindre à nous, annexe qui était agrémentée de la large pelouse commune sur laquelle il faisait bon courir torse nu, les cheveux au vent et le poil soyeux. Je sus bien après et à mes dépends que cette pelouse avait au préalable servi de pousse popo pour les deux chiens entrés à l’incruste. Et aussi que ça ne fait pas toujours « sprotch ».

Il ne devait pas être loin de minuit dans la cour du château, et peut-être ailleurs aussi, lorsque nous revenions promptement d’une furtive escapade dans les appartements privés où me fut offerte la joie de toucher ce fuckin hot damn hell of a piano à queue, objet de convoitise number deux sur ma convoitise list, après le robot mixer qui fait pipi tout seul quand on le peigne mais avant Joe Dassin. Un instant, je laissai mes compagnons retrouver l’anniversaire dans l’annexe, me détachant du groupe pour admirer les étoiles. Le ciel était dégagé. La quasi-absence de lumière artificielle révélait le gigantisme de cet océan d’étoile, dont la simple existence devient insoupçonnée dès lors que l’on vit dans une ville où les lumières ne s’éteignent jamais. Je ne sais pas vraiment combien de temps je suis resté à admirer la voute céleste, happé par ces milliers de lumières dont le mystère me donnait le vertige. Je me mis alors à croire un certain nombre de choses absurdes, je me mis à me raconter des histoires sans vraiment prendre le temps de les construire. L’autre monde dans lequel je semblais être n’était jamais que celui que je vivais tous les jours sans prendre le temps de le regarder avec plus d’attention.

Au loin, on ouvrit la porte de l’annexe. Des bruits de pas venaient vers moi. « Que fais-tu ? » me demanda mon beiibeii d’amür amie. « Rien », répondis-je, « je regarde les étoiles ». D’un frisson, elle se blottit contre moi et joignit son regard vers l’infini de l’univers. Je laissai passer un silence. « Tu sais », lui dis-je comme pour lui conter une histoire, « il y a une étoile, tout là haut, qui s’appelle Bételgeuse. Et elle va bientôt exploser. Un jour. Maintenant, demain, ou dans dix ans, elle va consumer tant et tant d’énergie qu’à terme, elle ne sera plus qu’un trou noir, une poche de rien au milieu de quelque chose. En attendant, elle sera tellement puissante qu’elle ressemblera, le jour, à un deuxième soleil, et la nuit à une deuxième lune. Et on sera là pour le vivre ». Je sentais, dans son visage que je ne voyais pas, qu’elle partageait l’excitation qui m’animait. Que, désormais, elle attendrait ce moment et qu’elle serait prête. Je la serrai un peu plus fort dans mes bras. Seuls, face à l’immensité de notre monde. Nous rejoignîmes la fête quelques temps après et reprîmes le cours de nos existences respectives.


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Ce midi, au cours d’une pause déjeuner méritée, je décidai d’en savoir plus. J’avalai mon sandwich à l’essence de truite tout en parcourant les pages susceptibles de valider le propos que j’avais lu et, pour le coup, transmis. Rien. Mensonges. Faux. Désinformation. Hoax. Partout, des infirmations. Betelgeuse va très bien, on en reparle dans 2000 ans, merci pour Ford Prefect.

Au sens propre du terme, je ne suis pas encore tout à fait humilié, celle avec qui j’ai partagé ce dernier moment aussi romantique que ne faisant pas « sprotch » n’est pas encore au courant des avancées de ma recherche à l’heure où j’écris ces lignes. Ceci dit, ça ne devrait pas trop durer. D’un côté, j’ai très peur. Mon amour-propre en prend un coup. D’un autre côté, j’ai déjà fait bien pire, mais comme personne n’a fait son CE2 avec moi, seuls quelques élus peuvent le prouver. D’un autre autre côté, mince quoi, deux lunes et deux soleils ! Le hoax le plus classe du monde !

A propos de hoax, il parait que c’est la Coupe du Monde et que la France joue. Mais j’ai la flemme de vérifier.
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20:16
 par Myth -
Vendredi 04 Juin 2010
Autre raison qui pourrait - éventuellement - peser en la faveur des anglais quant à leur supériorité sur le monde

Ca fait un moment déjà que j'ai arrêté de me fournir en France. Trop cher. Pas de quoi tenir. La qualité n'est plus la même qu'avant, le marché se disperse. On pensait, il y a quelques années, qu'on était à l'aube d'un âge d'or. Peut-être qu'on se contentait de trop peu, mais que l'exigence nous a bouffé au fil du temps. Le problème est que malgré la tendance, impossible de décrocher. On finit par l'avoir dans le sang, ça devient viscéral. On en veut toujours plus. On n'est jamais satisfait. Quand on reçoit sa dose, on prépare la prochaine, et chaque jour un peu plus jusqu'à épuisement des ressources. Je connais des types, autour de moi, dont tout le pécul y est passée. Moi, un moment, j'ai vu que j'allais trop loin. J'ai levé le pied, j'ai cherché un sens à mes actes. J'ai quitté le business.

Et puis, j'ai découvert le marché anglais.

J'ai mis le premier pied dedans à une époque où je cherchais à découvrir de nouvelles choses, des sensations originales. C'était une toute autre logique, tout se passait via Internet. Aucun contact humain, aucune trace, seules quelques factures ici et là, pourrissant et tombant dans l'oubli des mails non lus jugés futiles, témoignaient de mon addiction renaissante. Je payais, je recevais. Pas de question. La chute, je ne l'ai pas vue venir. Le taux de change entre euro et livre sterling était presque à notre avantage, et les produits toujours plus accessibles pour peu que l'on sache où chercher. En moyenne, deux fois moins cher qu'en France, pour une qualité souvent bien supérieure. J'avais trouvé mon fournisseur. Aujourd'hui presque mon seul fournisseur.

Ne voyez pas ce message comme un appel à l'aide, entendez plutôt un témoignage atypique d'un inconnu passé de l'autre côté de la barrière. Je ne veux pas de votre pitié, ni de vos accusations. Juste vous faire réaliser que certaines choses ne sont pas simples. Aussi, ne me jugez pas trop vite, et demandez-vous ce que vous auriez fait à ma place. Demandez-vous pourquoi j'achète mes DVD sur Amazon.co.uk plutôt qu'à la Fnac, et essayez d'identifier ce qui vous sépare de moi.


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"Oui, mais tu vois, c'est en anglais, j'y comprends rien".

Alors là, je t'arrête tout de suite, la classe, c'est être chic dans sa manière de s'habiller certains films anglophones proposent des sous-titres en français, déjà, l'argument "oui mais c'est nul paske y a pas la VF" étant purement et simplement irrecevable, en plus, c'est assez beaucoup moins cher pour ce que c'est pour que tu te permettes de faire la fine bouche, et en plus, en plus ! tu trouveras neuf fois sur dix, à tout péter, 100% de réussite dans mon cas, des sous-titres en anglais.

Je comprends que ça puisse briser les noix à certains de devoir subir des films vosten, de John Jackson Vostenovicztein, qui était atteint d'un trouble obsessionnel compulsif le poussant jusqu'à la mort à étiqueter tout ce que faisaient les gens en anglais commun, tragique histoire, seulement il faut savoir ce qu'on veut, avoir le coffret version longue du Seigneur des Anneaux à 120€ ou à 20£, soit un écart de budget représentant six mois de salaire pour un étudiant normalement constitué. Les saisons 1 et 2 de Black Books coutent 20€ chacune en France, associées à un packaging ressemblant de près ou loin au best-of de mes détournements sous Paint, alors que pour 9£, vous avez les trois saisons dans un coffret qui en jette, des bonus et une lettre de Dylan Moran. Mais, bien sûr, pas de sous-titres en français, ceci dit, ça fait vachement progresser de savoir dire "my coordinates are... bookshop" en breton dans le texte.

En même temps, je dis ça mais vous faites ce que vous voulez, hein. Les DVD que vous achetez, c'est pas dans mon étagère qu'ils atterriront, donc j'en ai finalement assez peu à cadrer. Au moins, vous comprenez le point de vue. Là, par exemple, je viens de recevoir tout Life on Mars pour 20€, soit le prix du dernier CD de Olivia Ruiz. Le gain sur le rapport temps/qualité/prix est remarquable !

Bien sûr, les sous-titrages anglais ne sont pas là pour faire plaisir aux imbéciles heureux du reste de l'Europe ravis d'aller voir ailleurs pour payer moins cher sous prétexte de travailler la langue, mais sont inclus quasi systématiquement à destination des sourds et des malentendants. Donc, c'est vrai, on doit parfois se taper des scènes bruitées en Verdana, mais c'est un moindre mal. Ma question était la suivante: pourquoi ne trouve-t-on pas ça en France ? Le nombre de sourds/malentendants en France s'élève, à ce que j'ai vu, aux alentours de 5 millions de personnes. Je trouve que ça fait beaucoup, mais bon, bref, c'est pas de la gnognotte, quoi, en gros. Et pas un film français proposé avec des sous-titres français.

Sachant qu'un stagiaire pourrait parfaitement s'acoquiner du boulot, et Dieu sait que stagiaire + fichier texte = réponse à la crise, je ne vois aucune excuse plausible à cette absence, à part la flemme, qui dans le cas d'une mission qui frôle un peu le service public, quand même, n'est pas valable.

Donc voilà, tout ça pour dire que je trouve ça très con. Déjà que j'ai quelques incertitudes sur l'exportation du cinéma français, si quelqu'un sait si Le Vilain a été vendu ailleurs que chez Molière, merci d'éclairer ma lanterne, j'ai grave la flemme de vérifier, mais si en plus on ne propose pas un minimum de suivi derrière, c'est la fin du monde. La fin du monde !
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23:51
 par Myth -
Jeudi 03 Juin 2010
Jouons au Docteur

Avant tout, comme ça, histoire de passer le temps, je viens d’ouvrir une page parallèle pour apprendre à cuisiner la myrtille au schnaps. Vous pouvez y adhérer, et si vous le faites sous huit jours à compter de mars dernier, on vous offre des cheveux.

« C’est quoi le mieux, la France ou l’Angleterre ? » Cette question épineuse, douloureux souvenirs d’un trouble passé entre les deux sœurs ennemies des bords de Manche, n’a jamais été aussi peu d’actualité. Tout le monde se fiche de l’Angleterre ! Qui se soucie de l’élection de Gérard Cameron ? Maintenant qu’il a gagné l’équivalent du PIB de l’Afrique en argent de poche avec Avatar, il a le droit d’occuper son temps libre comme il l’entend, non ?*

L’Angleterre, qu’on appellera « Grande-Bretagne » pour ne pas la confondre avec ma tante, est certes un peu en retard sur le monde civilisé en ce qui concerne certaines priorités de la vie comme le fromage, mais envoie sa raclée à la France qui ne mérite que ça dans au moins trois domaines : la musique, l’heure du gouter, et les séries télé. Je suis un canard (note : je viens de laisser Séraphine s’approcher trente secondes du PC, je crois qu’elle vous passe le bonjour)

Aujourd’hui, nous n’aurons rien à carrer de la musique. De toute façon, plus ça passe, plus la France rattrape son retard sur l’Angleterre. Merci Cœur de Pirate. Nous parlerons de l’heure du goûter une prochaine fois, c’est très intéressant, à base de soulèvement social et de politique du temps de travail. Reste donc les séries télé.

La série télé en France est dominée par Plus Belle la Vie, appelée ainsi car il y est régulièrement question d’une jeune fille violée par un séropositif schyzophrène dont elle découvrira trois épisodes plus tard qu’il s’agissait en réalité de son père biologique qui était devenu fou après lui avoir caché pendant trois mois l’existence de son frère jumeau. La série française est généralement surjouée, invraisemblable, et doit être obligatoirement dramatique. Quand elle n’est pas dramatique, elle est comique ou policière, et se repose sur des ficelles aussi grosses que les jambes de Chabal après un traitement intensif aux hormones bovines (pour le lait, c’est meilleur). Je suis toujours un canard (note : argl). La série comique française est presque drôle une fois à chaque pleine lune. Même Kaamelott, à la différence près que chaque épisode de Kaamelott tombe à la pleine lune.

Les anglais sont plus subtils. Argumentation irrefutable en moins d’une ligne : Black Books, Spaced, Little Britain, Flying Circus, Big Train, The Office. Et Doctor Who.

Doctor Who est, en plus de la raison qui prouve que Dieu n’a pas fait que des conneries en créant les anglais, une certaine idée de la perfection. Créée en 1963 pour la BBC, plantée en 1989 et relancée en 2005 à la suite d’un producteur qui a encore perdu un pari après trois magnums de vodka-pomme un soir de Saint-Sylvestre, elle concentre un nombre incalculable de fragments d’awesomeness. Pitch : le Docteur (et pas Doctor Who, c’est ridicule, « bonjour monsieur Qui ! » « appelez-moi Docteur ») est un extraterrestre bipède ô coïncidence humanoïde qui est en fait un Seigneur du Temps en voyage/fuite/sortie scolaire. Il se trimbale aux quatre coins de l’espace, et accessoirement de l’Histoire – Seigneur du Temps, ça veut pas dire qu’il est directeur de chronomètre à Roland Garros – grâce à un vaisseau qui s’appelle TARDIS, que l’on pourrait traduire par Germaine mais que l’on ne va pas traduire par Germaine, dont le système de camouflage a planté lors de sa première arrivée sur Terre, alors qu’il apprenait la vie à sa petite fille. Pour faire simple, le TARDIS est une cabine de police bleue typiquement londonienne, format cabine téléphonique. Voyager dans le temps et l’espace dans une cabine bleue qui, grâce à une habile astuce de scénario, est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Trop classe pour Stargate. Ou comment rester digne quand on n’a pas de budget.


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Le Docteur a donc, depuis 1963, une fâcheuse tendance à tomber par hasard sur Terre et à s’acoquiner avec la population autochtone, puisqu’il ne peut jamais s’empêcher de faire de l’œil à une indigène et l’inviter à venir voir son gros vortex. Alors, bien sûr, depuis 1963, les acteurs ont changé. Là encore, par une habile manipulation du script, il est dit que le Docteur peut se régénérer dès qu’il sent qu’il est sur le point de clamser. Si seulement le petit Gregory avait été un Time Lord !

Tout ça pour dire que la grande majorité de Doctor Who s’est passée entre 1963 et 1989, et qu’on s’en fiche un peu. On trouve des épisodes sur YouTube, mais ça a mal vieilli. Pour faire court, cette série est généralement intitulée « Série originale ». Etonnant, non ? Tout ce qu’il faut savoir, c’est que l’ex-Docteur le plus populaire, le quatrième, a connu son heure de gloire grâce à la prestation du type qui a fait les voix off de Little Britain quinze ans plus tard. Le monde est petit ! Ou irrémédiablement consanguin.

La « Série 2005 » a donc été, comme son nom le dissimule habilement, lancée en 2005. Suite directe du film de 1996 (je ne veux aucune question) avec un flou scénaristique gros comme ça (« Salut, ma planète est détruite et l’Univers a failli y passer ! »), elle est moderne, avec un Docteur en cuir incarné par Christopher Eccleston, dont on aura pu admirer le talent dans GI Joe – arh arh arh – et une blondasse de passage campée par une chanteuse aux oubliettes, et accessoirement sosie parfait de Cœur de Pirate, si ça c’est pas un signe, qui a étrangement marqué les esprits alors qu’elle est aussi fade que des carottes vapeur (il faut attendre la saison 4 pour avoir une vraie fille capable de voler dans les plumes de son héros). Gros succès, Eccleston est un Dieu, cameo de Simon Pegg, are you my mummy, boites de conserves au rapport etc etc…

Puis, saison 2. Changement d’acteur. L’Ecosse qui se lève tôt prend les commandes, David Tennant est dans la place, aujourd’hui connu pour… bah, pour pas grand-chose. Il a bien fait deux ou trois comédies romantiques pour payer ses factures, dont Casanova avec Matt Lucas dans le rôle de je ne sais pas très bien ce qu’il fait parce que j’ai pas que ça à faire que de regarder les produits dérivés d’acteurs qui ne se ratent pas trop dans un truc qui leur assure une gloire à vie, a tenu un petit rôle dans Harry Potter 4, a doublé un pub pour un mixer et participe régulièrement au Téléthon local qui a le mérite d’être quand même un peu plus évolué que nos deux jours de centre aéré automnal.


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David Tennant est drôle, même quand il surjoue. David Tennant est sexy. David Tennant campe un Docteur intelligent, altruiste, bavard, capable de buter un système solaire pour peu qu’on lui ait écorché sa petite copine, bref, le boyfriend idéal que même les mecs rêveraient d’avoir. Il a fait fantasmer les ménagères pendant 4 ans, mais aussi les fils des ménagères, c’est pas encore demain qu’on aura ça dans Les Cordiers, Juge et Flic. Le Dixième Docteur, celui de Tennant, donc, est le Docteur parfait. Et le producteur, Russel T. Davis, dont je n’ai absolument aucune connaissance du casier judiciaire en dehors des quatre premières saisons du machin dont on cause depuis une page mais il aurait tapé lui aussi dans la comédie romantique que ça m’effleurerait qu’à moitié, était ravi d’avoir un Docteur aussi brillant et invulnérable, ce qui fut la cause d’épisodes assez plan-plan où le héros sans peur et sans reproche sauve le monde avec un sourire plus blanc que le sol de ma cuisine quand on a pris l’appart.

Puis, est arrivé Steven Moffat, qui a grandi dans le rêve secret des voyages dans le temps et a eu de quoi murir trois quatre idées pas piquées des vers luisants pour le héros dont il fut sommé, quelques années plus tard, d’en écrire des aventures. Et ses épisodes sont parfaits. Parfaits ! Sa recette magique tient en deux points : faire flipper les gosses, et ne faire mourir personne. Plus efficace, y a pas. Tout le monde s’accorde à dire que les meilleurs épisodes des quatre premières saisons sont ceux de Moffat (The Empty Child / The Doctor Dances, Blink, Silence in the Library / Forest of the Dead, je vous donne les noms, regardez-les, c’est un ordre). Avec Family of Blood / Human Nature et Midnight (là aussi, c’est un ordre), assez de pépites pour compenser les croutes qui sont faites à côté – on prendra soin de fermer les yeux et les oreilles pour les Christmas Specials.


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Les quatre premières saisons ont des épisodes globalement moyens, mais l’univers est porté par des personnages si fantastiques qu’on oublie les défauts, les facilités et les invraisemblances – on est dans un série où le personnage principal voyage dans le temps dans une cabine bleue, a plus de 900 ans et combat des boites de conserves qui parlent comme des nazis lobotomisés. Question : à partir de quel moment peut-on dire que c’est invraisemblable ?

Aujourd’hui, Doctor Who en est à sa cinquième saison. Encore une nouvelle ère. Faisons le point : Eccleston a marqué un coup d’essai pour Russel T. Davis, essai largement transformé et porté par David Tennant dont l’annonce du départ a provoqué une crise de larme dans la moitié de la Grande-Bretagne. Le Docteur était devenu pénible (je pèse mes mots, les cinq derniers épisodes sont… pénibles), il fallait que ça change fissa. Davis était au terme de son règne, et passa les commandes à Steven Moffat à la production. La crème de la crème ! Avec en prime un nouveau Docteur, incarné par Matt Smith, dont l’annonce de l’arrivée provoqua une crise de dédain dans les trois quarts de la Grande-Bretagne (quelle surprise, et après on s’étonne que Cameron ait été élu…). Sans vous spoiler la moitié de la saison, la nouvelle mouture déchire, cartonne sa race, défonce tout ce qui a été fait. Le Docteur est troublé, un peu aigri, n’est plus le petit ami des humains qu’il était auparavant, ce qui le rend beaucoup, beaucoup plus intéressant. On sera sommé d’ajouter à ça des intrigues qui sont quand même bien cools (The Beast Below, tout pareil, quand je donne un titre, on est prié de se jeter dessus), et une photographie qui en jette. C’est plus sombre, plus pesé, moins « youpi ! sauvons l’Univers et clik pr 2vnir fan lol », soulève de vraies bonnes questions quant à la moralité d’un alien qui se permet d’ingérer n’importe comment sur une planète qui n’est pas la sienne, bref, ça pulse. Allez-voir.

En Grande-Bretagne, et d’après ce que j’ai lu mais pas vérifié, cette série est culte, limite incontournable. En France, elle est diffusée sur France 4 le vendredi soir. Vous prendrez soin, bien sûr, à ne pas régler votre poste sur cette chaine aux heures d’émission, puisque Version Française, doublage, et accessoirement inexplicables censures par-ci par là (en fait, l’explication est simple, dès qu’un épisode dépasse les 45 minutes règlementaires, il se fait charcuter pour rentrer dans le cadre. La BBC est nulle, parfois)… je ne sais pas si vous voulez vraiment un dessin. Quant à vous la procurer en DVD, vous vous attacherez à ne pas collectionner les coffrets sortis en France. Notre service public a fait des merveilles ! Voyant que les fans râlaient pour les deux premières saisons, qualité d’image discutable d’après ce que j’ai vu, France Télévision a décidé de confier le coffret de la saison 3 à un stagiaire qui a omis d’intégrer la piste audio version originale dans le set. Voyant que les fans étaient aux portes, fourches et torches à la main, près à renverser le régime et instaurer un Ordre Nouveau, France Télévision a fait la moue et décrété que, piske cè kom sa, pas de saison 4 en DVD, et c’est bien fait pour vous, et c’est çui qui le dit qu’il y est. Heureusement que Amazon.co.uk est un chouette type, qui pourrait se magner de faire venir mon colis qu’il en serait encore plus chouette. Et si d'aventure vous n'aviez pas d'argent, je ne suis pas certain que taper "Doctor Who megaupload vost" sur votre soeur soit hors de votre portée.


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Tout ça pour dire que Doctor Who est juste la meilleure série de science-fiction à ce jour. Elle assume son kitsch mais sait être grave, propose de vraies bonnes idées qui sortent un peu des clichés Star Trek / Stargate / Starwtf, se permet d’être drôle, pertinente, loin d’être stupide, et populaire à la fois, dans le sens où elle réunit tout le monde dans le poste. Et elle fait rêver ! Une certaine idée de la perfection, incontestablement. Celui qui n’est pas d’accord est un nazi.


* Je sais que cette blague a déjà été faite. Mais je réchauffe ce que je veux, et ça peut très bien être ta djeule dans un dabeul kick tempo-frontal.

Posté à
09:45
 par Myth -
Mercredi 26 Mai 2010
J'ai la flemme de mettre un titre, alors je vais dire "grille-pain"

Les contraintes temporelles s’opposant drastiquement à un quelconque investissement de ma part dans des projets latéraux pourtant déjà lancés auparavant s’intitulent aujourd’hui stage et Steven Moffat. Autant le second point est aussi naturel que peu propice à l’élongation lexicale en dehors de « Bloudielle, Matt Smith est la femme de ma vie ! », autant le premier est l’occasion de vous narrer quelques fragments d’une aventure tellement remarquable qu’elle brillerait dans le noir que ça ne m’étonnerait qu’à moitié dont les péripéties sauront, j’en suis sûr, mettre en exergue un discret mais incontournable élément de morale, morale qui manque chaque jour un peu plus à notre Humanité qui semble oublier son prochain sur les rives de l’individualisme acharné, au mépris de la beauté de ces cathédrales spirituelles qui n’ont jamais pu se construire toutes seules. Sans la société, nous n’aurions peut-être jamais pu connaitre la Master System. A méditer.

On vit des choses formidables, quand on est stagiaire. En plus de la flexibilité temporelle permanente (le temps ne s’écoule jamais à la même vitesse, c’est fascinant !), nous avons la chance de pouvoir approcher diverses expériences sociétales envers ceux qui feront le monde de demain. En l’occurrence, nous étions sommés de réaliser un sondage auprès des jeunes, de 15 à 25 ans, dans un territoire préalablement défini afin d’en évaluer leurs pratiques pour mieux anticiper leurs besoins - et non, je ne ferai pas de blague avec « besoin » et « caca » dans la même phrase, mes lecteurs sont beaux, mes lecteurs sont intelligents, mes lecteurs sont des princesses, et mes futurs enfants méritent des blagues d’un meilleur pedigree. C’est aussi ça, faire un stage en urbanisme, se tapir dans l’ombre et changer le monde sans que personne ne le remarque. L’élégance du super-héros. Moi qui ai toujours rêvé d’être Batgirl !

Je faisais donc passer un questionnaire à une bande de jeune du centre d’apprentissage du coin, quatre mecs en CAP vers qui je me suis tourné, l’esprit ouvert et la fraternité disponible, le cœur libéré et la main droite tendue, faisant fi des idées reçues bourgeoises qui auraient voulu que je reste campé sur ma suffisance de bac général pour ne pas oser échanger avec une population qui, pourtant, constitue le socle de la société, puisque ces apprentis poursuivaient une formation en boulangerie, et que la France sans boulangerie, c’est toute l’industrie du cliché américain qui s’effondre.

L’enquête se déroula presque mieux qu’avec d’autres étudiants plus diplômés dont j’avais eu la chance de recueillir les opinions éclairées précédemment (« moi, j’aime bien venir pour me bourrer la gueule », bac +4 en école de commerce les enfants, c’est ça la puissance intellectuelle), et je commençais à placer quelque espoir dans ces jeunes – c’est une image - certes, plus enclins à juger les compétences du F.C. Fleury-sur-Orne que de l’héritage moderne kierkegaardien, mais enfin qui suis-je pour juger alors que je ne sais même pas cuisiner une tarte au gingembre sans cramer la moitié de mon frigo ?


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Tout était propre et gazouillant comme un bébé sur un blog de maman jusqu’à ce qu’intervienne la question ouverte « Quels sont, selon vous, les points négatifs du coin que vous souhaiteriez faire disparaitre à grand coup de sabots métalliques dans les plombes ? » Les réponses attendues étaient, au choix « il manque un cinéma », « les routes sont mal foutues », « on ne peut pas se promener à pied sans prier à chaque fois qu’on traverse », « il n’y a pas de place publique », « ça manque de filles », « ça manque de vieux », « l’aménagement des espaces verts et la rareté des haies complique la reproduction estivale spontanée », « les toilettes sont sales », « pense à faire la vaisselle », et autres banalités que j’aurais pu sortir à leur place, mais en mieux. Sauf pour les deux compères, qui firent de leur souhait numéro 1 « il y a trop de clodos ». Soit. Je note donc tranquillement, voyant que le choix de ce vocabulaire bien contestable ne faisait que cacher une réelle détresse face à des adultes à la bonne tenue relative qui profitaient probablement de la jeunesse, l’innocence et l’antagonisme brut de ceux qui étaient encore des enfants il y a peu pour assouvir de vils principes. Je passai.

« Ah oui, et rajoute les arabes aussi ! », me fit le compagnon du premier alors que je scribouillais encore la première doléance. Les arabes aussi, ahah, très bon ! Très Zemmour, très Humour-de-droite, très juste ! Je me pris d’un rire fugace, brisant la neutralité à laquelle j’étais confiné dans la consigne. Je m’arrêtai quelques secondes plus tard, voyant leurs visages dubitatifs. « Quoi, sérieusement ? Les arabes ? » « Bah oui, les arabes, il y en a partout, ils font vachement de bruit et ils dérangent les gens, dans le bus, dans le tram, à la gare… partout ! » Ah bon. Des arabes. Partout. A Caen. Sans blague. Mon élégance et ma grâce naturelle aux vrais morceaux de biofidus à la framboise risquant d’être entachée par un geste violent, je décidai de laisser courir. L’âme en berne. Le questionnaire rempli, je me retournai d’un bref « merci-d’avoir-participé » et quittai ces petits cons avant que mon envie de leur faire un brushing au lance-flamme ne reprenne le dessus.

Voilà voilà. En gros.

Sinon, j’ai commencé Super Mario Galaxy 2 ce week-end, à sa sortie, comme tout le monde, et il est très très bien !
Posté à
15:55
 par Myth -
Jeudi 20 Mai 2010
Je ne peux actuellement pas poster parce que je suis en stage

L'écriture de cette phrase, avec les égarements dans les gares normandes dont on sait comment ça a fini, ainsi que mes cheveux pour l'ensemble de leur œuvre, appartient aux Dix Choses Les Plus Improbables que je ne pensais jamais vivre un jour.

Pour fêter ça, je comptais éventuellement vous mettre une reprise en yiddish de Christophe Maë. N'ayant pas le courage, je vous laisse avec du pur awesome. Je suis tellement faible que mon amour-propre s'est barré avec les meubles. Autant je m'en remettrai pour la Wii, autant ça risque d'être plus problématique pour les toilettes.


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Posté à
23:03
 par Myth -

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