Lundi 25 Janvier 2010
Chrono Cross ? Dans mon Rayman 3 ?
D’un point de vue purement journalistique, il y a deux types de scoop. Le premier, le grand scoop, celui qui fait fantasmer les rédactions et fumer le direct, ne vise que le microcosme des quelques illuminés qui font semblant de s’intéresser à ce qu’il se passe dans le monde à la seconde près pour être le premier à sortir une blague de mauvais goût sur Twitter. Exemple : « Haïti Téléphone Maison, c’est devenu un truc de bourgeois ».
Le second scoop est plus modeste, plus en retenue. Il ne suscitera généralement l’intérêt que de celui qui le dévoile, et éventuellement de deux ou trois autres personnes qui n’ont rien de mieux à faire ou qui se sont égarées en chemin. Il est essentiellement l’apanage des universitaires et des contributeurs à Wikipedia.
Je n’ai trouvé, sur Internet, aucune trace de l’anecdote qui suit, ce qui implique que je suis soit le premier à divulguer l’information, ce qui m’irait très bien, soit que tout le monde s’en tamponne majestueusement le poireau, ce qui m’irait très bien aussi puisque cela appuierait mon côté artiste « je fonce dans le mur, c’est parce que la douleur est belle » subversif.
Si tu ne connais pas Rayman 3, je pense que tu connais au moins Rayman, série française de renom dont la superbe n’avait d’égal que sa féérie, fier concurrent et preux chevalier au royaume du jeu de plate-forme, ayant su taper à tous les râteliers pour se faire une place parmi les grands (quand on sait que Rayman a fait ses débuts sur Jaguar, on relativise). Dans le cœur des amateurs, Rayman avait cette aura de majesté bordélique, cette romance totalement foutraque à l’humour so frenchy qui avait su séduire un public large mais de bon goût. Rayman s’est éteint en 2006, sacrifié sur l’autel du perfide et mercantile party-gaming. Je n’ai rien pu faire. Désabusé, il m’arrive encore de me surprendre, la nuit, à essuyer une larme. Le reflux de l’amertume est une douleur vive et éternelle.
Bref, approchant terriblement des dernières minutes de Baten Kaitos, je trompe le plaisir en rattrapant ma culture sur Rayman 3 qui se trouve à moins de cinq euros dans toutes les bonnes crèmeries qui finissent par .co.uk.
Ordoncques, écoutez un peu voir la musique ci-dessous, correspondant grosso modo à un passage où il faut sauter sur des fleurs pour récupérer des couronnes, ce qui est normal et rationnel.
Si, toi aussi, à l’écoute de cet extrait, tu t’es surpris à éprouver un certain frisson fort et probablement nostalgique, c’est parce que tu t’es rendu compte que cette musique sample un morceau aussi culte que célèbre, à savoir :
Chronopolis ! Le deuxième passage le plus riche en spoilers de Chrono Cross ! Etonnant, non ?
Il est probable que ce sample ait atterri dans l’OST de Rayman 3 pour une simple raison esthétique, parce que ça sonnait bien. Au fond de moi, j’ai envie de croire que le directeur musical a voulu nous adresser un message, un petit coucou caché, un easter egg comme pour dire « je sais que ce niveau est chiant, mais saches, mon frère, j’ai les mêmes références que toi ! ne penses-tu pas que je mérite ton pardon ? »
Pour ne rien gâcher, le scénariste de Chrono Cross est aussi celui de Baten Kaitos. C’est comme si une boucle spatio-temporelle se renfermait sur elle-même, m’englobant dans une spirale perpétuelle du plaisir du détail, comme si l’Art lui-même se plaisait à me faire parvenir les signes démontrant que mon semblant de culture embryonnaire vidéoludique n’était jamais qu’un perpétuel auto référencement. A moins, bien sûr, que ça ne soit qu’une coïncidence.
Samedi 16 Janvier 2010
Toi aussi, citoyen, spamme l'Europe !
Après une semaine passée en Belgique dans le but avoué d’apprendre à distinguer une Stella Artois d’un Parlement Européen ordinaire, et contrairement à la veille du devoir éponyme quand j’étais à la fac, mes conceptions prémâchées sur la structure organisationnelle de l’Union Européenne ont été sujettes à révision. C’est un petit pas pour moi et une belle jambe pour l’humanité.
A travers moult conférences aussi passionnantes que passionnées, nous avons notamment découvert que l’Europe était une bien belle machine et qu’on y mangeait très bien, d’autant plus que l’on pouvait parfaitement y manger avec des fonctionnaires pur beurre qui, entre deux haricots frits dans le café (le poids des formulaires, le choc des cultures), nous partageaient les plus croustillantes anecdotes trop lol sur le budget 2013 tout en confessant quelques règlementations dont ils se seraient bien passés. Aujourd’hui, nous en retiendrons une, et nous intitulerons ce cours :
Pré-requis technique : il faut savoir que, comme la loutre, l’Union Européenne est composée de plusieurs organes dont il faut bien distinguer les fonctions pour ne pas taper à côté pour peu que l’on veuille jouer avec. Parmi elles, la Commission Européenne, chargée de trouver des idées pour ne pas trop déranger le Parlement pendant la sieste ou la campagne électorale. La Commission est divisée en plusieurs Directions Générales, chacune ayant son propre champ de compétences, et, finalement, il existe une DG pour tout. Cherchez pas, la réponse à la question « Une DG est-elle en charge de [exprime-toi ici] ? » sera toujours positive, même si ça implique une chèvre et un évier.
Ordoncques, il fut un midi où nous étions attablés dans les bâtiments de la DG Culture et Educations, prêts à savourer un repas de cantine gastronomique, à savoir un repas aussi bon qu’à la cantine mais servi dans des proportions gastronomiques. Je crois que je n’oublierai jamais ce regard effondré de désespoir et de solitude presque indélébile que levait timidement vers moi cette pauvre pomme de terre, dont rien ne nous permet moralement de dire qu’elle n’aurait pas mérité un meilleur futur. Avec nous, un fonctionnaire de la DG Transports et Energie parlait de son métier, lorsqu’il tint à peu près ces mots qu’il m’est impossible de retranscrire avec exactitude, mais enfin vu son accent innechépportablé, je pense que c’est un juste retour des choses.
« Vous savez, on reçoit tous les jours quelques propositions citoyennes d’individus de tous les pays qui ont une idée et qui veulent nous la faire partager. Bien sûr, beaucoup de ces idées ont déjà été abordées, mais à la limite, ce n’est pas le plus important. Ce qui est long, c’est d’y répondre. Nous avons le devoir de répondre à tous les messages, ça fait partie de nos missions. »
Non, camarade citoyen, tu ne rêves pas, et tu as bien lu ! En t’adressant à la Commission Européenne, non seulement tu as l’assurance de voir ta requête arriver à destination sans même frôler la corbeille, mais le récepteur a en plus le devoir de t’adresser une réponse en bonne et due forme, aussi sincère qu’exacte, et dans les plus brefs délais ! Je n’ai pas trouvé le texte à l’origine de cette bénédiction, en partie parce que j’ai trop de travail pour me permettre de faire des bêtises sur Internet, en partie parce que j’ai abandonné après avoir essayé au moins dix minutes. J’ai fait un auto-timeout, c’était rigolo, je vous raconterai plus tard. Malgré tout, parce que ma religion le permet, je crois le fonctionnaire sur parole.
Dont mode opératoire : d’abord, aller sur l’annuaire des DGs, et en choisir une, au pif, celle de la santé et de la consommation (j'aime bien la relation, c'est comme "cheminée et poisson rouge", ça a du sens). Puis, viser le lien « Contact ». Si vous peinez à le trouver, revoyez vos classiques, les gens normaux n’oublient normalement pas ce qu’ils ont appris avec Où est Charlie à Hollywood ? sous prétexte qu’ils sont sur Internet.
Puis, faites-vous plaisir ! Personnellement, je leur ai demandé comment, de nos jours, est-il possible de faire les bébés. C’est une question piège. Chacun sait que les fonctionnaires ne se reproduisent pas, ils mutent. Si j’obtiens une réponse exacte, cela voudra dire qu’ils auront fini par assimiler notre culture, par vivre comme nous. Si cela venait à se produire, cela voudrait dire que l’invasion a déjà commencé de l’intérieur. Et qu’il est peut-être déjà trop tard.
Mardi 22 Décembre 2009
Avatar, le film le plus geek de l'univers
Cette semaine, comme il neigeait et qu’il fallait bien faire passer le temps parce que bon Mario Kart ne fait pas tout, on est allé voir Avatar. Comme tout le monde, on a d’abord essayé d’aller voir Avatar, après quoi on a réservé notre place trois jours plus tôt pour avoir le droit d’arriver six heures à l’avance dans le but d’avoir une place qui plante le moins possible l’image 3D. Trois heures après l’écran titre, il est indéniable que James Cameron est un génie, un demi-dieu, bref, sa toute puissance ne fait plus aucun doute. Oui, disons le tout net, il y aura un avant et un après Avatar, mais moins cinématographique qu’en matière de communication.
En concevant Avatar, James Cameron n’a rien fait d’autre qu’exprimer la volonté de réaliser le film le plus geek de l’Histoire du Cinéma. Que l’on s’entende bien sur le terme « geek », dont la récupération bizness-lol-cool commence à sombrer dans ses plus belles heures de ridicule. Il y a des signes qui ne trompent pas. J’ai déjà entendu « tiens, t’as rangé Watchmen à côté de Chrono Cross, c’est geek, j’aime bien ! » Ce soir, un geek sera donc un fou furieux capable de copuler avec une vache morte pour démontrer que Gnome, ça défonce quand même largement KDE (si tu ne sais pas ce que c’est, tu ne veux pas savoir ce que c’est)
Reprenons : James Cameron décide de tourner un film de science-fiction avec des gentils extra-terrestres (comme) et des méchants humains (c’est) qui veulent conquérir le monde des gentils extra-terrestres (original !), et doit réfléchir à une promo capable de saturer les salles de cinéma pendant deux semaines afin de générer un chiffre d’affaire proche du PIB de la Somalie pour pouvoir s’éclater pendant les soldes. Il mise tout sur son univers et nous matraque :
Entièrement conçue par James Cameron, la planète Pandora a été imaginée jusque dans ses moindres détails par le cinéaste et ses collaborateurs, de la géographie à la faune et la flore, en passant par l'écosystème et surtout le peuple des Na'vi. Un peuple extraterrestre pour lequel Cameron a fait appel à des spécialistes en comportement, dialectes et anthropologie afin de créer une race dotée d'une culture et d'un langage propres.
Double-coup de génie. Pour une raison quelconque mais inhérente aux mères de familles, le spectateur lambda voyant ces mots s’exclamera, la larme à l’œil « il a pris tant de soin à créer une nouvelle race, une nouvelle langue, une nouvelle civilisation à partir de rien, bref, il a tellement travaillé que ça ne peut être que le film le plus immersif de tout l’univers ! », ce à quoi on répondra, respectivement pour la nouvelle langue et pour la civilisation, Espéranto et Troisième Reich, deux échecs notoires du vingtième siècle qui étaient pourtant loin de partir d’une mauvaise intention.
Ensuite, là où la promo est fortiche, c’est qu’elle attire le geek, le gros geek, celui qui ne jure que par Tolkien et Mandriva pour qui l’Univers Etendu de Star Wars est un respectable monde parallèle, le geek qui aspire naturellement au troll dès qu’on chatouille ses convictions, le processus manquant entre « C’est quoi le mieux, Batman de Burton ou The Dark Knight de Nolan ? » et une guerre thermonucléaire. James Cameron sait que sa planète ne joue pas dans la même cour que les multiples univers qui ont été ou seront créés en littérature ou en jeux vidéo (coucou Final Fantasy XIII). Dire qu’on a fait appel à des experts pour soutenir la cohérence de son monde revient à s’auto-proclamer « Here comes a new challenger » face à des types qui ont pris elfique en LV2. Courageux. D’autant plus que le résultat de la confrontation ne peut être que binaire : on aime ou on déteste, et si on déteste, on adorera détester. La campagne de communication d’Avatar est un troll geek grandeur nature. Du génie !
Je me souviens d’un livre que j’avais acheté quand j’étais au collège, qui mettait en scène plusieurs races extra-terrestres : une race aussi con-con que pacifique qui passait son temps à manger dans les arbres en attendant la mort, chez qui avaient décidé de s’installer une race surdéveloppée dont l’écrin technologique était la capacité de prendre la forme de n’importe quel être vivant pour peu qu’on ait acquis son ADN (laissons nos chercheurs apprécier Manimal et repassons d’ici une trentaine d’année avant de dire que cette technologie est nulle), et une race parasite libidineuse dont les motivations principales étaient de se reproduire et de trouver assez d’hôtes pour tenir la marmaille, motivation qui implique tôt ou tard d’aller rendre visite aux voisins faute de place chez soi.
Le conflit triangulaire était le suivant : Méchants vouloir parasiter herbivores, gentils pas vouloir méchants se reproduire, gentils laisser méchant parasiter herbivores, gentils tuer herbivores. Sobre, efficace, et mâtiné d’une histoire d’amour pas piquée des lucioles à partir du moment où une belle gentille décide de se transformer en herbivore pour approcher le peuple avant de tomber amoureux du Jean-Michel Spinoza du coin. A la fin, elle décide de rester herbivore pour toujours afin d’avoir plein de petits herbivores pour repeupler la planète qui venait quand même de se prendre un virus quantique dans les pattes.
Ce livre s’appelle Chronique des Hork-Bajirs, introuvable chez Folio Junior depuis 2003, et a deux points communs très intéressants avec Avatar puisque ce sont également deux points de vue diamétralement opposés. D’abord, il y a dans Chronique des Hork-Bajirs, comme dans Avatar, un complexe refoulé quant à l’histoire américaine chatouilleuse entre les blancs et les indiens, à ceci près que Chronique ne panse pas la plaie en appelant Superman à la rescousse pour changer la fin de l’histoire, au contraire. Ici, les herbivores finissent, tous sauf trois, morts ou esclaves. Certes, ils ne sont pas beaux, ils ne brillent pas dans le noir, ils n’ont pas la carte du ciel tatouée sur le museau, mais leur look n’est pas fait pour prendre les sentiments du lecteur à parti, à eux, au moins. C’est plus dur, mais ça sonne plus juste (et ça légitime un segment entier d’Animorphs, mais enfin c’est pas de ça qu’on parle).
L’autre point commun, c’est qu’il y a aussi des extra-terrestres bleus dans Chronique des Hork-Bajirs. Il est probable qu’ils aient été dessinés sous l’emprise de substances franchement déconseillées aux adultes de moins de 36 mois, mais là, c’est différent. Il devrait toujours y avoir des extra-terrestres bleus, le monde serait plus beau.
Lundi 21 Décembre 2009
Je veux tourner un film français, dois-je porter des chaussettes ?
Si la plupart des petites gens profitent des vacances de Noël pour retrouver leurs proches auxquels ils filent de joyeuses accolades et de sympathiques gastros, pourquoi ne pas profiter de ce précieux temps libre pour réaliser un film français ? Je ne parle pas de la langue, ni de la version, mais du genre, de la même façon qu’existent le « film [chiant] espagnol », « film [taré] belge », « film [niais] indien », « film [j’ai pas tout compris mais ça avait l’air vachement profond] coréen », « film [je me fiche de savoir que c’est un classique, je veux voir Anita Ekberg qui se baigne en robe de soirée] italien ».
Réaliser un film français, c’est d’abord l’assurance de se faire bien voir dans le milieu des vieux cinéphiles nostalgiques qui recherchent désespérément la Nouvelle Nouvelle Vague, trente ans plus tard et au mauvais endroit, soit les Brice de Nice des salles obscures, ce qui doit représenter le summum de la coolitude après les casquettes Pokémon mais avant le réveil matin des Sugar Hill Gang.
Réaliser un film français, c’est aussi la promesse de passer un jour à 20h35 sur France 2 un mardi soir, et la fierté de pouvoir dire, un jour, « J’ai été en concurrence avec la Star Academy et j’ai perdu. Le peuple est nul. Voilà pourquoi j’ai décidé d’aller vivre en Suisse. »
Afin que tu puisses vivre cet épanouissement de toute une vie, je t’offre, clefs en main, une méthodologie en neuf temps pour réaliser un film français. Ne me remercie pas, c’est cadeau, c’est mon Noël à moi.
#1 - Trouver un titre qui en dit long sans vraiment le dire
C’est la première étape, probablement la plus importante. Il faut que le titre soit parlant mais mystérieux, explicite mais ouvert, directif mais interrogateur. Il doit donner l’impression qu’on ne le comprendra qu’à la fin du film, et doit tenir exclusivement en un mot ou en une phrase verbale qui commence par un pronom personnel. Il n’y a pas d’intermédiaire possible, c’est soit « Enveloppe » soit « Je suis venu te parler de moi » (ces deux exemples pouvant parfaitement être adoptés pour un même film)
#2 - Situer l’action à Paris
La vie parisienne est une infinie source de drames et de tragédies. D’ailleurs, tous les parisiens qui me lisent par milliers se sont suicidés dans le drame et dans la tragédie, alors bon, c’est bien ce que je disais. Chacun sait que de tout temps la vie a été plus dure et pesante à Paris, alors qu’elle a toujours été plus joviale et guillerette en province, là où on tourne Bienvenue chez les Chtis, d’où Paris pour le drame, donc pour les vrais films, et la province pour les comédies familiales. Sinon, tout fout le camp.
#3 - Ecrire un scénario qui aurait tout aussi bien pu s’adapter à une comédie anglaise
Soit le pitch suivant : « Un jour, Marc (John Cleese) décide de se raser la moustache pour pimenter sa vie de couple. S’en suit une course autour du monde… » Remplace John Cleese par Vincent Lindon, rajoute le mot « existentiel » quelque part dans la phrase, et tu obtiens la réalité.
#4 - Torturer inutilement les personnages
Il faut que les personnages principaux – car ils sont deux : si ce sont un garçon et une fille, c’est un couple ; si ce sont deux garçons, c’est un couple gay ; si ce sont deux fille, c’est un couple lesbien qui découvrira qu’en fait elles sont sœurs ; si la différence d’âge entre les deux personnage excède 25 ans, c’est quand même un couple ; si ce sont un ours et une petite fille, ce n’est plus un film français – soient intimement torturés, si possible inutilement. Il faut, dans une scène critique, qu’un des deux protagonistes s’arrache littéralement les cheveux en hurlant « pourquoi tu m’aimes » à son partenaire tout en étant sur le point de lui extraire les intestins avec les dents. Il faut aussi que la raison à ce délire traumatique soit elle-même un délire traumatique. Exemple : son père est mort, il a pris l’habitude d’aller en maison de retraite pour se consoler et, depuis, il ne cesse de penser à une chasse d’eau.
#5 - Penser « ouvrier Télérama »
Il faut que les personnages aient une dégaine aussi torturée que leur psychologie, soit une dégaine à deux balles. Ainsi, les garçons torturés se négligeront, seront mal rasés, auront la même coiffure que Albert/Dylan Dupontel/Moran (ils partagent le même corps depuis juillet dernier), dormiront peu et vivront comme un étudiant en licence de géo, à savoir plutôt mal. Les filles torturées seront très chics et propres sur elles car, tout le monde le sait, ce sont les filles les plus élégantes et les plus chics qui cachent les meilleurs cas d’écoles en psychiatrie. Ce sont des filles, c’est suffisant.
#6 - Ternir la photographie, car la vie est terne
Il faut que ce soit gris. Il faut que chaque image, accompagnée d’une douce mais triste mélopée au piano larmoyant
#7 - En faire des caisses
Ne pas hésiter à surjouer et à croire que des acteurs se dirigent au cinéma comme au théâtre. Les monologues interminables et les dialogues entrecoupés de gestes brusques gratuits (aller d’un point A à un point V-55, puis tendre la main vers le ciel en clamant « J’étais persuadé que tu avais besoin de moi ! » ) sont vivement conseillés, le tout en perpétuel gros plan pour que le spectateur soit au plus près de la dramatique tragédie qui se joue devant lui.
#8 - Faire intervenir au moins une scène de sexe
La scène de sexe sert à faire dire aux critiques « Un amour noueux déchire les deux personnages, amour pourtant si pur qu’il transcende sa coquille charnelle vers une pureté brute du mouvement et du geste. La dualité entre les deux facettes d’une relation impossible est retranscrite d’une main de maitre par un réalisateur jouant avec la lumière : relation confondue le jour, heureuse la nuit, comme si le bonheur fatal ne pouvait exister que dans l’ombre. » Elle sert aussi à concrétiser un fantasme du réalisateur qui n’a pas choisi Anne Mouglalis comme actrice principale pour rien.
Une scène de sexe réussie doit être une scène esthétique, soit une scène où on voit tout en feignant de croire que ce n’était pas le cas. On doit pouvoir en parler en substituant « ce double-anal était fantastique » par « le choix de la contre-plongée au moment de l’extase mettait à son paroxysme la tension entre les deux amants ». Une scène de sexe est dite « pure » lorsque le réalisateur choisit une actrice à poitrine inexistante et n’hésite pas à faire au moins deux gros plans sur ses boutons dans le dos. Si l’actrice est moche, la scène deviendra « un moment d’anthologie ».
#9 - Ne pas finir le film
Un bon film français est un film dans lequel il ne se passe presque rien pendant au moins 1h29, jusqu’à l’explosion d’une scène critique qui s’achève par un plan large sur un homme marchant seul dans la rue, voire sur un panorama d’une ville qui se lève au petit matin. Ce plan large conclura le film avec brio, car il permettra au spectateur d’être encore plongé dans le conflit qu’il entretiendra en lui, qui vivra dans son cœur et qui le grandira par son humanité. C’est aussi une façon d’exprimer que la raison d’être du film est le problème, pas la solution. C’est beau de filmer un problème dans toute sa brutalité, dans toute sa pureté. C’est comme le Sens De La Vie, mais sans les couleurs chaudes.
Si avec ça tu n’as pas réussi à t’attirer les foudres des Cahiers du Cinéma, c’est que tu ne t’appelles plus François Chereau.
Dimanche 13 Décembre 2009
Le quotidien d'un forum de discussion...
Mercredi 09 Décembre 2009
Une Vérité En Plus Sur Miss France
Samedi soir, c’était Miss France. Je n’ai pas regardé. Je m’en fichais. J’étais parti sauver le monde.
Pardon, j’étais sensé être parti sauver le monde, mon ange-gardien ayant décidé de me coller un baby-sitting soviétique ( « il faudrait que tu gardes ton petit frère ce soir, j’ai pris la peine de dire que tu étais d’accord » ), je passai la soirée à regarder des coupures de publicité avec quelques moitiés d’épisodes des Simpson entre deux.
Le réflexe de zapper sur tout et n’importe quoi pendant les coupures pub finit par porter ses fruit en me faisant tomber sur une coupure pub géante qui était partie pour durer deux heures et demi, à savoir le grand concours national de belettes dont le sourire figé fait chaque année, et au grand désespoir de tous, un peu plus de concurrence au Joker de Nicholson. C’était beau, et presque aussi intellectuellement puissant qu’une loutre mormone, tant et tant que sans le son et avec le minimum requis d’imagination, on se serait cru dans Wayne’s World. Apparemment, c’est comme ça tous les ans depuis 1920. Je n’étais pas là en 1920, j’avais peinture.
Quelques reportages ponctuèrent ça et là les interventions du bétail, sous la forme « Les Miss à la Martinique », « Les Miss font de la poterie », « Les Miss et le tiers-monde », ce dernier représentant un engagement fort et volontaire de la part du comité Miss France, désireux de faire de la femme la plus belle de France un modèle d’humanité et de conscience politique. Les futurs « Miss France contre le cancer », « Miss France soutient les producteurs locaux », « Miss France connait mieux le droit que Jean Sarkozy », sans oublier le très attendu « Miss France apprend à lire » seront très vite de la fête, à n’en point douter. Il faut que Miss France soit une image de marque, ligne directrice clairement affichée par le comité à travers dix commandements, fiers et beaux, dont je n’hésite point à vous en conter la substance :
II - Rester en forme
III - Maitriser son équilibre
IV - Ne jamais renoncer
V - Avoir une conduite irréprochable
VI - Garder le sourire
VII - Être disponible
VIII - Prendre soin de son apparence
IX - Exprimer sa sensualité
X - Profiter de cette année
Le rapprochement avec les dix commandements de la prostituée soubrette étudiante est tentant, mais enfin je vous en prie.
L’administratrice du concours n’ayant pas de cheveux, je décidai de revenir vers de la publicité plus conventionnelle. Minuit passe, le couperet tombe : Miss France sera Miss Normandie, ex-Miss Caen, accessoirement ex-étudiante. Or, il se trouve que, par hasard, je connais très bien Caen, en partie parce qu’on m’en a offert une carte postale, en partie parce que j’y habite. Il se trouve qu’en plus de connaitre Caen, je connais quelques étudiants, lesquels m’ont avoué qu’ils ne furent pas à six, ni à cinq, ni à quatre, ni à trois, ni à deux degrés de séparation de Malika Ménard, éternelle étudiante en troisième année de droit – je dis éternelle parce que c’est pas en portant une écharpe et en inaugurant des saucissons qu’elle va arranger son cas – mais à une chaise et à un plateau de restaurant universitaire de celle qui allait devenir l’égérie de tous les hommes sans imagination. Plus avide de rumeur maligne que de juste honnêteté, je demandai à mon contact, que je sais fiable pour des raisons que je peux communiquer ici car je sais que sa mère me lit, ce qu’elle savait de Malika Ménard. « Elle a de la moustache », me répondit-elle. Je ris, et je passai à autre chose. Par exemple, saviez-vous que le lama alpin pouvait avoir jusqu’à cinq compagnes en même temps sans qu’aucune ne porte plainte ?
PS : C’est cadeau, ne me remerciez pas, vous me paierez un coup plus tard.
Lundi 07 Décembre 2009
Flash de solitude
C’était un lundi après-midi, il pleuvait. Mon cœur était en berne, et je cherchais du réconfort auprès de quelques collègues de passage qui pourraient, à leur façon, combler le manque affectif que j’éprouvais suite à un éloignement prolongé de ma mère ou de mon sèche-linge, je sais plus trop, mais ça devait grossièrement être quelque chose comme ça.
La conversation était déjà bien partie lorsque, abandonnant celui plus épineux des problématiques sociologiques soulevées par les nouvelles représentations du vaccin à travers la grippe A, et sachant qu’il était difficile après un consensus de rebondir sur un autre débat au moins aussi intellectuellement riche sur une autre question de société, comme la syphillis, par exemple, un des membres émérites de l’assemblée se tourna vers moi et me demanda « alors comme ça, tu aimes les jeux vidéos ? » On fait aller. « Mais alors, à quoi tu joues ? »
Bien sûr, il m’aurait été impossible de résumer plus de dix ans de temps perdu en une synthèse parfaite de moins de trois minutes. Je pris le parti de lui répondre sincèrement, de lui parler avec le cœur tout en lui partageant une certaine vision des choses, une petite philosophie de derrière le canapé ( qu’est-ce qu’on peut faire comme choses derrière un canapé ), un certain panorama de toute une passion.
Ainsi, je commençai à lui parler de Baten Kaitos comme on écrit une lettre d’amour, sans aucune mesure de mes mots. Je lui parlais de cette esthétique particulière, curieux mais si habile mélange d’onirisme et de réalisme, de cette atmosphère enivrante et parfois si terrifiante, de la chaleur qui émane de certains plans d’où l’on ne sort que par obligation. Je lui racontais l’audace narrative, le tour de force du scénario qui, sous couvert d’un classicisme exacerbé, y ajoute un élément qui projette le jeu dans une autre dimension : celle où le joueur n’est plus un vague jeteur de dés mais où il est impliqué en tant que personnage dans cet univers si féérique et si menaçant à la fois. Je lui faisais part de la finition parfaite, de cette sensation unique d’évoluer dans une œuvre d’art comme on évolue dans un livre dont on sait à l’avance que l’on en sortira transformé. Que Baten Kaitos était de ces jeux dont il y aura un avant et un après, un de ces jeux qui a été minutieusement réfléchi, une expérience délicieuse, une véritable merveille pourtant peut-être trop méconnue.
Je me suis presque tu à regret, frustré d’en avoir trop peu dit. Mais bon, je n’avais pas envie de noyer le monde sous une passion immodérée tout en sachant que celle-ci était quasi unilatérale, et que la question était principalement anecdotique. Par contre, je ne m’attendais pas aux quelques secondes de silence qui suivirent. De plus, il y avait quelque chose d’étrange dans le regard de la personne sans qui rien de tout ceci ne serait arrivé si elle avait décidé de parler de son dernier chou-fleur plutôt que de me poser des questions dont le commun des mortels sait que j’ai déjà planché six heures pour moins que ça. Une sorte de plénitude, de réflexion. Comme si j’avais réussi à communiquer quelque chose, une bribe d’intérêt, un zeste d’envie d’aller plus loin. De voir, aussi, le jeu vidéo autrement. Alors, mon interlocuteur leva le regard et me demanda, concerné :
« Bon, mais sinon, tu connais Paf le Chien ? »
Dimanche 06 Décembre 2009
Quelques vérités sur les colloques que tout le monde connait mais dont personne ne parle
Ce qui est valable pour les colloques l’est aussi pour n’importe quelle soirée-conférence-débat. Toi qui va bientôt entrer au collège et qui, donc, par voie de conséquence, risque d’en avoir dans l’assiette jusqu’à ce que la mort vous sépare, tiens-toi prêt.
La fonction première de l’échange des cartes de visite est de pécho à la sortie
« J’aime beaucoup ce que vous faites, j’aimerais vous parler d’un projet que nous développons en interne et voir si nos services peuvent collaborer » n’est jamais qu’une version romancée de « Ingrid, quand tu vas au cinéma... »
L’auditoire ressemble généralement beaucoup trop à une classe de CM2
Ca bavarde dans tous les coins, ça fait du bruit quand ça se déplace, ça va aux toilettes pour un oui ou pour un non, bref, c’est n’importe quoi. Même sur l’estrade. Surtout sur l’estrade.
Rien ne vaut les têtes d’affiche
Quand le micro est dans les mails de Jean-Marie Trucker, secrétaire général du comité de développement des transports en commun, on s’en touche une sans faire bouger l’autre. Par contre, quand c’est Rama Yade qui parle, même les mouches arrêtent de péter. Etonnant, non ?
Par essence, un colloque est infiniment plus geek que le Comicon
Réserver, pour allant de deux jours à une semaine, une salle généralement pas piquée des hannetons pour discuter et débattre de sujets aussi ouverts à tous que « l’influence des shareholders européens dans l’innovation bancaire à l’horizon 2025 » ou « démocratie participative : sociologie à grande échelle du modèle kunduri », si c’est pas la finalité du geek, je me demande ce que c’est.
Toute occasion de faire la teuf est bonne à prendre
Un colloque peut facilement s’étaler sur au moins deux jours. Ce serait si bête de ne pas profiter de cette occasion pour découvrir la ville et apprendre à mieux se connaitre !
Il y a toujours un crétin qui pose une question débile
Sociologiquement, la question stupide posée par un éminent membre du public a deux fonctions bien distinctes selon sa localisation dans le débat, selon qu’elle soit posée dans les premières questions ou à la fin (les statistiques montrent qu’une question bête posée au milieu de questions qui font au moins semblant d’être intelligentes finit par se dissoudre et par être oubliée avant même que l’on ait fini d’y répondre).
Posée au début, généralement dans les trois premières questions, elle fera vaguement sourire et mettra dans le bain (ce n'est malheureusement qu'une image). Posée à la fin, elle appellera une argumentation longue et dure de la part du seul intervenant qui prévoit d’emménager sur l’estrade. Heureusement, comme les règles draconiennes régissant le contrat social de la classe de CM2 n’ont pas cours pendant les discussions, tout le monde peut partir la tête haute, même sans savoir si, oui ou non, la nouvelle norme ISO0608 portant sur les véhicules lourds risquerait d’aller, à terme, à l’encontre de la législation soudanaise.
Le monde attend les trolls
Ne nous voilons pas la face, les questions du public ne sont jamais qu’une ultime tentative de lancer un débat stérile et perdu d’avance pour peu que ça n’ait pas pris pendant la discussion prévue à cet effet. D’ailleurs, lorsqu’un débat stérile et perdu d’avance survient au cours des discussions, le public n’a généralement pas le temps d’en placer une. Par contre, il applaudit beaucoup, et glousse encore plus. Le public est une chienne.
S’il n’y a pas de ring sur l’estrade, c’est parce que le sang tåche et rend les moquettes irrécupérables.
Derrière le chic et le formalisme des intervenants se cache toujours une hargne féroce, une énergie bouillonnante prête à faire sauter la marmite de la bienséance n’importe quand pour peu qu’une idée soit offensée ! Heureusement qu’à chaque table ronde siège un modérateur, vénérable sage capable d’apaiser les tensions d’une phrase paternelle, rassurante mais non moins persuasive, comme « Je vous en prie, recentrons le débat. Bon. Mr. Y, si je retranscris bien les paroles de Mr. V, vous êtes quand même un gros connard. Que souhaiteriez-vous lui répondre ? »*
Quoiqu’il arrive, ça atterrira sur Internet
Sur Internet… que dis-je ! Si Facebook semble fièrement s’auto-congratuler d’avoir permis à tout un chacun de voir après coup son voisin en train de faire des bêtises avec trois grammes de sang par litre d’alcool, les colloques permettent de lire celles qu’ils ont dites. Le dispositif s’appelle « actes de colloque ». C’est aussi pompeux qu’un Shadok, mais c’est finalement ni plus ni moins qu’un log MSN qui a réussi (comme quoi ce n’est pas parce qu’il y a des smileys que c’est forcément trop génial). Le problème, c’est que si vous êtes plein comme un hamster à hélium, personne ne sera là pour vous disculper. L’avantage, c’est que personne ne lit les actes du colloque.
Personne ne lit les actes du colloque
Je me répète parce que je sais que mamie surveille ce que j'écris et qu'elle a du mal avec les petits caractères
* Je crois que cette phrase a été déposée par Nicolas Demorand, mais je ne suis plus très sûr, tout à coup…
Vendredi 04 Décembre 2009
Question rhétorique
Une application Facebook vaut mieux qu'une longue humiliation publique.
Dimanche 29 Novembre 2009
Offert: une réponse aux mails Sondageo (ou "les amis de mes amis sont-ils des publicitaires ?")
Tu connais Sondageo ?
Normalement, non. Mais tu dois avoir des copains qui connaissent, et qui t'ont tout naturellement fait partager l'existence de cette vingt-cinquième merveille du Monde (la liste s'étant vaguement étendue depuis Squaresoft, l'apparition du cinéma et l'Eurovision) en te promettant, dans le désordre, de l'argent, du sexe, la vie éternelle, le Graal sur ta cheminée, encore plus d'argent, une voiture de sport, Scarlett Johanson et une poitrine bionique pour ton poisson rouge, tout ceci sous la simple condition de remplir deux sondages par semaine, soit un effort intellectuel proche de celui de la laitue lorsqu'elle va au pipi dans la clairière.
Tu aimerais remercier tes amis de t'offrir enfin la chance tant attendue et inespérée de réussir ta vie, mais tu n'as pas le temps parce que tu risques d'être en retard à ton cours de suédois oriental ? Voici une astuce qui devrait te permettre de répondre à ton gros souci !
Etape 1: Copie le texte ci-dessous en comblant les blancs et en ajoutant de la couleur et des smileys si l'envie t'en prend, après tout, personne n'est là pour te juger.
Il ne te reste plus qu'à envoyer le mail en y joignant éventuellement un dessin de poney ou de Arielle Dombasle pour que le destinataire n'aie pas l'impression d'avoir perdu son temps à la lecture.
Cher machin,
D'abord, quelques règles bien connues d'Internet.
La première règle de Internet est: Dès que tu pourras te faire du fric, tu en feras.
La deuxième règle de Internet est: Tout ce qui est trop beau pour être vrai est trop beau pour être vrai.
La troisième règle de Internet est: Tout client se fait pigeonner à un moment où à un autre.
La quatrième règle de Internet est: Porn.
Je ne sais pas où tu as vu tes sondages payés entre 10€ et 70€ les dix minutes. Comme business plan, ça me dépasse un peu (à moins que ça ne soit le site du fils à Rupert Murdoch, mais bon... il a assez d'argent pour s'acheter une bonne quinzaine de PS3, et quand on a une bonne quinzaine de PS3, on a autre chose à faire que des sites fluos).
Qu'on soit bien d'accord sur le mode de fonctionnement du site de tes rêves: on est 5.000 à s'inscrire sur un site de sondage supposé VIP qui tourne avec un système d'invitation (comme Google, en fait, les inscriptions sont publiquement fermées, mais tout le monde est dessus parce que tout le monde se les balance à tout de bras. Du coup, tout le monde est dessus tout en ayant la ferme impression d'être aussi VIP que Paris Hilton (qui est pourtant la troisième place publique d'Amérique)) ce qui est en fait un système pyramidal à peine déguisé où l'échelon du haut fait semblant de tendre la main à l'échelon du dessous pour se faire plus de maille.
Le but de sondageo: remplir un profil qui est revendu à des annonceurs pour faire des sondages aux cibles préétablies. Mouaif. Autant sortir dans la rue avec un panneau sur sa tête qui indique "JE SUIS UN JEUNE, PUBLICISE-MOI !!!". C'est déjà pas marrant de se sentir visé par des pubs à longueur de journée, je suis pas très chaud pour tendre un bâton supplémentaire. Surtout qu'on ne sera jamais assez nombreux pour être significatifs.
Concernant la réumunération des sondages, il est indiqué que tu gagnes 10€ tous les 1000 points, et que chaque sondage te fait gagner... 5 points. Tadam ! Donc, pour avoir 70€, il faudrait 7000 points, soit 1400 sondages réalisés. Sachant que chaque sondage prend 10mn, tu perdrais 233 heures avant de toucher ton jeu PS3. Ca fait loin le SMIC horaire. Ca fait loin la collection du fils de Rupert Murdoch, aussi.
Sinon, le site est ouvert depuis le 1er septembre, mais n'a pas encore reçu de sondage. Ca met tellement en confiance que je vais direct prendre son numéro et lui confier mes futurs enfants et la déco de ma cuisine.
Tout ça, c'est marqué dans la FAQ (j'ai même pas lu les conditions d'utilisation, mais j'imagine que ça doit être bien trash). Je sais que tu as besoin de fric, moi aussi. J'ai pas acheté de DVD depuis deux mois. Je mange des nouilles à l'eau du robinet, je me lave dans de la boue et je dors dans du papier bulle sous les marches d'une cité universitaire en ruine. Mais de là à nous pondre un faux plan avec un ton mielleux qui ferait pâlir d'envie les commerciaux d'Apple, tu serais pas en train de nous prendre pour des billes ?
Le bonjour à ta femme. Et n'oublie pas que si tu vends ton corps, je mets une option sur le pancréas (rrrrRRrrr...)
Bisous,
Machin
Dimanche 22 Novembre 2009
Petits exercices de grammaire descriptive en attendant Noël
Nous avons vu précedemment que la position dédiée au terme subordonnant est le complémenteur, soit COMP. La subordonnée P' peut donc être définie par la règle suivante:
P' -> COMP P
Toutefois, l'élément COMP est un élément fonctionnel comme l'élément I de la flexion. Or, pourquoi ne pas postuler qu'il puisse se projeter à l'instar de I ? Dans ce cas, la subordonnée serait la projection maximale de COMP, ce que l'on peut formuler de la façon suivante:
COMP'' -> spécifieur COMP'
COMP' -> COMP P
Le problème qui se pose concerne le spécifieur, et l'on tâchera de s'interroger sur ce qui peut se trouver dans la position du spécifieur de COMP.
1- Dans la phrase "L'homme à qui que j'ai dit ça", où est le relatif ?
2- Dans la phrase "On se demande c'est à quoi ça leur a servi ?", où est le Président ?
3- Peut-on parler de "L'endroit où que je travaille" sans sentir mauvais des aisselles ?
4- Si je dis "Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts", quelle est la propriété matrice du spécifieur ?
5- Puis-je utiliser un complémenteur secondaire dans la phrase "Il est parti à la plage et m'a ramené des coquillages alors que j'avais demandé une petite fille" ?
6- Je prends un COMP' et un COMP'' a la mercerie. Je perds un P' en route. Dois-je revoir le prix de mes organes ?
Un voyage autour du monde sera offert aux 5938 premiers gagnants.
Les autres se contenteront d'une paire de chausse trop grande, et moche, en plus.
