Lundi 15 Juin 2009
La terreur du mini-short
Depuis l’avènement du droit de la femme à manier le gourdin afin qu’elle aille faire les courses sans l’aide de son mari, que l’on pourrait situer aux alentours du 6 ou 7 juillet – 50.607, il n’est arrivé que deux grandes catastrophes en France. La première fut l’instauration Souveraine d’un lent et cruel génocide gallinacé lorsque Henri IV, nommé ainsi en hommage à Alien IV (ce qui aboutit d’ailleurs à un amusant fait-divers historique puisque Ravaillac, célèbre cinéphile anachronique, occit maladroitement le Roy en voulant vérifier la légitimité du suffixe « Ressurection » ), décréta obligatoire la dégustation dominicale de la poule au pot. La seconde fut le récent avènement des mini-shorts dans notre beau royaume de France.
Faut-il porter le mini-short ?
Oui. Il faut porter le mini-short. A la poubelle. Au plus vite. D’aucuns magazines féminins, dont les préoccupations sont rarement en dessous de la bourse d'une locataire permanente à Bervely Hills et rarement au dessus du 40, galvaudèrent le mini-short comme une nouvelle émancipation de la femme, la rendant à la fois sexy et masculine, fine mais déterminée, séduisante mais ferme. Bien sûr, les hommes, je veux dire les vrais hommes, ceux qui ont du goût et qui savent que Megan Fox n’est jamais qu’un pot de maquillage qui a muté à partir d’une Polly Pocket radioactive, se la fendent grave.
Le mini-short ne tue pas l’amour. Il le surprend par derrière et lui flanque un coup sur la tête avec l’intégrale de Tolstoï reliure cuir (pour ceux qui ne sauraient pas trop à quoi ça ressemble, disons que ça s’apparente vaguement au « ouille »). Le mini-short est hypocrite et sournois. Le mini-short est contre la paix entre les Hommes. Le mini-short viole des enfants. Le mini-short tue.
Il faudrait n’avoir jamais été au gré des vents d’été sur les places tranquilles où l’on n’entend que le petit vent filer entre les feuilles des arbres secs. Allongé sur un petit oasis d’ombre, un vieux chat ronfle. Il fait un temps léger, la chaleur envahit les cœurs, la vie parait être une danse heureuse. Deux jeunes filles arrivent. La première, gracile et belle, s’émerveille devant les oiseaux qui s’effraient, car le chat commence à gargouiller un peu trop. Elle est discrète. Dans son regard, bleu comme le ciel, on sent tout le bonheur d’exister et de croquer la vie avant qu’elle ne se réveille et ne reprenne ses droits. Cette fille est heureuse. Elle porte une jupe courte.
L’autre ne marche pas droit, son mini-short la serre d’un peu trop près. Trop occupée à faire en sorte de ne pas s’emmêler les jambes, elle râle et peste comme une mouette affolée. Dans sa hâte, elle marche sur le vieux chat qui, terrifié, lui lacère les jambes, jambes que le mini-short devait pourtant embellir. Elle est sale. Elle est triste. Elle aurait dû écouter sa mère et continuer sa collection d’étiquettes de yaourt.
Ne tirons point de jugement de valeur trop hâtifs de cette histoire, mais retenons ceci : porter une jupe ou un short est plus qu’un jugement esthétique. C’est d’abord le choix d’un mode de vie, même chez les hommes. Surtout chez les hommes.
PS: Cet article n'était pas pour le blog à l'origine, je tiens donc à vous présenter mes excuses pour la carence exceptionnelle en blagues xénophobe sur la Pologne.

Dimeckghione: Je suis assez d'accord dans le fond (le faux problème du string qui sort du pantalon, c'est pas forcément que c'est un appel au viol - pour moi en tout cas, ça ne l'est pas, les profs que j'ai eu au collège privé pourraient te donner un autre avis - mais c'est une impardonnable faute de goût)
Gefgui: Toi aussi, témoigne !
GX-3: Au moins, ça permet de trier les filles assez vite. C'est rigolo, ça permet de faire de vrais préjugés en peu de temps !
Very:
Vince: nope
C'est marrant, je voyais pas les mini-shorts comme çà... j'essaiera de regarder plus attentivement !
C'est tellement beau, tellement vrai
Celles-ci portent avec plus ou moins d'élégance (rappelons que, si toute chose est relative, la notion d'esthétisme est ici proche du médiocre) des colifichets, des bouts de tissus, et un kilo sept cent grammes de fer blanc à chaque oreilles/poignets/doigts. Des jolis trucs qui font ding ding et parfois dingding dong Aïe putainmerdefaitchiersamèredansl'oeil.
Oui le mini-short est une plaie.
Nous (moi, mais soyons Delonlien), gardien de le vertu et des enfers, sentinelles de la probité et du maquillage outrancier, oui nous (moi, mais soyons Hugolien), assistant d'éducation à la tâche ingrate, fidèle fat des légions infernales de la vie scolaire, nous témoignons de la douloureuse existence du mini-short.
Et du sentiment terrible des flétrissures qu'ils ne manquent pas de laisser dans l'imagination fertile et précoce des pré-pubères de sexe mâle.
Le mini-short est le plus court chemin vers la vulgarité. Après le string d'apparat des princesses de 4-ème Techno city...
Merci Myth d'apporter votre éclairage en expert très éclairé. On se sent moins seul.
A vos mètres de couturière !