Dimanche 06 Décembre 2009
Quelques vérités sur les colloques que tout le monde connait mais dont personne ne parle

Ce qui est valable pour les colloques l’est aussi pour n’importe quelle soirée-conférence-débat. Toi qui va bientôt entrer au collège et qui, donc, par voie de conséquence, risque d’en avoir dans l’assiette jusqu’à ce que la mort vous sépare, tiens-toi prêt.

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La fonction première de l’échange des cartes de visite est de pécho à la sortie
« J’aime beaucoup ce que vous faites, j’aimerais vous parler d’un projet que nous développons en interne et voir si nos services peuvent collaborer » n’est jamais qu’une version romancée de « Ingrid, quand tu vas au cinéma... »

L’auditoire ressemble généralement beaucoup trop à une classe de CM2
Ca bavarde dans tous les coins, ça fait du bruit quand ça se déplace, ça va aux toilettes pour un oui ou pour un non, bref, c’est n’importe quoi. Même sur l’estrade. Surtout sur l’estrade.

Rien ne vaut les têtes d’affiche
Quand le micro est dans les mails de Jean-Marie Trucker, secrétaire général du comité de développement des transports en commun, on s’en touche une sans faire bouger l’autre. Par contre, quand c’est Rama Yade qui parle, même les mouches arrêtent de péter. Etonnant, non ?

Par essence, un colloque est infiniment plus geek que le Comicon
Réserver, pour allant de deux jours à une semaine, une salle généralement pas piquée des hannetons pour discuter et débattre de sujets aussi ouverts à tous que « l’influence des shareholders européens dans l’innovation bancaire à l’horizon 2025 » ou « démocratie participative : sociologie à grande échelle du modèle kunduri », si c’est pas la finalité du geek, je me demande ce que c’est.

Toute occasion de faire la teuf est bonne à prendre
Un colloque peut facilement s’étaler sur au moins deux jours. Ce serait si bête de ne pas profiter de cette occasion pour découvrir la ville et apprendre à mieux se connaitre !

Il y a toujours un crétin qui pose une question débile
Sociologiquement, la question stupide posée par un éminent membre du public a deux fonctions bien distinctes selon sa localisation dans le débat, selon qu’elle soit posée dans les premières questions ou à la fin (les statistiques montrent qu’une question bête posée au milieu de questions qui font au moins semblant d’être intelligentes finit par se dissoudre et par être oubliée avant même que l’on ait fini d’y répondre).

Posée au début, généralement dans les trois premières questions, elle fera vaguement sourire et mettra dans le bain (ce n'est malheureusement qu'une image). Posée à la fin, elle appellera une argumentation longue et dure de la part du seul intervenant qui prévoit d’emménager sur l’estrade. Heureusement, comme les règles draconiennes régissant le contrat social de la classe de CM2 n’ont pas cours pendant les discussions, tout le monde peut partir la tête haute, même sans savoir si, oui ou non, la nouvelle norme ISO0608 portant sur les véhicules lourds risquerait d’aller, à terme, à l’encontre de la législation soudanaise.

Le monde attend les trolls
Ne nous voilons pas la face, les questions du public ne sont jamais qu’une ultime tentative de lancer un débat stérile et perdu d’avance pour peu que ça n’ait pas pris pendant la discussion prévue à cet effet. D’ailleurs, lorsqu’un débat stérile et perdu d’avance survient au cours des discussions, le public n’a généralement pas le temps d’en placer une. Par contre, il applaudit beaucoup, et glousse encore plus. Le public est une chienne.

S’il n’y a pas de ring sur l’estrade, c’est parce que le sang tåche et rend les moquettes irrécupérables.
Derrière le chic et le formalisme des intervenants se cache toujours une hargne féroce, une énergie bouillonnante prête à faire sauter la marmite de la bienséance n’importe quand pour peu qu’une idée soit offensée ! Heureusement qu’à chaque table ronde siège un modérateur, vénérable sage capable d’apaiser les tensions d’une phrase paternelle, rassurante mais non moins persuasive, comme « Je vous en prie, recentrons le débat. Bon. Mr. Y, si je retranscris bien les paroles de Mr. V, vous êtes quand même un gros connard. Que souhaiteriez-vous lui répondre ? »*

Quoiqu’il arrive, ça atterrira sur Internet
Sur Internet… que dis-je ! Si Facebook semble fièrement s’auto-congratuler d’avoir permis à tout un chacun de voir après coup son voisin en train de faire des bêtises avec trois grammes de sang par litre d’alcool, les colloques permettent de lire celles qu’ils ont dites. Le dispositif s’appelle « actes de colloque ». C’est aussi pompeux qu’un Shadok, mais c’est finalement ni plus ni moins qu’un log MSN qui a réussi (comme quoi ce n’est pas parce qu’il y a des smileys que c’est forcément trop génial). Le problème, c’est que si vous êtes plein comme un hamster à hélium, personne ne sera là pour vous disculper. L’avantage, c’est que personne ne lit les actes du colloque.

Personne ne lit les actes du colloque
Je me répète parce que je sais que mamie surveille ce que j'écris et qu'elle a du mal avec les petits caractères


* Je crois que cette phrase a été déposée par Nicolas Demorand, mais je ne suis plus très sûr, tout à coup…
Posté à
16:33
 par Myth -

8. Ethaniel à 15:06 08/12/2009 -
\o/

Myth, j’veux faire des bébés lamas avec toi !

7. Myth à 12:44 08/12/2009 -
Spéciale dédicace !

6. Ethaniel à 09:34 08/12/2009 -
./3 > Ah tiens, je croyais que c’était toi…

En tout cas, c’est un yAronaute, j’en suis à peu près sûr.



./4 > Bien vu, je note !



./5 > C’est pas mal, mais pas assez funky : je te conseille plutôt « tåche », ça en jette plus.

5. Myth à 16:38 07/12/2009 -
C'est mieux, là ? :o

4. Nil à 11:14 07/12/2009 -
Moi je me souviens de tâche = travail avec taSk en anglais. Enfin, je dis ça...

3. Sally à 01:07 07/12/2009 -
Je n'ai rien à voir avec ça %) . Le seul moyen mnémotechnique que je connais, c'est le chapeau de la cime est tombé dans l'abîme

2. Grain à 21:13 06/12/2009 -
Oh que j'ai ri !!!

1. Ethaniel à 21:00 06/12/2009 -
Le sang ne tâche pas (de bien se tenir), mais il tache (les moquettes).

Moyen mnémotechnique (de Sally, je crois bien) : grâce à son chapeau protecteur, la tâche reste propre et peut continuer à travailler, alors que la tache, dépourvue de ce chapeau, se prend toutes les salissures sur la tête et devient toute crade, d’où tâche = travail et tache = saleté.

C’était la minute orthographique, merci de votre attention :p  !

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