Alors fatalement dans ces conditions la majeure partie du travail d'un pays risque d'être victime d'illusions,
Non.
Tu fais trop de relativisme.
L'illusion potentielle sur un produit matériel n'est pas du tout égale à l'illusion potentielle sur un service, une abstraction.
C'est évident par simple bon sens, mais ça peut se mettre aussi en évidence expérimentalement : parce que les objets matériels ont une *valeur* sur un *marché* international.
Oui enfin c'est uniquement à cause de fraudes comptables : c'est certain qu'avec peu de transparence et de contrôles il y a un risque que des chiffres qui promettent des lendemains qui chantent n'existent pas en réalité.
Faux, archifaux !
C'est le discours de Sarkozy et Merkel ("le seul problème du système est la transparence, si on rajoute la transparence tout fonctionnera de manière juste et bonne"), et ces deux oiseaux n'ont rien compris à la structure du système.
Certes, les fraudes existent, mais ce n'est pas le fond du problème. C'est un à côté.
Mais je ne vois absolument pas pourquoi un secteur des services correctement contrôlé serait sujet à ce genre de choses...
La bulle internet, ce n'était pas de la fraude. C'était simplement que les services internet valent infiniment moins que le montant auquel ils étaient estimés.
Mais il est presque certain que tout est encore très surévalué.
Autre exemple, le travail fourni par la somme d'un législateur américain qui laisse des bugs dans la législation, et d'un avocat affairiste qui exploite ces bugs, s'apparente à celui de deux hommes payés pour creuser un trou et le reboucher : c'est un travail strictement improductif, qui consomme de la richesse. C'est pourtant pas bien compliqué.
Mais effectivement, la grande majorité de ces services n'est pas directement exportée ; ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas utile aux exportations en question. De même que la production domestique de voitures n'est pas exportée, ça ne veut pas dire qu'elle est inutile.
Non non non, ce "de même" est faux. Je n'ai pas parlé d'exportation mais de marché !
Toutes les voitures du monde font partie d'un même marché, même si elles ne changent pas de pays. Il y a donc une réelle confrontation de leurs valeurs à l'échelle internationale. Ce n'est pas le cas des services.
Une BMW allemande a une valeur pour moi, même si elle ne quitte pas son pays. Ce n'est pas le cas pour le travail fourni par un gardien de ghetto de vieux riches outre-Atlantique.