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veryOn the 2009-01-12 at 02:53pm
Nil (./43) :
les romains et les grecs n'avaient pas à se poser un grand nombre de questions vitales, ils avaient les esclaves pour tout le reste.


La guerre et la politique, ça occupe quand même. Ils avaient besoin de stratèges, de fonctionnaires et de guerriers compétant.

Je ne suis pas en opposition complète à ton explication, mais ça me semble très incomplet, quand même...
Moi j'ai plutôt l'impression que les "quelques vagues où certains ont accédé à certains pouvoirs" correspondent à des époques culturelles riches et créatives. (par ce que la bourgeoisie qui se branle sur elle-même, au bout d'un moment c'est un peu sclérosé... Et les nouveaux savoirs entrainent de nouveaux pouvoirs..)
L'histoire de France est remplie d'intellectuels ou dirigeants qui venaient de milieux authentiquement populaires. De Napoléon à des auteurs de la french theory.

Je ne veux pas défendre l'Ancien Régime, où effectivement, ça marchait un peu comme tu le décris. Mais il y a eu autre chose après quand même. Il y a eu une école républicaine qui a (aussi, je ne remets pas en cause la reproduction sociale par l'école...) amené quelques modestes au sommet de la culture. Il y a eu une époque où on valorisait le savoir, où l'école était une chance et la réussite scolaire un idéal. Où les classes populaires y croyaient, en tout cas plus qu'aujourd'hui. Le fameux "ascenseur social".
Ces époques, je t'invite à la vérifier, avaient une idée absolument culturelle de l'éducation. (puisque ça s'appelait comme ça). A l'opposé de la notre.
Et ça n'empêchait pas du tout de former de bon techniciens: t'arrêtais l'école à 12 ans, plus alphabétisé qu'aujourd'hui les élèves de 18, et un apprentissage concret auprès de professionnels faisait bien souvent le reste. Mieux que les CAP/BEP d'aujourd'hui...
Ou, sur certains métiers plus compliqués, on se spécialisait (savoir technique) *après* la culture générale (et sans tout à fait la laisser tomber personnellement). A l'école de la guerre, à la fac de médecine, dans les grandes écoles...

Pour les diplômes: disons que depuis le mouvement moderne (après 1789 ), ça sert à la fois de légitimation formelle pour les fils des héritiers et d'opportunité pour les gens d'origine modeste. C'est une sorte de compromis historique. Pendant une bonne période, bon diplôme => assez cultivé. (même s'il y a toujours quelques cultivés pas diplômés du tout. ). C'est de moins en moins le cas. L'abrutissement de la société atteint l'élite. ça va surement nous donner un phénomène historique intéressant et inédit...

Bref, pour le coup, je trouve que t'as une vision binaire, un peu désespérante à tout dire, où la culture est seule possible dans les classes rentières. L'ancien monde contre le nouveau progressiste, qui doit se contenter de faire monter un pas aux gueux dans la pyramide des besoins...

J'ai de nombreux contre-exemples en tête, non seulement dans l'histoire de France, mais, par exemple, dans l'URSS. ( système qui donnait une proportion absolument incroyable de gens lettrés et cultivés sans remplir tout à fait les premières marches de la pyramide. En ce sens, nos quasi-totalitarismes proto-orweliens ont bien plus d'avenir que ne l'avait l'URSS...)