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NhutLe 14/09/2012 à 00:39
pal0uf (./2465) :
Et c'est vachement plus facile d'essayer les isomères (et les molécules très proches) que de se lancer dans la recherche d'une nouvelle molécule qui risque d'être moins efficace que la première.


J'ai ressorti mon cours de chimie pharmaceutique pour te répondre.

Comment découvre-t-on de nouveaux médicaments?

1) les découvertes accidentelles. Exemple: la pénicilline. Un pur coup de chatte. Il ne restait au scientifique qu'à interpréter et exploiter intelligemment son observation. De nos jours il n'y en a plus beaucoup.

2) le screening à l'aveuglette. On synthétise des molécules plic-ploc, presque au hasard et on fait des tests avec pour voir quel effet ça produit. Peu rentable parce qu'il faut faire blindé de tests sur plein de molécules différentes sans savoir s'il y en a une seule intéressante dans le lot. On peut aussi utiliser la synthèse organique combinatoire, qui consiste à dessiner des molécules suivant une certaine ligne directrice. Ensuite les tester. Puis "améliorer" les molécules qui ont du potentiel. Intéressant comme approche, mais insuffisante seule.

3) extraction à partir de sources naturelles. On arrive facilement à purifier des molécules médicamenteuses à partir de plantes et à les modifier pour améliorer leur efficacité. Le problème c'est que pour découvrir de nouveaux médicaments extraits de plantes (ou d'insectes, poissons, mammifères et autres marsupiaux), il faut tester masse de plantes différentes, isoler la (les) molécule(s) responsables de l'effet pharmaceutique, puis ensuite reconduire d'autres tests d'efficacité, de tolérance, etc. dessus.

4) modification de médicaments déjà connus. La plus simple et la plus sûre méthode de créer de nouveaux médicaments. Marcher lentement en tâtonnant c'est la façon la plus sûre d'avancer dans une pièce sombre sans se viander.

Tu comprends donc pourquoi la science pharmaceutique n'avance que lentement.