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NilLe 14/02/2017 à 21:06
Pen^2 (./2107) :
Tu as vraiment l'impression que la catégorisation à outrance via tous ces néologismes va dans le bon sens ? Il me semble que ça finit plutôt par enfermer.
Je pense que c'est moins une volonté de catégorisation qu'un besoin d'avoir un mot pour exprimer ce qu'on est de façon sociale. Parce qu'il manque cet intermédiaire pour parler de soi.
Concrètement, jusqu'à ce qu'on se mette à parler de genre, on parlait d'une part de sexe (au sens biologique) et, d'autre part, de sexualité. Or le genre n'est pas la sexualité.
Je prends un exemple tout bête : un homme qui se sent femme (soit de façon continue, soit de façon "fluide"). Socialement, il était alors catégorisé comme "homosexuel". Sauf qu'il se sent femme, mais n'est pas attiré par les hommes. Du coup, on fait quoi, on l'appelle "lesbien" ?
En réalité, son phénotype/sexe sera homme, son genre sera femme (ou fluide en fonction des cas), et son orientation sexuelle sera "attiré par les femmes" (et oui, il est possible qu'une telle personne puisse aussi - mais ce n'est pas une généralité - être attiré par les personne de genre féminin mais de sexe masculin, ou tout simplement par ce qu'on appelle les "femmes cis" [cis voulant juste dire "dont le genre correspond au sexe biologique"]). C'est d'ailleurs aussi pour ça que les mêmes groupes de personnes parlent (outre d'homo/hétéro/bisexualité) d'autres formes de sexualité, comme la sapiosexualité, l'asexualité, la pansexualité, etc.

Folco (./2110) :
Alors autre question, à quoi sert de parler de genre ? Surtout quand on s'en invente un basé sur un concept qu'on réprouve, comme le souligne Meowcate ? Pourquoi ne pas juste ignorer, à titre personnel, ce qui peut avoir une importance pour d'autre ? Pourquoi chercher à imposer la vision qu'on a de soi-même à d'autres ?
Hm, je ne vois pas vraiment ça comme une façon d'imposer, mais d'élargir. Les personnes qui sont "cis" peuvent toujours être de sexe et de genre masculin (ou féminin suivant les cas) ; on continuera à les appeler "homme" ou "femme", c'est tout. On ne les oblige à rien...

Après, il faut juste voir que le coeur de la chose n'est ni plus ni moins que d'avoir envie d'être socialement ce qu'on sent (et je parle bien de genre - et éventuellement d'orientation sexuelle - et pas du tout de pratiques sexuelles qui, pour le coup, ont toute leur place dans l'intimité des alcôves).

Je voulais le faire en MP, mais du coup je le fais en public : je voulais vraiment (mais alors très très sincèrement) vous remercier (en particulier Folco et Pen^2) pour cet échange. Je sais que ça ne correspond pas forcément à votre façon de voir les choses, mais ça fait sacrément du bien de pouvoir répondre à des questions simples, sans qu'elles soient bourrées de sous-entendus ou de méchanceté. Vraiment un très grand merci pour ça.