Nhut (./3306) :
Sympa de voir que dans ton argumentaire, les Belges et les Suisses ne parlent pas français. Et dans une moindre mesure, les Luxembourgeois, les Marocains et autres régions limitrophes.
Tu n'as pas lu ce que j'avais écrit... j'ai dit qu'il n'y avait pas beaucoup d'échanges (et, quelque part, c'est une force). Il y a un cinéma belge, un cinéma suisse, un cinéma canadien, et il y a des chaînes télévisées qui ont des programmes originaux, avec des présentateurs de chacun des pays. Avec le Canada, il y a même un doublage différent CA/FR. Du coup, chaque pays conserve de façon forte ses accents, ses expressions, ses spécificités. -- et c'est évidemment vrai aussi pour les pays francophones d'Afrique, qu'ils soient du Maghreb ou d'Afrique Subsaharienne.
Dans le monde anglophone, il y a un cinéma US qui inonde tout, qui préfère retourner les films étrangers (même UK) avec des acteurs locaux, ou qui utilise des acteurs du monde entier mais dans un cadre linguistique réduit ou caricatural.
Du coup, fatalement, la vie linguistique de chacune de ces langues évolue différemment. L'anglais se dilue relativement rapidement (même les anglais adoptent "color" au lieu de "colour", par exemple), là où chaque variante du français est très forte localement (parce qu'il y a des politiques linguistiques protectionnistes). C'est aussi parce que l'OIF est moins un organisme de régulation qu'un organisme de partage (et je ne suis même pas certain qu'il existe un organisme équivalent pour le monde anglophone).
Donc tu te méprends dans la lecture que tu fais de mon propos, je ne considère pas que la France ait une position hégémonique mais au contraire que chaque pays francophone ait su ancrer son expression du français dans sa propre histoire, avec ses propres caractéristiques, parce que lesdits pays ont réussi à avoir mon gré mal gré des politiques culturelles linguistiques fortes.