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Kevin KoflerLe 04/04/2018 à 11:13
Comme déjà dit, il y a deux modèles de privatisation, dont aucun ne fonctionne vraiment:

1. Le modèle "libre accès", utilisé par exemple en Autriche. Dans ce modèle, l'entreprise privée peut choisir une relation qu'elle veut desservir, et en fonction des capacités disponibles, on lui permet de desservir la relation. Dans ce modèle, il peut y avoir concurrence entre plusieurs opérateurs sur une seule et même ligne. Du coup, c'est le seul modèle où le voyageur peut vraiment profiter des avantages de la privatisation, notamment, de pouvoir choisir l'opérateur le moins cher ou le "meilleur" opérateur selon ses préférences personnelles. (Et pour être honnête, je ne suis certes pas un ami de la privatisation par principe, mais quand j'ai le choix entre un train privé WESTbahn qui part de la gare la plus proche de chez moi et qui coûte la moitié et un train public ÖBB plus cher et où je dois faire 4 arrêts de métro de ma gare à sa gare de départ, je choisis WESTbahn sans hésiter, désolé.) Mais ce modèle a un énorme défaut: il ne fonctionne que pour les relations principales, les plus profitables! En Autriche, WESTbahn ne dessert que Vienne-Linz-Salzburg. Aucune autre relation à l'intérieur de l'Autriche n'est desservie par des privés sous ce modèle à l'heure actuelle. Comme relation internationale, il y a Vienne-Brno-Prague (RegioJet), qui n'est clairement profitable qu'à cause du morceau Brno-Prague (qui était le seul au départ, ils ont prolongé certains trains vers Vienne et d'autres vers Bratislava avec le dernier changement des horaires de trains en Décembre dernier). Donc on n'obtiendra jamais une privatisation réelle avec ce modèle, et il peut piquer des voyageurs à l'entreprise publique sur les quelques routes profitables (même si l'offre supplémentaire apporte aussi de nouveaux voyageurs qui ne prenaient pas le train auparavant) et donc la rendre (plus) déficitaire.

2. Le modèle "appel d'offres", utilisé par exemple au Royaume-Uni. Dans ce modèle, pour chaque route à desservir, l'État lance un appel d'offres et donne la route au gagnant. Cela permet certes de desservir toutes les relations, pas seulement les principales. Mais le gros défaut de ce modèle est qu'il n'apporte pas le moindre avantage au voyageur, au contraire! Il reste un monopole sur une route donnée, et ce monopole est privé, ce qui donne généralement des prix plus élevés (parce que les privés ne baissent les prix que s'il y a de la concurrence) et une moins bonne qualité du service. Choisir de voyager avec une autre compagnie n'est possible que s'il existe une route alternative vers la destination, et la situation sur l'autre route ne sera pas meilleure, à moins que la destination commune ne soit suffisamment populaire et les routes suffisamment comparables pour qu'on puisse parler de concurrence. Du coup, je ne comprends absolument pas l'intérêt d'une privatisation comme ça.