Bovido (./31605) :
Hum, je ne vois pas exactement la corrélation entre le passage à l'endogamie et l'(in)égalité.
Ce qui caractérise le système anomique c'est surtout qu'il est déréglé : les contraintes anthropologiques sont faibles. Donc il ne peut guère y avoir d'impératif exogame, pas plus qu'il ne peut y avoir d'impératif égalitaire, ou inégalitaire.
Tu veux dire que les sociétés anomiques, qui sont endogames, sont théoriquement moralement exogames, mais donc sans l'être de fait ?
L'endogamie est une conséquence du relâchement du tabou de l'inceste, plutôt qu'un idéal positif (comme dans la famille arabe où le mariage des cousins est un idéal.)
L'auto-destruction (?) des Mayas est-elle aussi dûe à son « anomisme » ?
Autres exemples :
Le glorieux empire aztèque est anéanti par une poignée d'espagnols. Le royaume javanais s'effondre brutalement et sans retour en 928, pour des raisons mystérieuses. Le puissant cambodge du Xième et XIIIième siècle est digéré par les vietnamiens et les thaïs.
Tout cela parce que :
- le despotisme est le résultat mécanique de l'atomisation de la société, où les groupes sont repliés les uns sur les autres par la dynamique endogame.
- Mais ce despotisme ne correspond pas, comme en Europe, à une mentalité autoritaire présente dans la tête des gens. Donc l'état autoritaire est fragile, s'il est ébranlé par un choc extérieur il peut fort bien s'effondrer.
Mais attention à ne pas confondre cette fragilité des despotismes antiques avec les idéologies récentes (génocide cambodgien, massacres anticommunistes indonésiens, etc...) qui sont un phénomène de la modernité.
Je ne voudrais pas dire de bêtises, mais la polygynie de certaines sociétés a-t-elle un quelconque rapport avec ce système ?
Non, pas de rapport. Les systèmes polygames sont fortement structurés.