Fukuyama on s'était bien foutu de sa gueule au moment de sa "fin de l'histoire", mais pourant il avait pas tout à fait tort. Il y a bien un triomphe mondial de la démocratie libérale (bon enfin ptet pas dans le sens étroit de notre démocratie libérale post moderne, mais une victoire globale de la souveraineté des nations, de l'individualisme, de l'égalité devant la loi, de l'économie capitaliste). Conjugué au fait que (grosso modo) les démocraties ne font pas la guerre, on aboutit ptet pas à la fin de l'histoire mais au moins à un apaisement remarquable. (comparer la brutalité de l'armée russe en Géorgie avec la première guerre d'Afghanistan, ou celle de Tchétchénie..)
Par contre là où il se plante c'est qu'il a du mal à digérer que l'émergence tout partout d'idées "démocratiques" (ou proto-démocratique, soyons honnête) ôte à l'Amérique son rôle de champion de démocratie. Certes il voit bien que "We are certainly moving into (..) a "post-American" world", et il admet parfaitement que "democracy and capitalism still ("désormais" serait plus juste) have no real competitors", mais il s'imagine à tort que Russie, Venezuela, Iran deviennent des gros vilains autoritaires parce qu'ils sont anti américains, alors qu'en réalité il sont anti américains *et* sur la voie de la démocratie, parce que l'Amérique n'est plus l'unique référence démocratique. (Le Venezuela est gouverné par une sorte de Bonaparte socialiste qui correspond sur le terrain à une émancipation populaire et égalitaire, la Russie a trouvé une espèce de de Gaulle qui ne semble pas plus avoir envie de monter une dictature que le nôtre, quand à l'Iran ça ne ressemble à rien qu'on n'ait connu, mais leur révolution porte paradoxalement en germe l'émancipation des hommes... et des femmes.)
C'est surtout la Chine, la grande énigme.
http://www.236.com/news/2008/08/22/meanwhile_hillary_would_still_8433.php