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ThibautLe 06/12/2003 à 13:54
1. Éclatement des diplômes

La réforme LMD est en cours d'application dans les universités. Elle institue trois grands diplômes, dans le cadre d'une harmonisation européenne : Licence (bac +3), Master (bac + 5), Doctorat (bac + 8). Le but : faciliter la mobilité des étudiants d'une fac à l'autre dans les pays de l'Union. Mais cette réforme, adoptée par Jack Lang en avril 2002 dans la précipitation et sans garde-fous (le contenu de ces diplômes n'est même pas défini), donne l'occasion à Luc Ferry de désagréger l'enseignement supérieur et raboter les droits des étudiants :

- disparition du caractère national des diplômes, les facs décideront elles-mêmes de leur contenu : marketing, concurrence entre les universités ;
- les diplômes s'accompagneront d'une « annexe descriptive » donnant des renseignements sur la scolarité de l'étudiant (notes, redoublements, évaluation de stages) : diminution de la valeur intrinsèque d'un diplôme, flicage des étudiants ;
- après la licence, l'entrée en master sera soumise à l'appréciation d'un jury : sélection après la troisième année d'études ;
- disparition des règles nationales précisant les modalités d'obtention d'un diplôme : certaines facs, pour gagner du temps et simplifier les évaluations, supprimeront la complémentarité des notes, l'anonymat des copies, la session de rattrapage de septembre, introduiront la sélection par semestre ;
- mystère sur l'avenir des DEUG (bac + 2), maîtrise (bac + 4) et DESS (bac + 5): s'ils disparaissent, « rigidification » de la durée des études universitaires possibles.


2. Universités gérées comme des PME

Voici le contenu provisoire de l'avant-projet de loi de modernisation des universités, que Ferry aimerait présenter à l'Assemblée nationale en juin 2004 :

- création à la tête de chaque université d'un conseil d'orientation stratégique (COS), composé de « personnalités extérieures » (patrons) : les entrepreneurs locaux supprimeront les crédits des labos de recherche en sociologie, au profit de centres R&D (recherche et développement) sur les nouvelles technologies ;
- création d'établissements publics de coopération universitaire (EPCU) afin de regrouper les petites facs sous l'égide des grosses : concentration, désertification du territoire, réduction de l'offre de formation pour les étudiants.
- extension du statut d' « université de technologie » (qui autorise les établissements formant des ingénieurs à faire des sélections à l'entrée) : multiplication des facs fermées, comme Paris IX Dauphine (spécialisée en économie-gestion, n'accepte que les bons élèves) ;
- suppression de l'obligation d'élire le président de l'université parmi les enseignants-chercheurs permanents de la fac : le président pourra être un chercheur du privé ;
- globalisation du budget des universités : elles pourront décider de réduire les crédits destinés au personnel (profs, administratifs) pour, à la place, organiser des conférences avec des experts du privé, par exemple ;
- création de conventions de coopération et de partenariats avec les collectivités territoriales : les facs privilégieront les formations correspondant aux besoins des entreprises locales, au détriment des filières non rentables (lettres et sciences humaines).

Charlie Hebdo du 26 Novembre

Sachant cela, le texte qu'on nous a distribué ne me paraît pas faux...