ZerosquareLe 11/05/2026 à 07:30
Les marchés publics viciés de McKinsey
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Tout d’abord, la Commission regrette que le ministère n’ait procédé à aucune mise en concurrence. Il a choisi McKinsey sans consulter d’autres cabinets de conseil. Pire, la Commission relève que le marché public n’a en réalité aucune limite de prix. Un devis d’un million de Franc est bien prévu, mais des mentions légales précisent qu’il n’est pas contractuel et est seulement indicatif. McKinsey facturera à la fin du marché le montant qu’il veut.
Le conseiller référendaire qui a réalisé le rapport préparant la décision de la Commission n’y va pas de la main morte. Il écrit que « Une telle situation n’est absolument pas admissible sur le plan des principes de la réglementation des marchés publics. » Il poursuit par « D’autre part, elle est en infraction formelle avec les disposition de l’arrêté du 5 juillet 1972 […] ». Plus tard il surenchérit avec « Il résulte des remarques qui précèdent qu’il n’est pas possible de parler de la ‘convenance’ d’un prix qui a été établi en dehors de toute norme comptable, et qui entend conserver ‘flexibilité’ et ‘souplesse’. »
Une mention manuscrite sur la décision de la Commission des marchés d’approvisionnements indique que le Ministère est passé outre cet avis défavorable de la Commission (via une décision du 4 avril 1974).
Autre exemple, dans sa séance du 11 janvier 1974, soit quelques jours avant celle citée supra, la Commission déplorait déjà l’absence de mise en concurrence, l’acceptation des conditions de McKinsey sans aucune négociation, et encore une fois l’absence de prévisibilité du prix du marché. Cette fois-ci, c’était pour un marché du Ministère des postes et télécommunications.
Ces quelques exemples montrent que dans les années 1970 les marchés passés avec McKinsey étaient souvent illégaux. Leurs prix semblent être également très élevés et pas toujours justifiés.
Les conseils hors-sol de McKinsey
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McKinsey prend d’ailleurs l’habitude de formuler des conseils qui pousse au libéralisme. Dans le rapport « Permettre à l’administration centrale de bien gérer le changement » de mars 1973, McKinsey utilise carrément le mot de « défonctionnariser » pour le ministère de l’Éducation Nationale.
Pour évaluer la qualité du travail de McKinsey, l’idéal serait de pouvoir avoir le retour de l’administration qui a payé pour. Sauf que 50 ans après, cela est compliqué…
Par chance, dans les pages du rapport « Adapter les modes de travail de la centrale » pour la Direction générale des postes, des notes manuscrites y sont glissées. Elle sont vraisemblablement écrites par le directeur général en 1973. Les commentaires sont révélateurs.« Voulez-vous lire ce document fruit d’une étude pour laquelle nous avons je crois payé 20 millions. C’est un véritable scandale ! Je suis écœuré de voir un tel cinéma qui ne nous apprend rigoureusement rien ! »
Le constat est cinglant. On semble assister a un énorme gâchis d’argent public avec des rapports inutiles qui coûtent des millions (de Franc à l’époque). Cependant, il faudrait d’autres évaluations objectives pour réellement conclure sur la pertinence des travaux de McKinsey.
