Est-ce maintenant au tour de la France ?Au lieu d'être livrés d'ici fin 2028, les missiles de défense aérienne Patriot n'arriveront en Suisse depuis les États-Unis que cinq à sept ans plus tard. Le ministre de la Défense Martin Pfister (63 ans, Le Centre) souhaite désormais acquérir rapidement un second système de défense. Ce projet est déjà bien avancé : des offres ont été reçues et les experts ont effectué les analyses techniques. « Les évaluations militaires et en matière de politique d'armement concernant les offres fermes reçues sont terminées », indique Kaj-Gunnar Sievert, porte-parole de l'Office fédéral de l'armement (Armasuisse), en réponse à une demande. Le dossier est désormais entre les mains du chef de l'armement, Urs Loher (60 ans), et du chef du département, M. Pfister. Cela signifie que ce dernier devrait prochainement recommander un modèle au Conseil fédéral dans son ensemble et demander l'autorisation d'achat.
Selon M. Sievert, les responsables d'Armasuisse ont recueilli des informations auprès de fabricants en France, en Israël et en Corée du Sud concernant leurs systèmes de défense antimissile. Le porte-parole ne révèle pas quels fournisseurs ont soumis des offres fermes, mais au moins deux systèmes sont en lice. Le financement est prévu via le fonds supplémentaire pour l'armée, doté de 24 milliards de francs, précise M. Sievert.
L'acquisition du système de l'entreprise franco-italienne Eurosam devrait figurer au premier plan. D'une part, parce que le Conseil fédéral a exprimé sa volonté de privilégier désormais l'Europe pour ses achats d'armement. D'autre part, parce que, dans le contexte politique actuel, l'acquisition d'un produit israélien ou sud-coréen ne pourrait se faire sans susciter de vives controverses.
À cela s'ajoute le fait que la Suisse a durablement froissé son voisin français lors du dossier des avions de combat : au lieu du Rafale français, le Conseil fédéral a opté pour le F-35 américain. Avec les conséquences que l'on connaît : le fiasco du prix fixe, les retards de livraison, l'accès des Américains aux données de l'armée suisse ainsi que les nuisances sonores.
Ça prend du temps mais visiblement ça commence à rentrer dans la tête que les Américains ne sont pas fiables
