5683Fermer5685
veryLe 03/02/2009 à 18:59

Or l'adolescence d'aujourd'hui s'étire interminablement, elle sert de modèle à la société tout entière, mais elle obéit à une double injonction, contradictoire. Dans l'euphorie d'un moi grandiose et précocement affirmé, muni de toutes les libertés, l'adolescent peut s'exprimer, s'exposer, afficher seul ou en groupe sa singularité. Mais, dans le même temps, la société lui refuse, et pour longtemps, toute confrontation au réel et au sérieux. Il n'y a même plus de service militaire. La culture adolescente, il y a encore cinquante ans, témoignait d'une extraordinaire gravité. A 33 ans, Malraux avait déjà écrit Les Conquérants, La Voie royale et La Condition humaine. A 27 ans, Camus avait rédigé L'Etranger, Noces, Caligula et Le Mythe de Sisyphe. Au même âge, aujourd'hui, les écrivains nous parlent de leurs problèmes sentimentaux et affectifs. Et les adolescents tuent le temps en écoutant de la musique, en chattant sur Internet, en faisant la fête, bref en mettant en scène leur inutilité spectaculaire. La société appelle les enfants à un développement précoce de leur individualité, mais les scotomise en retardant leur entrée dans le monde de la responsabilité. D'où le développement de pathologies de maîtrise du monde, conséquence de l'hémiplégie qu'on leur impose: anorexie, toxicomanie, conduites à risques, tentatives de suicide. Cette situation où l'on envoie l'énergie de la jeunesse se fracasser contre des murs, s'égarer dans des voies sans issue, s'engluer dans l'épuisement de l'attente est dommageable, aussi, pour toute la société.


y'est bien ce Yonnet. encore un peu et je me remets à lire Le Débat