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veryLe 03/02/2009 à 19:27

L'adolescent, se voyant interdire le monde sérieux (travail, rémunération - d'où installation, appartement, premier enfant) mais étant doté d'un moi grandiose et précocement disponible, est détourné d'un usage utile immédiat des capacités ainsi acquises. Il fait la fête en attendant. Il s'éclate dans ce que j'appelle des conduites d'« épuisement d'attente ». L'adolescence ainsi conçue devrait être la plus brève possible : elle est interminable. Or je remarque que l'idéal social de l'individu performant, c'est celui de quelqu'un qui tel l'adolescent n'a jamais fini de grandir, qui recommence un nouveau métier, se forme, se remet en question, fait table rase de lui-même. L'individu performant, c'est un adulte resté adolescent, qui n'en aurait jamais fini de grandir, auquel la société enjoint de ne pas suturer sa personnalité. D'où l'éclatante et angoissante homologie entre l'adolescence contemporaine et l'idéal de bon fonctionnement de notre société.