HippopotameLe 26/02/2009 à 15:31
Je n’en veux qu’un exemple : en France, aujourd’hui, il vaut en général très nettement mieux comparaître, en terme de peine, pour un meurtre que pour un viol, c’est ainsi (et s’explique notamment par le fait que dans le second cas, la victime est présente pour raconter, avec toute son émotion : comme je le dis souvent aux personnes que je défends, il y a dans ces procès deux grande phase : avant la déposition de la victime, vous êtes déjà en bas d’une montagne; après sa déposition, vous êtes au fond d’un gouffre…), et c’est erroné.
Mais au-delà, je crois que nous jaugeons aussi très mal ce qu’est une pénétration forcée, la marque qu’elle laisse, qui est terrible…
Une chose est certaine : tous les Présidents d’Assises que je connais me confirment que sans les magistrats, les jurés descendraient tous les auteurs de ce type de faits en flamme, et prononceraient probablement le maximum à chaque fois…
J’en connais même un qui a eu à faire à un juré qui votait à chaque tour du délibéré… La peine de mort ! Il lui expliquait que ce n’était plus possible en France, et lui, bourru, qui avait bien vu la cassette de présentation des jurés où on leur explique qu’ils sont libres et décident en conscience, n’en démordait pas : “Ils l’ont dit, je suis libre : à mort !”…
On en revient un peu à la discussion que nous avons eue sur “dépendez les pointeurs” : le crime sexuel est le crime des crimes, à armes égales avec les actes de torture et de barbarie -et dans les deux cas, nous avons affaire à des actes de violence physique lourde, forcément empreinte d’une perversité réelle, dans l’opinion en tout cas; et à la négation de la personne de la victime, qui devient un objet le temps des actes -ce qu’on ne trouve pas dans le meurtre, paradoxalement, même si les conséquences en sont plus radicales.
Un dernier point : pour un viol, j’ai tendance plutôt à essayer de garder un jury… Féminin. Je crois avoir noté, contrairement à ce qu’on pourrait penser, que les femmes sont plus capables de compréhension que les hommes, dans ce type d’affaires (tout étant relatif) : ma théorie est que les hommes, consciemment ou pas, sont les chevaliers de leurs dames, et qu’en rentrant ils doivent pouvoir dire à leur femme à quel point ils la protège… Et donc “cognent” plus, et plus aveuglément, surtout.