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NilLe 06/06/2007 à 21:39
Je ne suis pas certain que ça soit à l'école d'apprendre la lecture rapide (en dehors de la vulgarisation qu'on peut faire et à laquelle j'ai eu droit qui permet d'optimiser sensiblement sa façon de lire). Pour la même raison que ce n'est pas à l'école qu'on apprend à harmoniser dans le style de Bach, à écrire des deux mains en même temps, à courir pour faire un marathon. L'école (à mon sens) à trois objectifs principaux : faire apprendre les bases (mais les bases, ça peut être très large, ça peut être à faire du latin et du grec pour comprendre pourquoi épithète s'écrit ainsi, faire du dessin pour se créer des repères spatiaux, de la musique pour éveiller son oreille...) et faire découvrir des choses afin que l'enfant (enfin, on va dire "l'apprenant" pour faire plus politiquement correct) ait envie de creuser vers ce qui lui plaît. Le troisième objectif est un objectif social (après, il y en a d'autre, ça serait ridicule de réduire l'école à ces simples trois points).
A mon avis, on est typiquement dans le cas du deuxième objectif. On n'a pas fondamentalement besoin de savoir lire sans subvocaliser. Moi-même, qui aime lire, qui lit vite, qui suis plutôt un littéraire dans l'âme (donc qui pourrait très bien figurer dans la liste des "il lit bien on va approfondir avec lui"), je n'ai pas envie de faire ça parce que j'aime goûter les mots et que ça ne m'intéresse pas d'aller plus loin.
Je pense sincèrement qu'avant de vouloir faire ça, il faut donner le goût de la lecture (et du goût à la lecture). Après, si toi, personnellement tu as besoin ou tu as envie d'aller plus loin ou de suivre un autre sentier, libre à toi, mais l'école ne peut pas (directement) tout faire.

Pour en revenir à la subvocalisation, je vais même aller plus loin. Si un lecteur se sent le désir de vocaliser (je connais des gens qui ne savent pas faire autrement, à différents degrés : lèvres qui bougent, murmures, filet sonore, prononciation distincte), qu'il le fasse. Je ne sais plus qui m'avait dit (ou qui j'avais lu) et qui soulignait le fait qu'au Moyen-Âge, la lecture était systématiquement associée à une vocalisation. Ca ne me dérange pas (en dehors du fait qu'il puisse y avoir une légère nuisance sonore), au contraire. Les mots ont un goût, une saveur, qu'il peut-être intéressant de porter en bouche.

Je vais même te dire mieux : quand j'écris, je subvocalise, c'est un fait. Mais il m'arrive de m'arrêter, de relire à voix mi-haute, à voix haute ou même à déclamer. Pourtant ce n'est pas du théâtre, ce n'est pas forcément du dialogue. Mais pour être conscient d'une foultitude de choses, on a parfois besoin de les entendre.

Après, effectivement, si tu as un métier qui t'impose de lire de grandes masses de documents (pour faire des résumés, des notes de synthèse et autres coupes sombres), ça devient un outil qui peut être indispensable. Mais c'est tout.