Bon, il y a trop à lire, et ça tourne toujours en rond de toutes façons ce genre de discussions.
Personellement, je propose une solution très simple pour faire pression tout en évitant l'emmerdement maximum :
Les grêvesites sont dans le devoir, lors d'une grêve, d'annoncer 48h à l'avance et avec exactitude, les perturbations envisagées (c'est clair qu'à Lyon ils ont fait très fort sur ce coup : les métros ont assez bien fonctionné toute la journée, et vers 17h ils ont tout fermé sans avoir prévenu personne, résultat, on a pu aller au boulot, mais pas revenir chez soit, excellent

... sans compter la SNCF qui certifiait la veille qu'il y avait au moins un train qui faisait Genève->Lyon hier soir, alors que finalement il n'y en a pas eu... résultat, plop, j'ai du aller chercher Lise à Genève (enfin, à Bellegarde, il y avait un petit TER qui faisait Genève->Bellegarde).
Si les grêvistes ne sont pas en mesure de préparer leur grêve (ca peut arriver, grêve "spontanée", délais trop courts...), hop un petit service minimum.
Je n'ai absolument rien contre le droit de grêve, au contraire, ce que je trouve anormal, c'est que certaines catégories socio-pro, parce qu'elles ont un moyen de pression supérieur aux autres, aient le droit de se faire entendre et pas les autres... Il faut 1 journée de grêve aux transports en commun pour foutre la merde, il faut au moins 4 jours aux services d'entretient de la ville (d'autant qu'après ça leur retombe dessus non seulement au niveau salarial, mais aussi au niveau du travail, puisque les ordures accumulées, il faut bien les nettoyer, et ça ne se gère pas en heure sup, c'est du boulot supplémentaire en densité de travail).
Ce n'est pas particulièrement contre les grèves que j'en ai, mais contre les inégalités face à la grève. Et quand on dit "on fait grêve pour les autres", je ne suis pas d'accord, c'est un peu facile de décider à la place des autres.
Je vois aussi un autre problème, plus spécifique : le réflexe "grêve", typique à l'éducation nationale, qui ne fait que bloquer les situations.
Je m'explique.
(Petite info, en 1998, l'éducation nationale est, depuis l'éclatement de l'armée rouge, la plus grosse structure d'état en europe (c'est dire !).
Depuis toujours, à l'exception des réformes résultats de mais 68, aucune réforme n'a réussi à passer sans heurts, alors que tout le monde sait qu'une réforme de l'éducation nationale est indispensable.
Pourquoi tant de refus ? C'est assez simple : il y a la peur du changement (qui fait que les syndicats ont parfois des commentaires assez contradictoires d'une réforme sur l'autre), l'importance de ces changements vu la complexité de la structure (quand on est de l'autre côté de la barrière, on se rend compte de beaucoup d'éléments, de l'existence de structures que l'on ne connaît pas...), et surtout un cercle vicieux : les gouvernements successifs savent que de toutes façons les personnels de l'E.N. vont refuser les réformes, donc forcent les adoptions, donc les personnels de l'E.N. font grêve de façon systèmatique, donc les gouvernem... vous saisissez ?
Autre problème que l'on rencontre avec la réforme des I.U.F.M. par exemple : il y a un refus des propositions du gouvernement. Un refus, d'accord, mais de la part de qui ?! Principalement des formateurs et de l'administration. Qu'en pensent les principaux intéressés, à savoir les étudiants ? C'est simple, ils n'en ont rien à faire, parce que de leur point de vue, même si la réforme n'est pas la bonne, à l'heure actuelle ce n'est pas bon non plus.
Et ça, c'est quelque chose qui m'insupporte et qu'on retrouve tout le temps : il y a un manque total de concertation entre les différents acteurs, et quand une discussion s'engage par la force, elle laisse de côté ceux qui n'ont plus d'idéaux (sans se demander pourquoi ces idéaux ont disparu), ceux qui n'ont pas la force de lutter (on ne va pas faire grêve vu les enjeux d'un coucours tel que le CAPES), ceux qui n'ont pas l'intelligence de se renseigner (ben oui, ça n'est pas un réflexe pour tout le monde d'aller à la source et de se renseigner sur les projets de loi - et on n'en a pas toujours ne serait-ce que le temps de s'informer)...
Enfin, j'ai beaucoup dévié, il y aurait fort à dire, mais le "problème" de la grêve n'est pas nouveau, ça fait près d'un siècle que ça dure, et aucune solution viable n'a été trouvée (quoi qu'on en dise, mais j'attend liquid pour son témoignage du Japon où tout paraît si bien à ce niveau ^^)