Second choc : quand j'ai vu les organisations étudiantes défiler contre l'harmonisation des diplômes européens et l'autonomie des universités. Cette mesure offrait à tous de formidables chances sans présenter le moindre inconvénient pour personne.
Ben lui il a loupé un bus... ça pose d'énormes soucis pour les formations diplômantes à Bac+2 qui disparaissent... ceux qui passaient leur DUT/BTS se retrouvaient dans un statut bâtard, à passer un diplôme qui n'avait plus lieu d'exister. Ce n'était pas vraiment la réforme en elle-même (qui a énormément d'avantages) qui était remise en cause, mais bien des particularités.
Secondement, les crispations viennent aussi par un manque de dialogue des deux bords. "Ils me font chier, plutôt que de discuter un compromis, je passe en force" - "Ils nous font chier, plutôt qu'essayer d'ouvrir le dialogue, on va foutre la merde". C'est d'ailleurs ce qui a toujours été reproché à Ferry (avec ses états généraux de l'école lancés après qu'il ait pris ses décisions...).
Ensuite, si je peux trouver une point de vue qui mérite débat sur les trois premières colonnes, il a clairement le type de vision que je n'aime pas, à savoir "on ne peut rien y faire si le monde est ainsi, il faut se laisser porter avec lui et s'adapter au moule". Ce n'est certainement pas comme ça qu'on évolue et qu'on va donner à la France une motricité internationale. A l'heure actuelle, on a perdu toute inventivité. On se calque sans cesse sur des modèles capitalistes (au "faux" sens de capitalistes, càd dans un "capitalisme éclair" où la récupération d'argent sur un courte - un peu comme avant octobre 29, dans un certain sens - prévaut sur l'évolution au long terme [il suffit de voir l'évolution de la durée pendant laquelle une action reste dans le même portefeuille depuis ces 20 dernières années...) on se calque sur ces modèles, donc, sans essayer de proposer une évolution à la française. Résultat, les classes inférieures et moyennes en grande partie (je n'ose parler de majorité, je vais rester prudent) préfèrent rester sur leurs acquis (avec tous les défauts que l'on connaît, on est loin d'avoir un système parfait) que se diriger vers une situation que ne leur serait pas favorable (où au final on reviendrait à parler de "main d'oeuvre" et plus de "membre du personnel").