11954Fermer11956
veryLe 10/04/2009 à 23:04
Yoshi Noir (./11952) :
En clair, il dit qu'il était une cible privilégiée dans un bus de banlieue ce soir-là et c'est tout.

Mais non, entre les lignes, et bien malgré lui, il révèle bien d'autres choses, énormément de choses. La lecture allégorique n'est pourtant pas dure ici. C'est presque une caricature de l'évolution de la société depuis le début du XXém siècle. Cette interview est géniale. Le sens qui s'en dégage est bien plus important qu'un simple fait divers, c'est une métaphore entière de l'époque.

Ce type, c'est celui qui consent à se faire égorger en pardonnant ses (pauvres victimes d') agresseurs d'avance, qui s'empresse de ne vouloir rien signifier, de n'être rien et de n'identifier les autres à rien, de s'identifier au néant. Mais en bonne caricature de moderne maternisé, il va voir un psy* deux jours après. Il ne faut pas se défendre ou du moins ne pas avoir un comportement de fiotte quand on se fait agresser: la bonne solution, c'est de se laisser faire, puis aller voir la police et le psy. Et puis pourquoi pas réclamer plus d'aides sociales et d'intégration, parce que si ces pauvres types en étaient réduis à faire ça c'est parce qu'on les a pas assez aidé pour s'intégrer dans le meilleur des mondes... Après avoir vu le psy, il a peut-être fait un don à SOS racisme, qui sait ...

Sa position sociale-intellectuelle (élite pensée conforme) confrontée à la réalité brute qu'il a vécue lui-même donne quelque chose d'assez ironique de loin.




http://www.lefigaro.fr/international/2009/04/10/01003-20090410ARTFIG00685-tanit-un-otage-francais-tue-dans-l-operation-de-liberation-.php