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MythLe 19/12/2010 à 14:36
L'article souligne de nombreuses choses intéressantes, mais plonge les deux pieds devant dans un troll notoire, lequel a la chance de s'être délocalisé sur yAronet suite à l'intervention de very.

Je suis peut-être sacrément naïf, ou pas réveillé, mais j'ai l'impression que le coeur du problème souligné par Mère L'Aigreur dans l'article du Figaro est celui de la nature contemporaine de la littérature jeunesse, soi-disant parasitée par des oeuvres inutiles et définitivement futiles, au détriment de ce qu'est la vraie littérature, celle de Pagnol ou Daudet. De loin, j'ai l'impression de retomber sur le même débat stérile et perdu d'avance qui déchire la populace à chaque fois que sort le dernier Pixar "tu te rends compte, on fait de ces choses, en 3D, mais où sont passés les crayonnés d'antan ?" ; et que les enfants ne regardent plus rien de bien, et qu'ils vont mal, et que le monde va disparaitre sous un océan de valeurs décadentes, et que le peuple finira par copuler dans un coin tandis que seule une élite embourgeoisée et vraisemblablement fière de l'être (avant de vraiment l'être) puisqu'elle lit Céline aura la chance, la mission, que dis-je, le sacerdoce de porter la Culture avec un grand Cul qui ne se montre qu'à ceux qui en seront dignes, mais bordel de schnell, qu'est-ce que c'est que ce discours, même là, j'ai complètement oublié le début du paragraphe ?

Peut-être que le vrai problème, c'est que la littérature de jeunesse est 1) très lucrative, mais reste 2) un exercice très difficile dont la réussite n'est pas donnée à tout le monde, et donc que c'est plus pensé avec la calculatrice et le bilan comptable qu'avec un vrai projet littéraire et de vraies histoires à raconter, en démontre l'étalage incroyable de Harry Potter-like et de Twilight-like à la suite du succès faramineux de ces deux séries. Ensuite, si on se réfère uniquement à l'heroic-fantasy et aux polars, il est vrai que ce sont des genres assez conformistes dans leur disciplines, et que la France souffre de ne pas avoir son Neil Gaiman. Mais qui faut-il blâmer ? Les jeunes, dont la capacité d'émerveillement n'a pas disparu mais dont on se targue dans les médias d'affirmer le contraire pour se réchauffer la conscience ? Ou le circuit éditorial, du choix de l'auteur et de ses oeuvres jusqu'à la promotion desdits livres ? C'est beau de cracher sur les jeunes et de cracher sur une société, ou mieux encore, d'affirmer que 99% de la population ne sont que des cons sans oser seulement penser que les choses peuvent être différentes si seulement les opportunités se présentent.

Et, accessoirement, je persiste à penser que ce culte voué au classique est aussi pertinent qu'une prière sur l'autel des surgelés, sachant que le premier message de la notion même de livre classique est que tout est dit, mais que tout reste à redire. Et ça, il serait intéressant de le garder en tête. Ca changerait.