HippopotameLe 18/05/2007 à 00:18
Déjà il y a une chose sur laquelle je suis absolument d'accord, c'est le problème des transports. Du fait de la délocalisation de la production, entre un quart et la moitié du poids d'un jean est émis en CO2. Les fraises chinoises sont devenues très compétitives par rapport aux fraises du périgord, mais elles demandent 20 fois plus de pétrole pour arriver jusqu'à nous. etc...
Pendant les dernières décennies, on a privilégié les économies d'échelle, avec des usines de plus en plus grosses, capables de desservir des zones géographiques de plus en plus grandes, au prix de gaspillages dans les transports. Avec les nouvelles contraintes énergétiques, il faut que le mouvement s'inverse.
En ce qui concerne la solution, il s'agit comme tu le dis de fermeture (raisonnable quand même!) des frontières, en fait il faut lâcher le mot : il s'agit de protectionnisme.
Personnellement je suis tout à fait favorable à l'idée d'un protectionnisme à l'échelle européenne (Plus généralement, de grands espaces géographiques mondiaux protégés). En fait ma motivation est surtout économique et sociale, ça me paraît la meilleure solution pour renouer avec le progrès. Néanmoins c'est une idée qui est éminemment écolo-compatible. Un protectionnisme moderne pourrait prendre la forme, entre autre, de tarifs douaniers plus élevés pour les pays qui ne respectent pas le droit du travail, ou qui ne respectent pas des critères écologiques minimum. Une mesure supplémentaire serait un système de contingentement : dans chaque secteur, une fraction du marché, par exemple 80%, serait réservée à la production européenne, le reste étant distribué à l'extérieur de l'Europe sous forme de quotas (sauf exceptions comme les matières premières ou les produits tropicaux...).
On aurait ainsi à la fois une incitation à la protection de l'environnement, et un ralentissement des transports mondiaux.
En ce qui concerne l'agriculture, peut être n'a-t-on pas besoin, au moins dans un premier temps, de solutions aussi drastiques. La politique agricole commune, née dans le contexte de l'après guerre, avait un objectif productiviste. Elle a réussi au delà de toutes espérances (comme quoi, l'interventionnisme économique ça marche), jusqu'à avoir les défauts de ses qualités. Il doit sûrement être possible, sans la détruire, de réorienter cette politique dans un sens plus durable : faire que les règles du jeu favorisent plus les petites exploitations, la production de qualité plutôt que la quantité, etc... On verra dans 50 ans si ça ne suffit pas.