Rintintin (./46) :
je vois pas en quoi l'informatique ne permet pas de satisfaire les 2 exigences
Je cite toujours Bob du cosmos
Il faut bien voir qu'avec les urnes transparentes, les bulletins papier et les isoloirs d'aujourd'hui, tout électeur qui le souhaite peut, au prix de passer sa journée dans le bureau de vote, vérifier les propriétés dans le cadre du test faible, sans aucune connaissance particulière: il s'agit de s'installer confortablement au début des opérations de vote, vérifier bien que l'urne (transparente) est vide, observer ensuite scrupuleusement la suite des opérations, et signaler toute anomalie (c'est d'ailleurs ce que les représentants des partis sont censés faire, mais tout citoyen méfiant peut le faire aussi). Pour cela, il suffit de bien nettoyer ses lunettes, d'être polis avec les assesseurs, et d'un peu de patience.
Par contre, il est bien évident pour tous (prenez juste le temps d'y réfléchir un peu), que les systèmes de vote électroniques qu'on nous propose en France aujourd'hui ne passent pas le test faible: le bulletin de vote est transformé en information électronique immatérielle, et l'électeur (appellons-le André) n'a aucun moyen de vérifier par lui même que son vote est bien pris en compte, vu qu'André perd toute trace de son vote au moment où il presse le bouton, ou touche l'écran.
C'est très différent de ce qui se passe quand André utilise un guichet automatique: là, il touche aussi un écran, pour obtenir 20 euros, mais il peut vérifier tout de suite qu'on lui a bien donné 20 euros, et il peut vérifier sur son relevé mensuel qu'on lui a bien débité 20 euros et pas plus.
Dans le cas du vote, l'exigence d'anonymat interdit de publier la liste de votants avec leurs choix: André ne peut vérifier sur aucun relevé si le vote qu'on a comptabilisé pour lui est bien celui qu'il a émis.
C'est bien pour cela que tous les experts réclament, depuis le travail fondateur de Rebecca Mercuri, qu'on refuse toute machine de vote qui ne fournit pas une trace papier: l'idée de la trace papier est de fournir un objet tangible et compréhensible pour un être humain qui témoigne du choix de l'électeur après sa dématérialisation, et qui peut permettre de recompter les voix (non seulement en cas de doute, mais aussi systèmatiquement sur un échantillon significatif pour vérifier le système).
Cependant, trace papier ou pas, dès qu'il y a une machine dans le processus, il n'y a aucune garantie que le vote soit vraiment anonyme: au moment ou André appuie sur un bouton, ou touche un écran, ils peuvent se passer plein de choses... la machine peut enregistrer l'heure précise du vote, émettre un signal à ultrasons ou envoyer un message radio dans une autre pièce et cela même à l'insu de son fabriquant.