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veryLe 21/10/2009 à 19:54
Oui il y a plein d'autres facteurs (les héritages antiques, les traditions indo-européennes, ...) à prendre en compte pour l'essor scientifique et culturel extraordinaire de cette civilisation, sans compter que l'histoire est complexe et souvent ironique ( genre par exemple les jurés « démocratiques » des cours d'assise nous viennent de l'inquisition ! Et une bonne partie du droit romain, de la procédure formelle et garantie, bref toute notre conception moderne du droit, également. )

Je n'ai pas le courage (à vrai dire je suis indécis ) de me lancer dans le troll de folco, à savoir si le christianisme est une cause primaire ou secondaire. Mais en tout cas elle n'a pas été globalement négative: la foi chrétienne est très ouverte à la connaissance, à la philosophie, et dès le début. Elle met même, dès les philosophes chrétiens du m-âI (il me semble), la rationalité « au-dessus » dans l'ordre intellectuel: c'est le savant et philosophe qui interroge la foi pour se demander si elle est compatible avec la rationalité ( la réponse est oui ). À titre d'exemple, Averroès, bien plus tard, fait l'inverse: la foi questionne la rationalité et philosophie; il ressort de ce procès que c'est compatible et même conseillé, mais le sens n'est pas anodin: la foi est au-dessus de la rationalité (même dans le discours intellectuel....), et s'il fallait n'en garder qu'un des deux, au contraire des philosophes chrétiens, il garderait la foi.

Dans cette petite illustration, on peut voir qu'en Occident, dès le XIém (?), la rationalité se met en situation de pouvoir récuser la foi; ce qui va arriver dès le XVIIém et sera un signe symptomatique de l'essor occidental. Bref, le catholicisme (c'est-à-dire l'adaptation du christianisme à l'Europe ), au pire, est la (une des ?) religion la plus favorable pour la rationalité, la science et le roman. ( le roman, qui est l'art d'interroger le monde et les événements -- que se passe-t-il ? --, demande pour prendre son essor de ne pas avoir de réponses religieuses et dogmatiques toutes faites pour chaque chose. C'est donc un questionnement qui procède d'une certaine rationalité... )

Il me vient une autre illustration à l'esprit : l'importance des minorités chrétiennes dans les premiers siècles du monde islamique. Les syriaques (?), etc, qui seront le lien principal entre la culture grec et islamique ( ce sont surtout eux qui vont traduire les textes en arabe; ils serviront également souvent de conseiller du prince ). Ces petites communautés, peu riches pourtant, étaient extrêmement érudites.

Bon si on continue faudrait créer un topic.