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ZerosquareLe 06/09/2026 à 22:55
Comme on parlait de sociopathie des patrons américains dans l'autre topic, en voilà une belle illustration :
Le vrai prédateurLe Grand ContinentComment Mark Zuckerberg a utilisé les neurosciences pour transformer les vulnérabilités du cerveau des enfants en modèle économique.

Mark Zuckerberg a donc agi à deux niveaux. D’une part, il a fait preuve de ce que l’on pourrait qualifier de « prédation passive » en s’opposant à toutes les mesures de sécurité que lui ont fortement suggérées ses propres équipes de chercheurs. Il s’agissait notamment de mesures générant de la friction afin de réduire le temps passé et « l’engagement ». Mark Zuckerberg les a catégoriquement refusées par crainte de voir ses usagers simplement partir chez la concurrence, accélérant ainsi un déclin comparable à celui de Myspace.

Il a également fait preuve de « prédation active » en ayant recours aux neurosciences pour optimiser la réponse dopaminergique que génère l’utilisation de ses plateformes dans le cerveau de ses plus jeunes utilisateurs. En clair, Mark Zuckerberg a délibérément eu recours à l’apprentissage par renforcement pour surcharger leurs cerveaux de dopamine et diminuer très fortement leur capacité à résister à l’envie de revenir encore et encore sur ses plateformes.
D’une part, ils ont ajouté une flèche circulaire qui tourne pendant le rafraîchissement du flux même lorsque le réseau est excellent et qu’il n’y a aucun temps de chargement afin d’imiter la rotation d’une machine à sous qui est essentielle pour mobiliser les neurones dopaminergiques. En effet, la sécrétion de dopamine est maximale lorsque cette roue tourne et que le cerveau anticipe une potentielle récompense mais sans avoir la certitude qu’elle arrivera. Cette roue qui tourne pendant que le flux se rafraîchit est ainsi ajoutée et prolongée artificiellement quel que soit l’état du réseau dans le seul but de mobiliser les neurones dopaminergiques.

Dans le cadre de cet « effet machine à sous » l’algorithme va également faire exprès de délivrer des « récompenses » de façon intermittente et imprévisible : tantôt vous aurez un flux médiocre composé de publicités peu enthousiasmantes, « pas de récompense », tantôt vous aurez un flux avec une vidéo virale, dans vos centres d’intérêt, « petite récompense », tantôt vous aurez un flux avec une fake news à laquelle vous serez ravi de croire car elle confirme ce en quoi vous croyez et qui constituera donc une « grande récompense ».
Enfin, on peut parler de la poursuite agressive d’une utilisation plus intensive des réseaux sociaux par les adolescents pendant leurs heures de cours. En 2017, Mark Zuckerberg se montre on ne peut plus clair : « notre objectif clef pour 2017 est que les adolescents passent un maximum de temps sur nos plateformes. »

C’est ainsi que les équipes de Meta se sont mises à concevoir ce qu’elles ont appelé les « school blasts » : des vagues de notifications envoyées aux jeunes dont les données de localisation indiquent qu’ils se trouvent à l’intérieur d’un établissement scolaire afin de jouer sur la pression des pairs et la « peur de passer à côté de quelque chose » pour provoquer une utilisation groupée des réseaux sociaux au milieu des heures de cours. Un responsable de Meta va même jusqu’à écrire dans un e-mail interne : « Nous devons optimiser notre design pour que chaque jeune ne puisse plus passer un cours de chimie sans jeter un coup d’œil à son téléphone. »