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The_CUrELe 19/03/2015 à 16:57
Sauf que le cosmopolitisme de Kant, je l'ai dit, n'a rien à voir avec l'ouverture des frontières, ça c'est des questions géopolitiques (et il ne croit pas en l'immigration de peuplement parce qu'il se projette déjà dans la Société des Nations qu'il espère -et qui n'a jamais vu le jour- qui se fonde sur des républiques patriotiques qui annulent le besoin de changer de pays d'appartenance puisque chaque citoyen fait corps avec l'État, et l'hospitalité diplomatique offerte à tous).
Je vais pas vous resservir ma dissertation sur le Projet de paix perpétuelle, ça serait trop long, mais là j'ai donné un succédané à peu près potable du PPP.

L'immigration tel que tu la décris il faut la voir d'abord comme un geste utilitariste, qui se dissimule derrière une charité bourgeoise hypocrite.

Et pour Kant le cosmopolitisme est bon à tous égards parce qu'il se limite à proposer la reconnaissance de l'égale densité ontologique, à subsumer la religion à la loi morale (la vraie religion, dont les croyances sont des explicitations à portée politique et sociale), et à proposer, par le premier impératif catégorique ("agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée par ta volonté comme loi universelle") à faire que chacun sache jauger la moralité de son action, et c'est très "facile": si ton acte n'est pas universalisable, il n'est pas moral (d'ailleurs dans La religion dans les limites de la simple raison il dira qu'on ne pourra jamais prouver que la moindre action ait été morale, car il y a toujours eu une part d'hétéronomie dans la volonté, et qu'on ne peut sonder les cœurs et les âmes, seul Dieu le peut).

Moral = pratique chez Kant, il pique ça à Saint Thomas d'Aquin.