Nhut (./13968) :
Sauf qu'à l'époque et sous ces latitudes, un "pauvre" n'a vraiment rien. Mais rien de rien. Aucun revenu, pas d'aide publique.
C'est pas tout à fait vrai, en fait. C'est très intéressant d'étudier ces sociétés (et je ne peux que recommander une fois de plus les podcasts de
Sur les épaules de Darwin, la série en cours est justement sur le coefficient de Gini et sur son application dans les sociétés antiques et/ou primitives), parce que nous regardons ces sociétés avec un regard d'occidental du XXIe siècle. C'est l'agriculture (avec tout ce qui va à côté, y compris l'irrigation) qui commence à créer les premiers déséquilibres avec l'arrivée de la propriété, mais à cette époque la propriété n'est pas forcément (sauf en ville) aussi marquée qu'aujourd'hui.
Un pauvre, aujourd'hui, n'a même pas le droit de se construire une hutte dans une forêt. Un pauvre, à l'époque, pouvait. Et les transactions ne se faisant pas qu'en numéraire, un pauvre pouvait échanger de la nourriture récoltée, par exemple. Ca ne veut pas dire que sa situation est plus enviable que celle d'un homme aujourd'hui, mais simplement que les points de comparaison ne sont pas les mêmes.
Cela dit, les paroles de Jésus sont aussi des paroles qui sont similaires à l'idéal communiste (avant de me retomber dessus avec l'utilisation du mot "communiste", j'ai utilisé les termes "similaire" et "idéal", hein) : si tu te dépossèdes de tout, ce qui t'appartenais n'est évidemment pas détruit, mais utilisable par tout le monde. Du coup, ce n'est plus une question de pauvreté mais de redistribution et d'abolition de la propriété comme filtre entre Dieu et les hommes (et entre les hommes entre eux, puisque les hommes sont hommes en Dieu). S'il y a redistribution/accessibilité des ressources, alors tout le monde peut monter son projet...