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Lionel DebrouxLe 28/06/2007 à 09:09
Pour moi, avant de se préoccuper de la sélection ou de la non-sélection à l'université, il faudrait commencer par se préoccuper de ne pas laisser entrer au collège 30% d'élèves qui auront des difficultés assez importantes / très importantes à poursuivre plus loin, puisqu'ils ne maîtrisent pas la lecture, l'écriture et/ou le calcul 4 opérations...
Bien sûr, certaines personnes ont plus de facilités que d'autres. Ca veut simplement dire qu'il faut qu'une fois que certains arrivent à lire / écrire / faire du calcul, il faut que les enseignants passent plus de temps avec ceux qui ont plus de difficultés, en donnant des exercices supplémentaires plus difficiles à ceux qui savent déjà faire pour les occuper (et pourquoi pas en leur demandant de tenter d'aider leurs camarades - même si cette façon de faire a ses limites). Au primaire, dans certaines de mes classes, j'ai vu les exercices supplémentaires, et l'aide aux camarades (éventuellement plus jeunes, le niveau d'en-dessous dans les classes partagées CE1/CE2 et CM1/CM2, ou bien le CP quand j'étais en CM2 et que j'avais fini le "planning de semaine").
Il n'y a pas qu'une forme d'esprit, il n'y a pas qu'une façon d'apprendre => il ne devrait pas y avoir qu'une façon d'enseigner.

Le redoublement est souvent mal vécu (punition, tout ça...), et rarement imposé. Pourtant, dans les petites classes, à mon sens, il est fondamental. Ca ne sert pas à grand chose d'apprendre plus d'histoire/géographie tant qu'on ne sait pas lire... Bon, on pourrait toujours dire que l'histoire-géo est une motivation pour apprendre à lire, mais ça ne se passe pas comme ça pour tout le monde.

> Le problème c'est les syndicats étudiants. Tant que certains d'entre eux croient encore que l'université doit être un sanctuaire d'éducation où les entreprises n'y ont pas droit de cité (et ce malgré quelques timides expériences), on n'arrivera à rien. En éloignant les universités des entreprises, on a le résultat suivant : un monde ignore tout des réalités de l'autre. (D'ailleurs, tant qu'il existera des syndicats politisés, aucune réforme des universités ne sera possible).
Largement +1.
Au lycée, beaucoup trop de jeunes ne savent pas ce qu'ils veulent faire après le bac. Ca veut dire qu'ils n'ont pas trouvé ce qui leur plaît. Il y a un vrai problème pour montrer aux jeunes les possibilités, l'étendue des métiers, etc. Les conseillers d'orientation ne sont pas toujours super efficaces, on va dire...

Le retrait de la sélection à bac+3 n'a pas que des avantages. Bien sûr, comme Sasume l'indique plus haut, il faut savoir comment sélectionner... et il y aura toujours des sélections injustes.
Mais avec le bac qui ne s'électionne plus rien du tout depuis longtemps déjà, les taux de réussite étant très élevés par suite d'une baisse du niveau de la barre à franchir (puisque les capacités intellectuelles de la population n'ont pas augmenté de façon significative en moins de 100 ans - ça prend des dizaines/centaines de milliers d'années, cf l'évolution des humains - c'est que la barre a été baissée), sans sélection à bac+3, où reste-t-il une vraie sélection (à part à l'embauche...) ?