139Fermer141
HippopotameLe 11/09/2007 à 00:25
Sasume (./122) :
Mais que proposez-vous pour faire avancer les choses ?
Faire payer l'énergie super cher ?

Bah chais pas, par exemple :

- le retour d'un protectionnisme basé sur des critères écologiques (puisque là il est question d'écologie ; mais aussi basé sur des critères sociaux, envers les pays peu respectueux du salarié). L'idée c'est qu'il est absurde qu'une pomme cueillie au bout du monde fasse le tour de la terre pour arriver jusqu'à nous, quand on trouve les mêmes à deux pas. Donc on met en place des écluses tarifaires pour freiner ce mouvement.

- le développement du nucléaire avec, notamment, la reprise de la filière surgénération.

- ensuite c'est clair qu'il y a une qualité de vie à promouvoir. Mais ça ce n'est pas dissociable d'une vision plus globale de la société, pas seulement écologique. S'il y a un si grand public pour bouffer des poulets de batterie dégueulasses, c'est parce que beaucoup ne peuvent pas se permettre de s'acheter autre chose. Les dégradations de la qualité du travail peuvent aussi expliquer le monde sur les routes : il faut aller chercher son boulot plus loin, avec des conditions plus difficiles.

Nil (./123) :
Non, justement, la théorie principale (à laquelle j'ai encore du mal à adhérer, je l'admets, c'est pour ça que j'attendais des éclaircissements d'Hippo sur ce point dans le sujet évoqué plus haut) est que l'on n'a pas besoin d'amorcer de décroissance. C'est la croissance qui va apporter des solutions ; jamais dans l'histoire de l'humanité l'homme n'a eu à revenir en arrière, c'est en avançant qu'il a trouvé des solutions. La surconsommation d'énergie telle que nous la vivons est toute relative ; par contre la pollution engendrée est réelle. De cette surconsommation polluante pourra (devra) sortir des solutions nouvelles qui s'adapteront à nos besoins, et non l'inverse.

En termes très généraux, l'économie, c'est le contrôle (ou la transformation) de la matière par l'intelligence. La croissance, c'est l'accroissement de ce contrôle.

Mais le point important, c'est que cette croissance n'est pas mesurée en quantité de matière brute. Si, cette année, on transforme 1000 tonnes de matériaux et qu'on a 5% de croissance d'ici l'année prochaine, ça ne veut pas dire qu'on transformera 1050 tonnes l'an prochain. La croissance peut se faire en qualité autant qu'en quantité ; on peut produire plus de valeur avec moins de matière. Par exemple un microprocesseur vaut énormément plus cher qu'une bête tôle d'acier qui pèse 1000 fois plus lourd.

Donc la croissance n'est pas fondamentalement opposée à l'économie des ressources. En fait d'un certain point de vue elle est même indispensable à cette économie : si on veut des voitures qui polluent moins, il faut bien les fabriquer, il faut bien développer des technologies nouvelles, créer des objets de qualité supérieure, bref créer de la valeur pour se donner les moyens d'économiser.

Ensuite il y a croissance et croissance, il faut l'orienter correctement... Mais ce n'est pas chez nous que ce genre de problème se pose avec plus d'acuité.
Sasume (./124) :
notre pouvoir d'achat nous permet de nous acheter "à peu près" tout ce qu'on veut (sauf des croissants, je l'admets).

Oui mais... c'est paradoxal. Est ce qu'on est, ou non, à l'aise pour acheter un bien aussi basic que des croissants le matin? Visiblement on n'a pas toujours un pouvoir d'achat si considérable que tu le dis.



Sasume (./128) :
Ben en fait on constate que depuis toujours on n'a pas cessé d'améliorer les qualités écologiques des appareils que l'on utilise (lave-linge, voiture, etc.) mais que comme leur utilisation a encore plus augmenté le résultat est que la pollution engendrée a augmenté...

Je ne le crois pas.
Par exemple on n'imagine pas quelle était la pollution industrielle au XIXième siècle. L'état de la Tamise? La qualité de l'air? Aujourd'hui l'industrie est vraiment beaucoup plus propre. Il y a de vrais progrès techniques qui deviennent des progrès écologiques.