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NilLe 25/04/2008 à 19:10
very (./432) :
Je suis assez d'accord avec tout ton poste, mais tu constates plus que tu n'expliques.
Selon toi, si aujourd'hui on est si peu fertile, c'est par ce qu'à force de tuer le père (les vieux canons, les vielles idées.), y'a plus rien à tuer, alors que cette démarche de tuer le père est l'épine dorsale de la modernité ?

Oui, j'aime bien ton expression.
very (./432) :
Des fois je me dis aussi qu'on est pas si peu fertile que ça, que des artistes et intellectuels intéressant et pas trop 'intelectuels' au mauvais sens (celui pour la peinture-sculpture contemporaine, etc..), y'en a encore des tonnes (voir même y'a encore quelques écrivains qui savent écrire, y'a au moins M.E Nabe... ), mais que c'est la société qui préfère consommer des produits médiocres et faciles.

Ca, par contre, je pense que c'est un problème différent et qui n'est pas propre à notre époque : il est difficile pour une époque donnée de savoir ce qui est vraiment "révolutionnaire". Entre, d'une partie, ceux qui regrettent certaines formes d'expression, ceux qui cherchent quelque chose de nouveau à tout prix (même si on n'est a priori plus dans cette dynamique en ce moment), ceux qui veulent toucher le plus de monde possible, etc. il est malaisé de prendre du recul.
Typiquement, le rap a été un moyen fortement décrié, avant de se construire des codes, des écoles, et de devenir une mouvance esthétique à part entière (avec ses chefs d'oeuvre comme ses sous merdes). On peut aussi dire la même chose de la techno (sauf que le premier a été récupéré par la danse contemporaine à travers le hip-hop et l'autre par la musique "savante" ; c'est d'ailleurs assez amusant).

Par contre, je suis persuadé d'une chose ; il y a des choses qui ne changent pas. Le support papier, les ondes l'avaient montré avant Internet : lorsque l'humain "moyen" a le choix entre le divertissement et la culture, il a plutôt tendance à se diriger vers le premier (sachant qu'on est - AMHA - tous "moyens" à un moment ou l'autre), tout étant assez conscient de son geste, puisque si on si on lui demande pourquoi il fait ce choix, il a une réponse (le sondage annuel de Telerama sur l'usage de la télévision est d'ailleurs flagrant : les gens regardent TF1 mais disent que les chaines les plus intéressantes et les plus "service public" sont France 5 et Arte).

Mais tout ça n'explique pas l'obscurantisme et le rejet de la science (sauf, effectivement, la fait de vouloir tuer le père : le seul père à tuer ici est la raison et la science, en se focalisant sur ce qu'elle a comme défauts, et de là en en faisant le centre d'un "complôt"... qui, parfois, a des relents de vérité).