Alors, pour la première remarque, prenons un exemple extrême : les esclaves dans une société antique, qu'on suppose trop peu éduqués et conscients du monde pour réaliser leur état. dans ce cas ils forment bien une classe sociale, bien définie, mais sans conscience de classe.
Pour Marx d'ailleurs la conscience de classe des ouvriers n'est pas du tout automatique : au contraire, il y a dans la société des mécanismes de
fausse conscience qui poussent la classe ouvrière à être peu consciente d'elle même, et du processus historique. (Et c'est le but du militantisme communiste de renforcer la conscience de classe pour permettre la révolution des masses... Mais ce combat pour la conscience ouvrière est une lutte acharnée sans cesse à recommencer).
Sinon, je ne sais plus quel marxiste disait : la classe ouvrière n'existe que quand elle est révolutionnaire. C'est une maxime à lire dans le sens suivant : sans activité révolutionnaire, les ouvriers sont invisibles pour les gens comme toi

, mais ils n'existent pas moins.
Pour la deuxième partie, au contraire c'est le morceau pas en gras qui est essentiel. 50%, c'est du poids démographique brut, mesurable, concret, qu'on ne peut pas cacher sous des éco-sophismes (bien sûr il faudrait préciser les critères exacts de l'étude, etc ; tout ça a peu d'importance ici).
Ton objection sur l'hétérogénéité de tout ce monde est intéressante mais fausse, il y a des études statistiques là dessus : les ouvriers sont plutôt des hommes, les employées sont plutôt des femmes, et ils sont mariés les uns aux autres, formant un seul univers social.
Bon ensuite on pourrait parler de classe populaire plutôt que d'ouvriers ou de prolétaires, pour refléter l'évolution économique ; cette broutille de vocabulaire a peu d'importance.