The_CUrELe 20/05/2020 à 16:41
La seule raison pour laquelle "ce n'est pas réaliste" est parce que les pouvoirs sis à l'UE pensent que ce serait une hérésie (envers qui? quoi? jamais ils ne le disent, à part, comme des fanatiques, citer 2/3 auteurs qui, par leur existence, ont PROUVÉ(?) ce qu'ils croient -tu noteras que quand je cite mes auteurs je dis en général qu'ils décrivent ou présentent X, parce que je n'ai aucune confiance qu'ils ont trouvé LA dernière réponse des derniers jours).
Mais à ce moment-là il est inutile de parler ou de tenter de convaincre, chacun reste passivement enfermé sur ses positions, il les a dites une fois, ça n'intéresse que lui au fond et c'est terminé.
La discussion est donc absente, non pas inexistante mais non-existante car impossible.
Si en revanche on assume et on dit "ah oui, ils s'enferrent dans leur folie", c'est peut-être là qu'on trouvera autre chose, et à ce moment-là, pourquoi absolument rester passivement à dire "mais nous n'avons pas le pouvoir alors à quoi bon"? Parce que ça revient à se poser en commentateurs passifs et nous ne valons guère mieux que les hurle-haine de la télé que nous nous complaisons à moquer.
De plus, dire "nous ne savons pas les conditions" alors que nous avons des exemples passés (Portugal, Grèce, Espagne, Italie) qui nous donnent des indices, qui eux-mêmes serviront à nourrir le propos, voire à admettre ensemble qu'il faut penser autre chose au lieu d'espérer un hypothétique ordre transcendant de l'équilibre ontologique qui viendra tout réparer (certains appelleront ça le Salut, d'autre l'Efficience des Marchés) ma paraît bien plus défaitiste que ma position pessimiste (je ne dis pas qu'il n'y a pas d'espoir, je dis que l'espoir devra se reconquérir dans la violence étant donné l'état où nous sommes rendus, car nos élites elles veulent que nous soyons sans espoir -car cela impliquera l'absence de contestation -mais protestation violente il y aura, qui leur permettra de jouer du registre de la peur pour réalimenter leur machine doctrinale).
Savoir qui combattre et de quelles idéologies il faut se méfier ne me semble jamais un gaspillage.
Enfin ça pourrait revenir à dire que les mécontents n'ont qu'à se taire parce que tout le monde sait et -au fond- s'en fout, autrement dit en-dessous point le désespoir apathique du libéralisme tardif, exactement ce qui a savonné la planche sur laquelle nous dérapons. Nous participons alors passivement à la survie d'un système qui nous déplaît.
Mais est-ce applicable dans tous les sens? Parce qu'à ce moment-là ça vaut aussi ailleurs, on sait que Tartembranle n'aime pas le C++, ça fait 20 ans qu'on le sait, alors pourquoi encore une fois revenir en parler?
Comme il est besoin de le préciser, ce n'est pas une attaque sur les gens mais des interrogations quant à leur rhétorique, uniquement ça, jusqu'où vas-tu dans tes propres propositions et affirmations? Jusqu'où assumes-tu le point d'absurde?
Je suis prêt à m'y prêter, quitte à assumer qu'il y a encore du travail à faire. En revanche, s'il y a bien une chose à laquelle je ne saurais me résoudre, c'est hausser les épaules devant nos dirigeants en disant "au moins ils tentent un truc et c'est mieux que rien" car nous savons désormais que ça fait 40 ans qu'ils tiennent le contraire de leurs promesses et que chaque "relance" est en fait un échange perdant en vue d'imposer des règles derrière.
À toutes fins utiles je rappelle que la "Règle d'Or" budgétaire de l'UE a été votée en catastrophe en 2009/2010 pendant qu'on léchait nos plaies suite à la crise des subprimes et que tout le monde était affaibli. Une règle d'or qui impose à des États dans la mouise à cause des marchés (et parfois parce qu'ils les ont renfloués) de tailler dans les dépenses publiques pour réduire leurs dettes auprès du privé (dettes qui n'ont aucune raison logique d'être à moins de penser l'État comme une entreprise -les boucles se bouclent avec ou sans moi). Pourquoi ce saut direct entre budget et dépenses publiques (surtout de santé)?
Parce qu'avec la monnaie unique et la "déréglementation" non-stop c'est le dernier endroit avec l'explosion du matraquage via impôts et taxes (mais ça pourrit la conso et l'import/export etc etc) et le pillage des épargnes (pas qu'ils n'osent toujours pas franchir ici mais quand on voit ce qui se profile en Italie, ils rongent leur frein de sauter le pas j'en démords pas) sur lequel l'État peut faire des économies pour présenter un exercice comptable -à nouveau la boucle se boucle, avec obligation de résultats de 3% maximum (ou je-ne-sais-plus-quel seuil ridiculement bas).
Outre qu'une règle d'or ça se décide en amont et pas en aval, c'est pas le moment de garroter quand on est exsangue, on garrote une hémorhagie, pas une anémie.
Voilà donc pourquoi je reviens à la charge, je ne vois pas pourquoi je me tairais (et "parce que ça dérange les bonnes gens" ne me paraît pas valable -tu devineras aisément pourquoi), et il est fascinant aussi de voir qu'ils n'apprennent JAMAIS aucune leçon de leurs échecs, et ça c'est un trait de la politique néolibérale, et ça ne fait jamais de mal d'appuyer sur le clou.