Sally (./4783) :
(ah et aussi je n'avais pas pensé que les tempéraments dépendant de ce qu'on veut jouer ne sont pas un problème particulier pour le clavecin vu qu'il faut de toute manière le réaccorder sans arrêt ^^. Mais quid de l'orgue ? c'est presque aussi chiant à accorder qu'un piano non ?)
Bah un positif transportable (utilisé pour la basse continue), c'est un peu long à accorder, mais généralement, on l'accorde une fois pendant le concert (s'il y a un jeu de régale et qu'il y a un chauffage ou une clim violente, on peut devoir faire des ajustements à l'entr'acte, mais on évite).
Par contre, pour un grand orgue, on choisit généralement un tempérament "à vie" (à part à modifier sérieusement la structure de l'instrument, vu que certains tuyaux sont coupés "au ton", donc non accordables sur de grandes échelles, il est impossible de changer de tempérament).
Sinon, si on regarde les autres instruments qui, généralement, sont amenés à changer de tempérament (parce qu'ils appartiennent à plusieurs périodes d'esthétiques différentes, où qu'ils ont vécu à une époque où on changeait de tempérament comme de région), ont tous des "tricks" pour y arriver. Les positifs et clavecins se réaccordent très régulièrement ; pour les violons (qui ont un accord "à vide" favorisant les quintes pures), les violonistes apprennent à "jouer" dans un tempérament donné. Pour les violes, on modifie la position des frettes (plus elles sont parallèles, plus le tempérament s'égalise ; pour du mésotonique, les frettes partent n'importe comment). Pour les cordes "grattées", il faut s'adapter aux instruments, suivant l'épaisseur des frettes. Et pour les vents, on fait "à peu près" (enfin... on ne jouera jamais de musique renaissance ou médiévale avec un instrument baroque, c'est certain. Mais, moi, au hautbois, je dois corriger - ou essayer

- suivant si on a décidé de jouer en Werkmeister ou Valloti, ou Kirnberger...
Tiens, d'ailleurs, il y a un truc rigolo avec les tempérament très inégaux comme le mésotonique. Forcément, quand on transpose, on se retrouve dans des tons injouables, ou inaudibles. Donc il faut avoir des instruments dans plusieurs tons, et on accorde le clavecin (ou l'instrument qui fait le continuo) avec un mésotonique qui part d'une note donnée (Do, Sol, Fa, Ré sont les plus utilisés, de mémoire).
Un autre truc marrant est que lorsqu'on fait du consort ou de la bande (tous les instruments d'un même type qui jouent ensemble, donc, typiquement, flûte à bec soprano/alto/ténor/basse/contrebasse [même si ce ne sont pas les noms employés à l'époque], hautbois/hautbois alto/différent du hautbois d'amour]/taille de hautbois[différent du hautbois da caccia]/basson), chaque instrument est dans "son" tempérament. Donc les intervalles ne sont pas du tout les mêmes (pour la famille des hautbois, si-do sur le hautbois équivaudra à fa#-sol sur la taille et à mi-fa sur le hautbois alto), et on ne cherche pas forcément à rééquilibrer totalement la justesse et le tempérament (en fait, tout dépend de la façon dont la musique est écrite, on peut même essayer d'assumer au maximum le tempérament de chacun).