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HippopotameLe 10/03/2009 à 01:48
Ce qu'est la structure de la matière.

hadrons, atomes, molécules,.... planètes, étoiles, nuages de gaz, galaxies, amas....
Toute l'organisation de la matière.
Toi tu sais comment stopper mon argumentation grin

Un modèle physique ne peut pas être fait avec que des mots, à un moment faut se mouiller un peu et calculer! smile
Réduire le rythme et augmenter l'efficience, ça ne revient pas au même (ie une consommation d'énergie décroissante) ?

Diminuer le métabolisme réduit la consommation d'énergie, oui. Mais il faut chiffrer ça. En gros, si la quantité de pensées par unité de temps est proportionnelle au métabolisme, et l'énergie dépensée est proportionnelle aussi au métabolisme, alors se contenter de réduire le métabolisme ne donnera qu'une quantité finie de pensées à partir du stock initial d'énergie.
Tiens, pourquoi on ne peut pas récupérer cette énergie sous une autre forme, la transformer et la réinjecter.....

A cause du second principe de la thermodynamique : notre stock d'énergie va inexorablement se dégrader. Ce que tu proposes, c'est le moteur perpétuel.
very (./5934) :
Mais disons que la physique, comme (prototype même des) science expérimentales, est juste capable de donner des modèles approximativement prédictifs (limitation des instruments) sur un certain domaine d'expérience limité.

Il est clair que nos modèles physiques ne marchent que dans un certain intervalle ("logarithmique"). Nos lois ne sont certainement pas plus valides au delà de 10^(quelques dizaines d'années) qu'elles ne le sont en deçà de 10^-43 secondes.


(là où on est capable de faire des expériences et donc de valider le modèle )

Beaucoup plus loin que ça.
Par exemple on est capable de prédire l'existence de l'inflation, au tout début de l'univers, alors qu'aucune expérience, sur terre ou dans l'univers, ne pourra jamais nous mener dans les conditions de l'époque.

Et puis les lois physiques sont beaucoup plus robustes que tu sembles le penser. Même des lois anciennes, démontrées fausses ou incomplètes, gardent un sens physique fort et disent des choses intelligibles sur l'univers. Par exemple, si on essaie de faire une théorie des trous noirs en gravitation newtonienne, on va trouver une valeur du rayon de Schwarzschild, R=2GM/c², qui est exactement celle donnée par la relativité générale. C'est remarquable.

Le travail du physicien ne consiste d'ailleurs pas tant à fabriquer de façon ad hoc des équations qui s'ajustent bien aux mesures, mais surtout à comprendre le sens physique, c'est à dire la sémantique, de ces équations, de ces modèles. Et même si le modèle est subtilement faux, cette sémantique, elle, est une caractéristique de l'univers qui signifie quelque chose en dehors du modèle.

La physique, c'est aussi en grande partie l'étude statistique de grandes quantités de matières. Parler de l'évolution du soleil, c'est parler du comportement collectif de 10^57 particules à peu près, et les statistiques sont solides quand elles portent sur autant d'objets.

Cette robustesse est parfois illustrée par des prédictions spectaculaires. Hoyle, en étudiant la physique des étoiles, a pu prédire dans les années 50 l'existence d'un état remarquable de l'atome de carbone, qu'on n'a observé en labo que bien plus tard. Il s'agissait là d'une pure déduction de l'intellect, pas d'expérience possible en laboratoire et pas d'observation astronomique directe. En fait il s'agissait de la première utilisation du principe anthropique, ce que Hoyle a souligné, et ça pose quelques question profondes..
Un exemple plus technique, c'est la théorie des supernovas. On a fabriqué pendant des années un modèle extrêmement complexe pour expliquer comment ça se passe, sans avoir vraiment de données sous la main. Et quand enfin une supernova éclate proche de nous, SN1987A (en 87, comme son nom l'indique), elle vérifie pile poil les prédictions. C'est remarquable pour un évènement aussi complexe modélisé en aveugle.

Sinon je rajoute deux remarques sur la prédictibilité :
1) Ce n'est pas une propriété qu'on peut légitimement exiger d'un modèle. Ce qu'on doit exiger, c'est l'exactitude seulement. Le pouvoir de prédire (en deux versions : théorique : le modèle est il déterministe? et pratique : les calculs sont ils tractables?) est une propriété mathématique forte du modèle, mais pas du monde physique.
Il y a des modèles qui sont tout à fait justes, satisfaisants, mais qui donnent difficilement des prédictions. Façon théorique : pour faire cliché, le calcul du climat à moyen terme. Façon pratique : les calculs intractables des effets de l'interaction forte ; il a fallu des monceaux de calcul pour simplement résoudre de façon approchée le problème des trois corps (calcul de la masse du proton).
2) Faire des prédictions à échelle de 10^1500 ans, au delà de toute échelle de conscience humaine, comme le fait Dyson, ce n'est pas à prendre au sérieux. Simplement ça dit quelque chose sur la structure de l'univers telle que nous la voyons déjà. Le fait qu'il n'y ait pas d'obstruction théorique (et les limites physiques que nous connaissons aujourd'hui n'ont aucune raison de ne pas être une bonne représentation des limites physiques réelles) à la conscience infinie, ça a effectivement quelque chose d'un résultat gödélien à propos de l'univers.
D'ailleurs je ne pense pas que lui-même considère ça comme autre chose qu'un exercice d'amusement ou de maths.

Il aime semble-t-il beaucoup la spéculation, son concept de sphère de Dyson est assez fort aussi. (Un civilisation, en progressant, augmente sa quantité d'énergie consommée. Au bout d'un moment elle devra utiliser plus d'énergie que n'en fournit sa planète... puis toute l'énergie que fabrique une étoile.. Dyson se demande comment : il imagine comment une mégastructure de taille stellaire pourrait récolter toute l'énergie d'une étoile.)
Je me rappelle que l'on avait déjà eu un débat, sur le fameux théorème des rapports rationnels des rayons de rotation (pour qu'un système planétaire soit stable ): on arrive aux même genre de limites sur la modélisation.

Tu peux détailler?