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SallyLe 31/05/2007 à 21:56
Hippopotame (./12171) :
Tiens est ce que ça vous arrive de lire en rêve ? (Je veux bien dire lire, donc déchiffrer, pas percevoir le sens directement)
Comment tu fais la différence entre déchiffrer et percevoir le sens directement ? c'est inconscient de déchiffrer, alors en rêve... ah tu veux dire, percevoir le sens sans passer par les mots ? confus



Ethaniel > j'ai l'impression que tu mélanges plusieurs choses, d'après ce que je comprends subvocaliser c'est imaginer la forme orale de ce qui est écrit (ce qui s'oppose donc à percevoir le sens directement, je suppose), mais toi tu as l'air de parler de décomposition du mot, enfin c'est pas clair. Le fait que tu reconnaisses un mot directement sans avoir à lire les lettres une par une (et là il me paraît évident que pratiquement personne sauf les petits enfants ne lit les lettres une par une...) n'a aucun rapport avec la subvocalisation a priori. Pas plus que le fait de « deviner les mots » : c'est pas parce que tu les devines au lieu de les lire que tu ne les subvocalises pas.


Par ailleurs je ne suis pas du tout convaincu par ton histoire de mots courts et de mots longs, ta tentative effectivement très bancale de représentation d'un mot survolé t'a peut-être induit en erreur, quand tu jettes un coup d'œil rapide à un mot ce qui se produit n'est pas que tu lis certaines lettres et pas d'autres... "de" et "où" ont des formes très différentes par exemple, et comme ce sont des mots très fréquents on est habitué à les reconnaître au premier coup d'œil, de plus le contexte aide.

Le fait de reconnaître globalement d'un coup un mot long par sa forme est sans doute possible mais je ne suis pas sûr que ce soit très rentable et qu'on fasse ça naturellement, je pense plutôt que les mots courts et fréquents sont reconnus directement et que pour les autres on lit plus ou moins des morceaux élémentaires (genre dans ton exemple, bolition, "tion" est certainement reconnu directement comme un élément simple).
En ce qui concerne la lecture globale, il y a une expérience connue qui marche bien : on efface la moitié inférieure de toutes les lignes d'un texte, et le texte reste lisible pratiquement sans difficulté ; en revanche, il est assez difficile de reconnaître les lettres individuellement.




Bon sinon en français il m'arrive, quand je lis vite/survole pour une raison quelconque (par exemple si c'est chiant, ou si je suis impatient de savoir la suite), d'avoir l'impression de ne pas lire tous les mots, en fait je suppose que cette impression correspond au fait de ne pas *subvocaliser* tous les mots (parce que je comprends quand même globalement ce que ça dit, quoique pas forcément en détail, ce qui ne serait pas le cas si je lisais réellement uniquement certains mots et pas les autres). Ainsi parfois je peux feuilleter rapidement deux ou trois pages pour voir ce qui va arriver (donc sans vraiment lire, juste en jetant un coup d'œil aux différents paragraphes pour voir à quel moment ça va reparler de untel ou autre) et ensuite quand je reviens dessus je m'aperçois que je sais quand même relativement précisément ce qu'il y a dans les pages que j'ai "sautées"...

En anglais j'ai de bonnes raisons de penser que je subvocalise, même si c'est pas forcément très conscient non plus, notamment le fait qu'un mot dont j'ignore la prononciation me gêne dans la lecture (je bute dessus et ça m'interrompt), et aussi le fait que parfois je découvre que j'ai intériorisé une prononciation fautive d'un mot que je n'ai pourtant sans doute jamais entendu prononcer de cette façon (vu que personne le fait) (genre research angry).

En allemand par contre je subvocalise consciemment et à mort, sinon je comprends rien grin (c'est dû au fait qu'ils passent leur temps à attacher des mots ensemble, en fait, et si on n'essaye pas de le prononcer dans sa tête on ne voit pas où est la séparation, enfin en ce qui me concerne)




Un truc clair et net aussi, c'est que je subvocalise la musique. Ça rend d'ailleurs difficile la lecture d'une chanson avec des paroles, parce que je n'arrive pas vraiment à lire à la fois la mélodie et les paroles sad (bon en même temps je n'ai aucun entraînement pour cela, n'étant pas chanteur). La seule manière que j'ai de faire ça de façon fiable, c'est d'apprendre d'abord la mélodie à peu près par cœur et de lire les paroles seulement ensuite.

Sinon quand je lis de la tablature¹ je subvocalise partiellement la tablature cheeky. Sauf qu'évidemment c'est très incomplet vu que je peux difficilement subvocaliser plusieurs lettres à la fois, donc je sais pas trop comment ça marche en détail. En tous cas je sais que je n'arrive pas à apprendre par cœur un truc écrit en tablature, j'ai besoin d'avoir la partition sous les yeux (bon ok j'ai jamais *vraiment* essayé sérieusement, mais en tous cas ça me pose problème. Le fait que ce soit polyphonique n'aide pas, mais j'ai l'impression que c'est surtout le fait que ce soit en tablature, j'ai souvent l'impression qu'il y a une connexion directe yeux-mains sans passer par le cerveau, ça correspond peut-être à cette absence de subvocalisation complète confus (c'est-à-dire que je ne sais pas comment mettre sous forme verbale le message visuel que mes mains savent interpréter, et du coup sans la partition je suis paumé).

¹Pour ceux qui ne savent pas, c'est une partition écrite spécialement pour un instrument (par exemple le luth) qui indique non pas directement les notes mais les cases où on doit mettre les doigts, avec des lettres (a = pas de case, b = première case etc.), l'endroit où la lettre est écrite indiquant de quelle corde il s'agit.
Bon après, la tablature italienne utilise des chiffres à la place des lettres et est à l'envers (les cordes sont dans l'ordre inverse sick), quand j'en lis je subvocalise aussi plus ou moins mais avec les noms des notes, pas avec les chiffres (j'ai l'impression que l'utilisation des noms de notes me sert de guide pour résister à la tentation de lire à l'endroit). Alors que pour la tablature française je le fais avec les lettres.