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kimLe 14/05/2007 à 18:22
Nil (./6) :
Contrairement à ce qu'on peut penser, ce n'est pas uniquement l'écrivain qui fait le livre, mais aussi le lecteur


Pas d'accord. Avec un tel raisonnement, on peut aussi dire que Dieu existe, la preuve, y'a plein de monde qui croit en lui. Inversement, si personne ne croit en une thèse, ça ne veut pas pour autant dire qu'elle est fausse. Ici, un écrivain est porté à la connaissance du plus grand nombre par ses lecteurs, il n'empêche que certains sont restés plus qu'intimes de leur vivant, malgré le fait qu'ils aient effectivement publié, et pourtant, on pourrait dire qu'ils sont écrivains.
Tu définis une profession ou une distraction de l'esprit par son impact et non pas par sa nature. Pour moi, c'est clairement réducteur.
Et oui, j'ai tout à fait l'impression que tu confonds existence publique et célébrité, en disant qu'un écrivain ne l'est que par son lectorat.
Nil (./6) :
Je suis totalement d'accord, mais alors le simple fait qu'ils écrivent et présentent leurs créations en fait des écrivains engagés "pour le plaisir des mots", et ce même malgré eux oui.gif

C'est pour ça qu'il faut définir l'action citée par voltaire : est-ce une action pour le bien public ou une action peut-elle etre ici personnelle ? La satisfaction qu'on a à écrire un livre, fut-il lu, doit-elle être considérée comme une "action" ? Sachant qui était voltaire, "j'écris pour agir" a pour moi plutôt un sens collectif que personnel. Dans ce cas, un écrivains qui n'écrit que pour le plaisir des mots peut n'agir que pour son bon plaisir, celui de son lecteur n'étant qu'accessoire.

Nil (./6) :
De la même façon qu'un instrumentiste qui joue dans une cellule capitonnée ne va jouer que pour lui même et n'aura, pour la société, aucune fonction de musicien.


Bien sûr, et c'est pour ça que je pense qu'une réflexion sur le sens à donner à "agir" est primordial pour pouvoir interpréter les mots de voltaire. Si dans agir, on compte le fait d'écrire pour son bon plaisir, alors, "je joue de la musique pour agir", même si on joue dans une cellule capitonnée, reste vrai. La société n'est qu'une seconde interprétation du mot "agir".
Si maintenant on dit qu'agir passe par une tentative d'amélioration ou tout du moins de modification de l'état de plusieurs personnes (état moral, état de pensée, autre), alors, écrire pour soi n'est plus une action. Est-ce qu'on doit réduire une personne qui écrit pour son propre plaisir d'écrire, en disant d'elle qu'elle n'est pas écrivain ?