Moi je vois le danger. Les gens qui passent toute leur vie en fermant leur gueule on un effet sur la société au moins aussi néfaste que les terroristes qu'ils n'osent pas dénoncer.
Tu peux ne pas aimer ce qu'ils ont fait ou être grand fan (perso j'ai pas d'avis sur leur travail, n'ayant pas eu l'occasion de lire un seul exemplaire de Charlie Hebdo), ce n'est pas le problème. Le fait est qu'ils ont au moins réussi à montrer ce qu'ils cherchaient à montrer: Les fous qu'ils dénoncent existent bel et bien, et ils sont parmi nous.
C'est con, mais c'est pas en ignorant la situation comme de gentils moutons à se dire "oui, il y a des méchants, mais tant que je ferme ma gueule il m'arrivera rien" que la société va s'améliorer. (Et non je parle pas forcément de terroristes islamistes là…) Maintenant que c'est mis en évidence, peut-être que certains vont se poser des questions.
Je pense que tout le monde est d'accord pour dire que se faire tuer à l'arme à feu pour des dessins en France, c'est pas normal.
Je pense aussi que la majorité d'entre nous comprend que voire un dessin qui se moque publiquement de nos idées ou nos opinions, ça énerve, et qu'on peut comprendre (pas justifier !) que certains aient voulu se venger de manière ultra violente. (Je renvoie ici à l'analogie foireuse de Yoshi Noir, même si je la trouve pas adaptée dans ce cas, c'est quand même un truc qu'on comprend tous)
C'est totalement évident que les gars de Charlie Hebdo aient été au courant de leurs risques, ils avaient pas vraiment l'air d'être nés de la dernière pluie. (Surtout vu l'age de certains)
Y'a des détraqués dans la société (mais genre des vrais quoi), et c'est pas en les ignorant que tu les fera disparaître. Les mecs de Charlie Hebdo ont fait ce qu'ils estimaient être leur boulot, en pointant du doigt ce qu'ils estimaient nécessaire de pointer (je vous laisse discuter de ce sujet sans moi

), et par principe, ils ont refusé de se coucher face à ceux qui s'en offusquaient, dont des terroristes. Ils en ont payé le prix, mais au moins ils ne seront pas mort honteux d'avoir renoncé à leurs idées.
Au final c'est juste question de savoir quelle valeur tu accordes à tes idées: Est-ce que tu estimes que tu peux renoncer définitivement à ton idéal en vivant avec ce poids pour le restant de tes jours, ou est-ce que tu crois suffisamment fortement en tes idées pour les considérer aussi importantes que ta vie. (On pourrait transposer la question à un domaine différent sans en changer le problème moral: Est-ce que tu trahis ton pays (ce en quoi tu crois) face à la torture, ou est-ce que tu emportes tes secrets (garants de la survie de ce en quoi tu crois) dans la tombe ?)
Du côté des défunts (une partie tout au moins), je pense que l'on connaît le choix qui a été fait.