Bon, je reprends... en occident, notre musique se construit principalement sur la quinte et l'octave, en tout cas du plus loin qu'on puisse aller (je ne me suis pas penché sur
l'hymne delphique, ça vaudrait peut-être le coup de le faire).
Les constructions ne sont pas harmoniques : il faut bien assimiler ça pour comprendre que, en gros, jusqu'à la pré-aube de la renaissance [on va dire que ça commence lentement à partir de Machaut, et encore], tout est mélisme. C'est un point fondamental : on ne pense pas en matière d'accord, mais en terme de résolution de tension (Quelques détails sur
http://fr.wikipedia.org/wiki/Musica_ficta ou
http://fr.wikipedia.org/wiki/Solmisation - Lise est bien plus calée que moi sur ces problématiques puisqu'elle a réellement pratiqué le contrepoint improvisé en suivant ces règles).
Ces tensions ne sont pas perçues comme des tensions harmoniques (ça, ça n'est que la conséquence de la polyphonie - n'oublions pas qu'on commence à chanter à deux voix), mais comme des attirances, principalement pour retourner à l'unisson ; mais c'est déjà là que se construisent les éléments fondateurs de notre harmonie, comme le repos sur la quinte, l'attirance de la sensible pour la tonique, etc.)
Progressivement, on va abandonner certaines règles, en particulier les quintes parallèles. Les raisons exactes, je ne les connais pas, mais je peux avancer deux théories :
La première, c'est qu'une quinte à vide est difficile à chanter juste (c'est un état où on arrive très vite à un battement). Ca serait donc une raison pratique.
La seconde, c'est qu'une quinte à vide est une harmonie particulièrement creuse. On a beaucoup d'harmoniques "bas" des deux notes qui se recoupent, alors que les harmoniques "hauts" se chevauchent, créant une sensation assez particulière (d'ailleurs, lorsqu'on chante plusieurs quintes à vide consécutives, on entend souvent une troisième voix, formée par des harmoniques différentielles).
Au final, à force d'intellectualisation (c'est une spécificité assez propre à la musique occidentale - et, pour une fois, l'église a eu un comportement progressiste

), on en est venu à construire les hexacordes, qui sont en fait les précurseurs de notre gamme de 7/12 sons).
Bon, en fait je ne sais pas si j'ai répondu à quoi que ce soit, mais j'ai participé aux pavés

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