Nil (./858) :
Hippo > Ce que tu appelles "progrès" me fait un peu peur, quand même. Quand je vois ce que, sous l'appellation progrès, on a fait par le passé, je suis terriblement méfiant. Voici une petite liste non exhaustive :
- les produits cancérigènes
- la sur médicalisation qui a conduit (et conduit toujours) à des comportements aberrants dans le milieu médical
et je ne compte pas "la pollution pour se développer" qui est en train de détruire petit à petit notre écosystème (j'aimerais que mes petits enfants aient la chance de manger du saumon ou de la truite qui ne soit pas dangereux à consommer...)
Ah ben excuse moi de rester optimiste dans ce monde sinistré par la science.
(Courbe de l'espérance de vie en France)

- la surutilisation du fer dans la réfection de monuments (l'Acropole par exemple) et la construction d'édifices neufs en béton armé (en particulier de grandes salles) qui fait qu'aujourd'hui la pierre éclate et qu'on doit tout reconstruire.
Moui enfin je veux bien, mais tu crois pas qu'à l'artisan du Moyen Age qui voulait restaurer ou reproduire une oeuvre antérieure de quelques siècle, il arrivait aussi de se planter et de saccager son boulot?

L'erreur est humaine toussa et c'est pas une caractéristique du progrès. Par contre le progrès des techniques de restauration a permis de redonner vie à des oeuvres qu'on pensait à jamais perdues !
Ca me dérange vraiment que l'on parle de progrès pour le progrès. Que l'éthique est un frein au progrès. Au contraire, je pense.
Pour moi qui suis limite scientiste, progrès et éthiques sont liés, le progrès est par définition bon d'un point de vue éthique.
Je n'espère qu'une chose, c'est que mes petits enfants ou mes arrière petits enfants n'auront pas à nous en vouloir pour ce que nous mettons progressivement en place.
Hé hé, de toute façon je considère qu'ils nous en voudront, mais ce qu'ils nous reprocheront, ça sera sur le plan politique et pas scientifique.

Et il ne faut pas oublier qu'il existe un dicton qui n'a presque jamais fait défaut : "le mieux est l'ennemi du bien".
Oui, la route est droite et la pente est forte, et grand mère fait du bon café !
Non sérieusement, je comprends ton point de vue, mais demande toi au moins une fois : et si ce "mieux" qui est l'ennemi du bien, ce n'était pas plutôt ce moralisme pesant, cette frilosité et ce regret d'une pureté passée qui est surtout fantasmée, cette foi malthusienne en la régression qui prend parfois des allures obscurantistes?