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HippopotameLe 05/06/2007 à 16:53
Prehisto (./15) :
La guerre en Tchétchénie, les tensions politiques avec la Georgie, avec l'Ukraine, ... le fait de raviver le sentiment patriotique et le conflit est-ouest, tout ceci semble plutôt conflictuel, non ?

Il n'y a que l'objection tchétchène qui tienne.
Encore faut-il, sans vouloir excuser les méthodes de cette sale guerre, l'analyser et la remettre dans le contexte historique. En moins de 20 ans, la Russie a perdu son empire. Elle a accepté pacifiquement la séparation avec deux gros morceaux du coeur russe (Ukraine et Biélorussie).
La population de l'URSS comptait sur la fin 290 millions d'habitants. Aujourd'hui la Russie est peuplée de 143 millions d'habitants. Pendant la décennie 90, l'état russe s'est délité. Dans ces conditions, accepter la sécession de la Tchétchénie, c'est ouvrir la porte à toutes les revendications des nationalités et aboutir à la désintégration finale de la nation russe. L'affaire tchétchène fut un coup d'arrêt nécessaire, pris dans un contexte d'affolement. Nier à la Russie la légitimité de maintenir son intégrité territoriale, c'est accepter un nouvel effondrement.

<cynisme> C'est bien triste pour eux mais les tchétchènes auraient du attendre 30 ans pour réclamer. </>

En dehors de cette affaire purement interne à la Russie, il n'y a pas d'engagement militaire, et en fait, la diplomatie russe est l'exemple le plus parfait de ce que devraient être l'attitude des membres du conseil de sécurité.

Les tensions avec l'Ukraine, c'est un peu l'hopital qui se moque de la charité. Les américains soutiennent une révolution anti-russe, et après il faut s'étonner du retour de bâton? Poutine a simplement modifié les tarifs préférentiels accordés à l'Ukraine, qui n'avaient plus de raison d'être, celle ci a refusé de payer, le gaz a été coupé en conséquence. Iouchtchenko s'imaginait peut être que Bush allait faire un pont aérien pour le ravitailler en gaz cheeky, il a joué et il a perdu. Depuis les relations sont normalisées.

Le sentiment patriotique c'est du pipeau, les russes étaient beaucoup plus aggressifs du temps de la dictature. Le conflit est-ouest c'est du pipeau aussi, toute l'action de Poutine consiste à se rapprocher de l'Europe (par contre vis à vis des américains c'est vrai qu'il y a des tensions, mais ce ne sont pas les russes qui jouent le rôle de l'aggresseur).
Mouais enfin, nos actions militaires ne sont pas critiquées de manière aussi vigoureuse que la guerre en Tchétchénie (qui est critiqué depuis l'étranger, mais aussi - tant bien que mal - à l'intérieur même de la Russie [cf. Politkovskaia]).

Tu mets quoi dans "l'étranger"? cheeky
L'Ukraine et la Bielorussie font partie de l'Europe.

Je parlais de l'union européenne (dont j'espère que la Russie fera un jour partie). Sinon, comme le rappelle Sally, l'Europe va jusqu'en Russie.

L'Ukraine et la Biélorussie font partie de la civilisation russe, et sont inclues dans l'expression "toutes les Russies".
Elle a, de toutes façons, desormais les moyens de faire pression sur l'Europe.

Absolument, et c'est l'une des raisons pour laquelle elle doit être notre alliée.

Pensons à la réconciliation Europe occidentale / Russie comme une réédition de la réconciliation franco-allemande, maintenant que les vieilles idéologies ont vécu et qu'on peut construire la paix (un nouveau pan de la construction européenne?)
Que veux-tu qu'elle dise ? Qu'elle prenne parti ? L'Europe (UE des 15, disons) a toujours, pendant la guerre froide, été du côté des Etats-Unis, malgré quelques affinités ponctuelles avec la Russie (amitié franco-russe par exemple). Par conséquent, si la France aujourd'hui se disait du côté de la Russie (ce qui paraîtrait improbable avec notre Hongrois, mais aussi parce qu'une grande partie de la population ne cautionne pas la réaction de Poutine), elle se mettrait de nouveau à dos les Etats-Unis, mais aussi ses alliés européens (Grande Bretagne, Pologne ...).Ca ne ferait qu'envenimer la situation et révéler la profonde division de l'Europe.

(Et ça se dit partisan de la construction européenne cheeky)
La position la plus souhaitable d'une Europe qui se penserait puissance politique, est d'affirmer son indépendance et sa souveraineté. Cela implique de refuser toute ingérence militaire sur son territoire, et renvoyer les fusées américaines là où elles doivent légitimement se trouver : chez elles.

En ce qui concerne le clash diplomatique, il FAUT du conflit. L'Europe crève du consensus mou voire ectoplasmique. En six mois de politique de chaise vide, de Gaulle a fait plus qu'il n'était possible de faire en 10 ans de palabres dans les cercles de l'eurocratie !

Ayons une fois pour toutes une franche explication avec la Pologne.

Quant aux Etats Unis, nous n'avons pas à en avoir peur, ils n'ont pas de moyen de rétorsion. (D'ailleurs nous nous les sommes *déjà* mis à dos, et ça ne se voit même pas cheeky)

(Au passage il n'y a rien d'étonnant à ce que la crise éclate tout pile après le départ de Chirac. C'est inquiétant sur la suite de la politique américaine.)