Hippopotame (./21) :
Encore faut-il, sans vouloir excuser les méthodes de cette sale guerre [de Tchétchénie], l'analyser et la remettre dans le contexte historique.
Mouarf. Rien ne peut excuser cette guerre désastreuse. Il y avait surement d'autres moyens de ne pas perdre la Tchétchénie, la guerre a été une solution choisie à la va vite, et on voit ce que ça a donné.
Hippopotame (./21) :
En dehors de cette affaire purement interne à la Russie, il n'y a pas d'engagement militaire
Ok, je n'avais pas considéré le "mène une politique de paix" comme simplement une histoire d'intervention militaire, mais j'avais aussi tenu compte des tensions diplomatiques, bien souvent créées sciemment par les Russes, qui ne sont quand même pas le symbole d'un volonté de paix (cf. les affaires avec la Georgie par exemple, ou de l'Ukraine, de la Bielorussie, il y a quelques temps).
Hippopotame (./21) :
Les tensions avec l'Ukraine, c'est un peu l'hopital qui se moque de la charité.
Toujours est-il qu'elles ont bien existé.
Hippopotame (./21) :
Le sentiment patriotique c'est du pipeau, les russes étaient beaucoup plus aggressifs du temps de la dictature.
J'ai peut être fait une erreur dans le choix des mots, je voulais dire le sentiment nationaliste. La montée de groupes nationalistes, parfois néo-nazis, en Russie est aujourd'hui un fait. De plus, leurs actions sont très peu réprimées par les autorités, et on observe peu de réactions de la part des gouvernants (/du gouvernant ...) à ce propos. Cela divise la population russe entre les slaves et les caucasiens, et n'améliore pas les relations avec les pays du Caucase.
Hippopotame (./21) :
Le conflit est-ouest c'est du pipeau aussi
Hippopotame (./21) :
par contre vis à vis des américains c'est vrai qu'il y a des tensions
Donc pas tellement pipeau, finalement ?

D'autant plus que le conflit US/Russie s'étend bien au delà de ses deux nations : le conflit avec la Georgie, qui rejoint le camp des USA en est un exemple flagrant.
En outre, malgré la politique de rapprochement vers l'Europe menée par Poutine, l'adhésion de certains pays autrefois soviétiques dans l'UE est très mal perçue en Russie (cf. notamment les pays baltes, ou plus généralement les pays de l'est). Donc plus de conflit est/ouest ... ? Bof bof.
Hippopotame (./21) :
Mouais enfin, nos actions militaires ne sont pas critiquées de manière aussi vigoureuse que la guerre en Tchétchénie (qui est critiqué depuis l'étranger, mais aussi - tant bien que mal - à l'intérieur même de la Russie [cf. Politkovskaia]).
Tu mets quoi dans "l'étranger"?
Les médias européens.
Hippopotame (./21) :
Elle a, de toutes façons, desormais les moyens de faire pression sur l'Europe.
Absolument, et c'est l'une des raisons pour laquelle elle doit être notre alliée.
Pensons à la réconciliation Europe occidentale / Russie comme une réédition de la réconciliation franco-allemande, maintenant que les vieilles idéologies ont vécu et qu'on peut construire la paix (un nouveau pan de la construction européenne?)
Tout à fait d'accord.
Hippopotame (./21) :
Que veux-tu qu'elle dise ? Qu'elle prenne parti ? L'Europe (UE des 15, disons) a toujours, pendant la guerre froide, été du côté des Etats-Unis, malgré quelques affinités ponctuelles avec la Russie (amitié franco-russe par exemple). Par conséquent, si la France aujourd'hui se disait du côté de la Russie (ce qui paraîtrait improbable avec notre Hongrois, mais aussi parce qu'une grande partie de la population ne cautionne pas la réaction de Poutine), elle se mettrait de nouveau à dos les Etats-Unis, mais aussi ses alliés européens (Grande Bretagne, Pologne ...). Ca ne ferait qu'envenimer la situation et révéler la profonde division de l'Europe.
(Et ça se dit partisan de la construction européenne
)
La position la plus souhaitable d'une Europe qui se penserait puissance politique, est d'affirmer son indépendance et sa souveraineté. Cela implique de refuser toute ingérence militaire sur son territoire, et renvoyer les fusées américaines là où elles doivent légitimement se trouver : chez elles.
En ce qui concerne le clash diplomatique, il FAUT du conflit. L'Europe crève du consensus mou voire ectoplasmique. En six mois de politique de chaise vide, de Gaulle a fait plus qu'il n'était possible de faire en 10 ans de palabres dans les cercles de l'eurocratie !
(Pour l'histoire du "partisan de la construction euro", tout dépend de ce que tu mets derrière "construction euro" ^^)
Donc, si je comprends bien, tu suggères que l'UE rejoigne clairement le camp de la Russie ?
Hippopotame (./21) :
Ayons une fois pour toutes une franche explication avec la Pologne.
Facile à dire. Et je ne sais pas si une "explication" suffirait ...

Hippopotame (./22) :
Ce bouclier anti-missile ne peut être considéré comme une menace sauf à croire que les Etats-Unis voudraient attaquer la Russie avec son arsenal nucléaire. Car pour quel autre raison la Russie voudrait-elle se servir de son armement nucléaire contre les Etats-Unis ou ses alliés?
Bien sûr que c'est une menace. Allons construire un bouclier anti-missile à Cuba, on verra si les Etats Unis ne prennent pas ça pour une menace !
Est-ce que le fait que les US considèreraient ça comme une menace prouve que c'est une menace ... ? Pas sûr.
Hippopotame (./22) :
Il ne faut pas non plus oublier l'approche des élections en Russie. Faire vibrer la fibre nationaliste et rappelant la "grandeur" de la Russie à l'opposé de "l'impérialisme" américaine ça fonctionne toujours.
Non, Poutine n'a absolument *aucun* problème pour garder le pouvoir. Il est incroyablement populaire.
Certes, mais ça le rend encore plus populaire. Je ne pense pas qu'il fasse ça pour garder le pouvoir (lui ou son succésseur d'ailleurs, car il est peu probable qu'il brigue un autre mandat), mais il doit y avoir un question d'ego derrière tout ça.