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Deux articles parus dans Le Monde. Le premier parle de la mort (suicide ?) d'un sans-papiers tunisien hier dans le centre de rétention de Vincennes. Le deuxième article rapporte les incendies qui ont complètement détruit les centres de Vincennes 1 et 2 (déclanchés lors d'émeutes suite à ce décès ?).
Un Tunisien meurt au centre de rétention de Vincennes
Un Tunisien de 41 ans est mort, samedi 21 juin en fin d'après-midi, au centre de rétention administrative de Vincennes. Selon une source proche de l'enquête, la personne est décédée "d'une crise cardiaque, sans intervention des effectifs de police".
La préfecture de police, qui a confirmé le décès, a indiqué que ce ressortissant tunisien était "sous le coup d'une interdiction définitive du territoire français décidée par un arrêt de la cour d'appel de Paris". Un premier examen médical n'a décelé "aucune trace suspecte sur le corps" selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP.
LA POLICE DÉMENT TOUT INCIDENT
Le député Jean-Pierre Brard (app PCF) s'est rendu sur place où il a été informé du décès. "Le médecin m'a dit qu'il ne voulait pas se prononcer sur les causes de la mort" de cette personne, "une autopsie sera pratiquée dimanche pour les déterminer", a-t-il déclaré à l'AFP. M. Brard a indiqué qu'on lui avait rapporté que son compagnon de chambre s'était déjà "inquiété" de son état de santé vendredi, trouvant qu'il "respirait mal".
Des personnes retenues, qui avaient alerté l'AFP, ont fait état d'incidents une fois que la nouvelle s'est répandue dans le centre. Des sans-papiers ont fait part à l'AFP, par téléphone, de troubles et de forte présence policière. Un témoin a fait état d'un "début d'émeute" dans le centre de rétention avec dispersion de gaz lacrymogènes. Une représentante du Réseau Education Sans Frontières (RESF), Florence Ostier, a évoqué auprès de l'AFP le témoignage d'un retenu, selon lequel il y a eu du "grabuge dans le centre" après l'annonce du décès. La préfecture de police a démenti tout incident, affirmant que"les retenus ont simplement voulu connaître la situation". RESF appelle à un rassemblement de protestation et de solidarité avec les retenus, dimanche à 15 heures, devant le centre de rétention.


Un incendie s'est déclaré, dimanche 22 juin, au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne), où sont enfermés des étrangers sans papiers en instance d'expulsion, a-t-on appris de source policière et auprès d'associations de défense des étrangers. Le sinistre s'est déclaré dans l'après-midi et a détruit les deux bâtiments du centre, l'un des plus importants de France. Les occupants ont pu être évacués à temps et aucune victime n'a été signalée, mais une centaine de personnes auraient été asphyxiées.

Selon l'un des étrangers actuellement retenu à Vincennes, l'incendie serait lié à une émeute qui aurait éclaté en milieu d'après-midi. Elle serait notamment liée à la mort par crise cardiaque d'un Tunisien sans papiers, samedi, au centre de rétention. Cette version semble corroborée par la préfecture de police, qui évoque un "départ simultané d'incendies dans les deux bâtiments du centre".
TENSION

La mort de ce Tunisien de 41 ans a provoqué, selon l'association RESF, une vive émotion chez les occupants du centre, alors que la police assure que la victime n'a pas subi de violences. Une enquête a été ouverte et une autopsie doit être effectuée.
Un collectif d'étrangers sans papiers avait appelé à manifester devant le centre de rétention de Vincennes, dimanche après-midi. On ignore si cette manifestation a un lien avec l'incendie. Les centres de rétention seraient actuellement surpeuplés et la tension y serait de plus en plus vive, selon les organisations de défense des étrangers, qui pointent la "politique cruelle, brutale et inhumaine" menée par le gouvernement.

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Un communiqué de l'Union Syndicale Solidaires :
Chasse aux immigré-e-s : l’acharnement continue

Un incendie a détruit ce dimanche à Vincennes les deux bâtiments du plus grand Centre de rétention administrative (CRA) de France, au lendemain de la mort d’un Tunisien retenu dans celui-ci. La responsabilité des autorités - qui avaient été alertées depuis plusieurs mois au plus haut niveau sur les risques d’explosion dans ce CRA surpeuplé non conforme à la réglementation - est directement engagée. Plus globalement, ce sont bel et bien les surenchères actuelles en matière de politique d’immigration qui engendrent de tels événements.

Il y a quelques jours, Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, s’est félicité d’une augmentation de 80% des reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière pour les cinq premiers mois de 2008, par rapport à la même période de 2007. Derrière ces chiffres, c’est une descente dans l’ignominie qui chaque jour s’accélère avec la multiplication des contrôles au faciès, des convocations pièges en préfectures, des rafles, du non respect des voies et délais de recours… Derrière cet acharnement répressif, ce sont des centaines de milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, qui vivent dans la terreur d’une arrestation, ce sont des dizaines de milliers de vies individuelles qui sont ravagées du jour au
lendemain et des familles entières qui se retrouvent cruellement séparées. Parfois cet acharnement va même jusqu’à entraîner la mort de celui ou de celle qui prend des risques désespérés pour tenter d’échapper aux expulsions.

Dans le même temps, le Parlement européen vient d’adopter une directive sur l’immigration qui instaure des règles communes en matière d’expulsion d’immigré-e-s en situation irrégulière. Ce texte prévoit notamment pour les personnes concernées, enfants comme adultes, valides comme malades : une prolongation de la durée de rétention pouvant aller jusqu’à 18 mois ; la possibilité d’un renvoi vers un pays de transit même si l’intéressé-e n’y a aucune attache ; une interdiction de séjour de cinq ans dans l’ensemble des pays de l’Union européenne… Même si cette directive se veut le fruit d’un compromis par rapport aux pratiques observées actuellement dans certains pays européens, où par exemple la durée de l'enfermement des sans-papiers est illimitée, l’esprit et les dispositions qui régissent ce nouveau texte sont disproportionnées et indignes.

Le gouvernement français n’entend pas en rester là et le thème des migrations sera l’une des priorités de la prochaine présidence française de l’Union Européenne. En cette occasion, N. Sarkozy veut notamment codifier les règles de sélection pour l’accueil des étrangers et empêcher toute future régularisation massive au sein d’un pays membre. Toutes ces mesures témoignent une nouvelle fois d’une conception de l’immigration qui réduit l’immigré-e à une simple marchandise corvéable et jetable. Les lois se multiplient et chacune d’entre elles lamine encore plus le droit des étrangers. Celles-ci vont toujours dans le même sens : restreindre au maximum le regroupement familial et le droit d’asile ; limiter l’immigration à des quotas de travailleurs en fonction des besoins du marché du travail ; jeter ceux-ci dès lors qu’ils ne sont plus nécessaires. Dans le même temps, les étrangers sont stigmatisés et utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner l’opinion des véritables problèmes actuels : emploi, précarité, pouvoir d’achat, protection sociale… Une telle approche de l’immigration et les discours qui l’accompagnent favorisent la montée de la xénophobie, du racisme, de l’exclusion, et par réaction, des communautarismes.

L'Europe se transforme en une véritable forteresse et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l'accès à son territoire et pour expulser les sans-papiers. Le caractère essentiellement sécuritaire du traitement des flux migratoires entraîne des milliers de morts, et les choix économiques mis en oeuvre maintiennent les pays d’origine en marge du développement. En France, comme dans toute l’Europe, des femmes, des hommes et des enfants vivent dans la peur quotidienne d'être arrêtés, puis enfermés dans un centre de rétention avant d’être expulsés simplement pour un défaut de papiers. Partout on criminalise des personnes dont le principal tort est de vouloir fuir la misère ou la situation politique de leur pays.

Cette politique est doublement hypocrite puisque les gouvernements occidentaux savent très bien que malgré cette fermeté le nombre global de personnes en situation irrégulière reste relativement constant années après années et que le maintien d’un « vivier » de sans-papiers est indispensable à la survie de pans entiers de leur économie. Les centaines de travailleuses et de travailleurs sans papiers qui ont entamé ces dernières semaines des mouvements de grèves dans diverses entreprises d’Ile-de-France sont là pour en témoigner publiquement. A travers la France, ils sont des centaines de milliers dans la restauration, l’hôtellerie, l’agriculture, le bâtiment, l’aide à la personne, le gardiennage…

Leurs conditions d’exploitation tirent l’ensemble des salaires et des droits sociaux de ces secteurs vers le bas. Les autorisations de travail sont soumises au bon vouloir des préfets sur la base d’une liste de métiers très réduite et qui dépend de l’origine du demandeur. Travailleurs illégaux, dans une totale dépendance vis à vis de leurs patrons, ils sont confrontés à la précarité, la surexploitation et le non-droit. La politique du gouvernement en matière d’immigration s'inscrit délibérément dans une perspective utilitariste. N’est acceptable que l'étranger perçu comme rentable pour l'économie française. Cette logique s’inscrit dans la logique libérale qui tend à imposer flexibilité et précarité à l’ensemble du salariat.

L’Union syndicale Solidaires dénonce les politiques indignes qui dominent aujourd’hui en matière d’immigration et exige la mise en oeuvre de mesures qui soient fondées sur des valeurs démocratiques et solidaires. Nous ne voulons pas d’une France et d’une Europe forteresses, liberticides et repliées sur elles-mêmes. Conformément aux décisions intervenues début juin lors de son 4ème Congrès, l’Union syndicale Solidaires entend renforcer son implication dans ce combat afin de construire, avec les différentes forces également engagées dans ces mêmes luttes, les conditions d’un indispensable sursaut citoyen sur ces questions.
Paris, le 22 juin 2008

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J'espère que tu planques des sans-pap' chez toi, que l'accès à ton frigo est "open-bar", et que tu ne mets pas de verrou à ta porte, sinon c'est "faites ce que je dis, pas ce que je fais"...

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Qu'est ce que tu insinues encore ? Qu'ils viennent bouffer notre pain et voler nos maisons ? Mais dis-le clairement, alors, ne te cache pas !

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ben commence par être logique avec toi-même et à les aider autrement que derrière un écran.. Accueille une famille de maliens chez toi gratos alors.