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Lu sur Liberation.fr
La Cimade, réunie samedi en assemblée générale extraordinaire, a réitéré sa demande de modification du décret gouvernemental qui a réformé fin août le dispositif d’aide aux étrangers placés dans les centres de rétention administrative (CRA).

«La Cimade est déterminée à poursuivre son action de défense des étrangers placés en rétention, mais elle refuse le morcellement de la mission en lots éclatés attribués à des prestataires de service», a écrit l’association dans un communiqué. «Elle demande au ministre de l’Immigration (Brice Hortefeux) de modifier le dispositif prévu par le décret et l’appel d’offres publiés fin août», est-il précisé.

Un décret du 22 août a réformé le dispositif d’aide aux étrangers placés en rétention en introduisant la possibilité qu’«une ou plusieurs personnes morales» y exercent des missions d’information et d’aide. Il est aussi prévu, dans un appel d’offres, que les 30 CRA qui seront en activité au 1er janvier 2009 (contre 27 actuellement) seront répartis en huit «lots».

La Cimade, jusqu’à présent seule association habilitée dans les CRA, avait dénoncé le mois dernier «une logique de “concurrence libérale” déplacée en matière de défense des droits de l’Homme».
L’AG qui s’est réunie samedi a mandaté l’instance dirigeante de l’association pour «rechercher avec des associations et organisations non gouvernementales les conditions permettant la mise en oeuvre d’une mission nationale cohérente assumée conjointement», conclut le communiqué.


Je pense que la réponse de la CIMADE parle d'elle-même : une logique de concurence libérale en matière de défense des droits de l'homme. Selon quels critères le ministère va-t-il confier la responsabilité de chaque zone ? Au moins-disant humanitairement ?
Si c'est le ministère qui décide des associations qui doivent surveiller que ce même ministère respecte les droits de l'homme, cela pose un petit problème !

Hortefeux ne cherche pas à casser un monopole, mais à remplacer la CIMADE par d'autres associations, qui lui seront soumises, et qui, elles, ne dénonceront pas les conditions de rétention !
http://www.cimade.org/publications?category=Rapports+d%27observation

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Hortefeux avait déclaré vouloir en finir avec le "monopole" de la CIMADE, qui était seule habilitée à intervenir dans les centres de rétention. Cela voulait-il dire qu'il autorisera n'importe quelle association à entrer dans ces centres ?
Pas vraiment, il s'agit en fait de remplacer la CIMADE par une myriades d'autres associations, qui auront moins de moyens pour dénoncer la situation catastrophique des retenus (comme elle avait dénoncé la situation peu avant la mort d'un tunisien de 42 ans, qui avait alors déclenché l'incendie des CRA de Vincennes).

Hortefeux va-t'il remplacer la CIMADE par ses potes ? Est-ce au gouvernement de choisir les associations vérifiant que les droits de l'homme sont bien respectés ?
Centres de rétention: le Collectif Respect, en candidat masqué de ladroite
Par Carine Fouteau
Mediapart.fr 24 octobre 2008

Un site internet désactivé, des coordonnées difficiles à trouver, plus de 24 heures pour réussir à joindre un responsable, des affinités politiques à droite et «une envie d'intervenir dans les centres de rétention»: le halo de mystère entourant le Collectif Respect, qui a répondu à l'appel d'offres du ministère de l'immigration réorganisant la présence associative dans les centres de rétention, commence à se dissiper.
Cette «personne morale» a pour ambition de remplacer la Cimade dans certains CRA. Pourtant son expertise en matière de droit des étrangers apparaît incertaine.
Selon sa propre présentation, que l'on retrouve ici ou là sur le web, le Collectif Respect est un «mouvement qui entend réintroduire la notion de respect dans la vie quotidienne». Créé en 2002 à la suite du match de football France-Algérie au cours duquel La Marseillaise avait été sifflée, il indique vouloir «en finir avec l'image
passéiste et caricaturale de la jeunesse que l'on pose soit en victime permanente de la société, soit en catégorie condamnée à l'assistanat, deux visions qui contribuent à la démobiliser, à la ?ghéttoïser' et à lui faire oublier les valeurs de la République».
Interrogée par Mediapart, Maryse Lechesne, coordinatrice du Collectif, confirme que son association est candidate, comme l'Assfam, la Cimade, Forum réfugiés, France Terre d'asile et l'Ordre de Malte. «Quand on a vu l'appel d'offres, on s'est dit: pourquoi pas nous ? J'ai demandé au ministère de l'immigration de visiter des CRA pour voir l'ambiance, le contexte. Ils ont mis 48 heures à me donner l'autorisation. Fin août ou début septembre, je ne me souviens plus très bien, j'ai visité le centre de Rouen. Quand je suis sortie, j'ai même raccompagné un retenu qui avait été relâché, comme ça, dans la nature. Ces gens n'ont rien, ce sont souvent des marginaux, des gens que l'on trouve dans la rue, il faut bien créer de l'aide autour de ces gens», indique-t-elle.
«Pour l'instant, ajoute-t-elle, il n'y a que la Cimade dans les centres de rétention, mais avoir l'avis de plusieurs associations, cela me semble une bonne chose.» L'appel d'offres divise la France des CRA en huit «lots» distincts. Le Collectif Respect aurait postulé pour deux zones : celle qui regroupe les centres de Palaiseau,
Plaisir, Coquelles et Rouen-Oissel et celle de «l'Outre-mer». Mais Maryse Lechesne dit «ne pas en être très sûre. Je n'ai pas tous les lots en tête».

Des affinités avec l'UMP
Dans le milieu des associations spécialisées sur les questions de droits des étrangers, cette organisation est à peu près inconnue. «Je ne sais pas qui ils sont. Je n'ai aucune information. Ils sont sortis du chapeau comme par magie le 22 octobre [la date butoir de remise des offres]», indique Claire Rodier, juriste au Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), au fait des moindres évolutions du secteur.
«On n'a jamais entendu parler d'eux, sauf une fois, il y a quelques semaines, quand on a su qu'ils avaient visité un centre de rétention près de Rouen. Cela nous avait d'ailleurs un peu surpris», ajoute-t- on à la Cimade, seule association habilitée depuis 1985 à intervenir dans les centres de rétention.
Dans l'entourage de Fadela Amara, la secrétaire d'État chargée de la politique de la ville, on indique ne pas les connaître non plus. «Ils ne sont répertoriés dans aucun de nos fichiers», précise-t-on. Du côté des organisations actives dans les banlieues, même type de réponse. À une nuance près, leur nom est associé à celui de l'UMP.
De fait, l'un des fondateurs de Collectif Respect, Frédéric Bard, a eu des fonctions dans ce parti. À la fédération UMP de Paris, on affirme néanmoins qu'«il n'y a plus aucune responsabilité depuis 2003». Chargé de communication du Collectif Respect, Didier Mouliom confirme que Frédéric Bard a «appartenu à l'UMP», mais qu'«il a démissionné du Collectif au début de l'année 2008».
Quant à Maryse Lechesne, elle revendique «le lien avec la droite en général». On retrouve d'ailleurs son nom sur la liste UMP de l'Ile-de-France aux élections régionales de mars 2004. «Oui, c'est vrai, il y a chez nous des gens de droite, mais aussi des gens de gauche. On a même un communiste», dit-elle, avant d'ajouter : «Le fait d'être de droite, est-ce que cela nous empêche d'intervenir sur ce secteur ? Je ne vois pas le rapport.» Elle tient à préciser que «nous n'avons pas été sollicités par le ministère de l'immigration, cela aurait même été choquant».
Dans l'entourage de Brice Hortefeux, on affirme «ne pas savoir grand- chose sur cette association», même si autorisation lui a été donnée de visiter un CRA. Alors que certaines informations, circulant sur internet, indiquent que Frédéric Bard aurait été chargé de mission au ministère de l'immigration, on déclare «ne pas en avoir eu connaissance». La coordinatrice du Collectif Respect confirme, elle, que «le ministère a fait appel à lui à un moment, mais je ne sais pas ce que cela a donné».

Des bénévoles issus du monde de la communication
Pour en revenir aux droits des étrangers, le candidat mystère a «beaucoup travaillé sur la laïcité, les violences faites aux femmes, le respect des droits, de l'humain en général». «Nous sommes sur le terrain depuis plusieurs années, même si on ne nous connaît pas trop. Nous n'avons pas de gros moyens. Nous n'avons pas non plus de salariés, je crois. La plupart d'entre nous avons d'autres fonctions ailleurs», indique Maryse Lechesne.
Dans quels secteurs ? «La plupart d'entre nous venons du monde de la communication», répond-elle. Autrement dit, le lien avec la mission d'aide juridique aux étrangers enfermés dans les centres de rétention n'apparaît pas de manière évidente.
Cette candidature est la conséquence directe de la manière dont l'appel d'offres a été rédigé. Contesté par de nombreuses associations, celui-ci se borne en effet à indiquer que toute «personne morale» peut postuler. Les associations de défense des droits des étrangers se retrouvent ainsi en concurrence avec des structures sans savoir-faire ni expertise particulière en la matière.


Source : http://www.mediapart.fr/journal/france/241008/centres-de-retention-le-collectif-respect-en-candidat-masque-de-la-droite

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combien de maliens sans-papiers accueilles-tu chez toi colas ?

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Il dit qu'il voit pas le rapport.....
Rouler en hummer a Paris c'est aussi con que de vouoir envahir l'Irak en Smart (www.entenduaparis.info)

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Tout à fait.
Et les amalgames de bobmorane entre sans-papiers et clodo commencent à me gonfler.

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t'as pas répondu, t'en accueilles combien cher colas ? parce que c'estpa sen ralant derrirèe un ordi que tu les aideras tu sais..

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Bobmorane, mon "cher", tu te complais dans l'amalgame ! Si je ne t'ai pas répondu, c'est parce que ta question n'a aucun sens : un sans-papiers n'est pas un sans-logis, et inversement (même s'ils peuvent être les deux à la fois). Pour aider les sans-logis, qui sont souvent socialement coupés du monde, il faut les réinsérer, et leur permettre de vivre dans des conditions correctes.
Les sans-papiers, eux, sont souvent socialement actifs, mais ne peuvent pas travailler, pas étudier, pas bénéficier du système de solidarité français, parce que l'État français leur refuse des papiers en règle. Le principal problème n'est donc pas de les loger (je veux dire que le problème de logement n'est pas spécifique aux sans-papiers) mais de leur permettre de travailler, de gagner leur vie honnêtement, et c'est ce qu'ils demandent quand ils revendiquent leur régularisation (1000 travailleurs sans-papiers du BTP, de la restauration, etc. en grève à Paris cette année).
Il ne faut pas confondre les deux problèmes, même si, bien sur, ils ont tendance à s'additionner.

En passant, je ne comprends pas pourquoi tu fais une différence entre les SDF blancs et les autres (noirs, arabes ?)...

Je vais quand même essayer de répondre à ta question, en la reformulant : "est-ce que j'acceuille chez moi des sans-papiers sans-domicile ?"
La réponse est simple : comme tous les français qui le peuvent, je paye des impôts, dont une partie sert à financer les centres d'accueils pour SDF, les centres d'acceuil pour demandeurs d'asile (CADA), et les "éloignements du territoire". Donc, oui, je contribue, autant que toi, à aider ces gens, et, malheureusement, à les réprimer pour des crimes qu'ils n'ont pas commis.
Si cela ne te suffit pas, si tu tiens le discours raciste se résumant à "si tu veux des immigrés tu n'as qu'à les prendre chez toi", tant pis pour toi. Ce discours est raciste parce qu'il assimile les immigrés à des fainéants, des profiteurs, des assistés. Il ferme volontairement les yeux sur les grèves de travailleurs sans-papiers, qui montrent que les sans-papiers ont la capacité et l'envie de travailler, comme les immigrés réguliers et les travailleurs nationaux. Il oublie également que la traque, la rétention, et les expulsions de sans-papiers coûte extrèment cher à l'État, bien plus que s'il décidait d'intégrer ces gens (qui ne sont pas tous immigrés). J'aimerais que l'État utilise davantage de moyens (dont les impôts que nous payons font partie !) pour aider les gens qui en ont besoin, plutôt que de financer des expulsions de sans-papiers. Ces expulsions coûtent très cher (presque 1 milliard d'euro pour 25 000 reconduites à la frontières), je te laisse faire le calcul.

Bien sur, je suis d'accord avec toi sur le fait que ce n'est pas en râlant derrière un ordi qu'on aide qui que ce soit. Je te rassure, ce n'est pas ma principale occupation. D'ailleurs, je sais bien que diffuser des informations sur ce forum a un impact assez limité sur les étudiants, mais c'est ce que j'ai trouvé de mieux.

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Je suis d'accord avec toi Colas sur le fait que les reconduites à la frontière et centres de rétention (coûtent horriblement chers à l 'Etat alors que le citoyen ne devrait pas avoir à payer cela. C'est pour quoi, de mon point de vue, il faudrait rétablir nos frontières, afin de mieux contrôler les flux. Donner des papiers à un étranger n'est pas un dû.
De plus, les Centres de Rétention Administrative ont été officiellement créés en 1981, soit sous l'ère mitterrand, et non Sarkozy.. Certains ne se sont réveillés qu'en 2007 sur ce qui se passait autour d'eux.

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il faudrait rétablir nos frontières, afin de mieux contrôler les flux. Donner des papiers à un étranger n'est pas un dû.
Cela pose deux problèmes : est-il possible de fermer totalement les frontières de l'Europe, comme on essaye actuellement de le faire ?
Et les conséquences humaines et sociales de cette "Europe Forteresse" est-elle moralement défendable ?
De plus, les Centres de Rétention Administrative ont été officiellement créés en 1981, soit sous l'ère Mitterrand, et non Sarkozy. Certains ne se sont réveillés qu'en 2007 sur ce qui se passait autour d'eux.
Autant citer l'intégralité de l'article wikipedia, non ? Il dit :
"Cette institutionnalisation de lieux de privation de liberté qui ne dépendent pas de l'administration pénitentiaire fait suite à la découverte, à Marseille en 1975, de la prison clandestine d’Arenc, contrôlée par la police, où étaient séquestrés des travailleurs immigrés en instance d’expulsion. Depuis 1964, la police y exerçait son autorité sans aucun contrôle judiciaire, sur la seule base d’un règlement de police de 1938 autorisant l’internement des étrangers sans-papiers."
Donc la rétention administrative date de 1938 ! C'est la faute du Front Populaire ! smile
Plus sérieusement, il me semble bien que c'est le PS qui a organisé les premiers "charters". Mais la fermeture des frontières date surtout de 1974. Depuis, les lois sur l'immigration n'ont cessé de se durcir. Le nouveau CESEDA (code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) instauré par Sarkozy qui était alors ministre de l'intérieur.
Certains ne se sont réveillés qu'en 2007 sur ce qui se passait autour d'eux.
Pourrais-tu préciser ces propos évasifs ? Est-ce le PS que tu désignes par "certains", ou bien la gauche en général ?