Démocratie et nation ne sont donc que les deux visages, intérieur et extérieur, d'une société homogénéisée par l'alphabétisation de masse. C'est la raison pour laquelle ces deux concepts étaient si proches pour les hommes du XIXième siècle. La volonté actuelle de les séparer, en jugeant positivement la démocratie et négativement la nation, leur aurait paru une impossibilité logique. Aujourd'hui, on se sent bon lorsqu'on rejette le nationalisme et ses conséquences barbares ; mais nier la nation c'est aussi, en pratique, rejeter la démocratie.
Les droits inaliénables du troll :
1) le droit d'avoir raison
2) le droit d'être péremptoire
3) le droit de ne pas lire
4) le droit de ne pas répondre
5) le droit d'être de mauvaise foi
6) Autant pour moi / Faignant / Vivent Tintin et Milou
Les années récentes ont permis une vérification tardive de l'hypothèse associant structure familiale, religion et idéologie, dans un contexte de disparition des croyances traditionnelles. Entre 1965 et 1985, la pratique religieuse s'est effondrée, toute comme les doctrines communiste, sociale-démocrate ou gaulliste. Le referendum sur le traité de Maastricht fut néanmoins l'occasion d'une très belle réémergence du clivage fondamental qui donne tout son intérêt, toute sa violence, à l'histoire nationale. Les régions de déchristianisation ancienne ont voté non ; les régions où la pratique religieuse est restée forte jusque vers 1965 ont voté oui.
La majorité nationale s'est en apparence déplacée puisque le oui l'a emporté, de justesse en terme de voix. Une certaine propension à l'unanimisme des régions de tradition catholique explique cette prédominance. Lorsque le oui est majoritaire, il l'est plus massivement que le non là où il gagne. Ce dernier l'emporte dans les régions de tempérament anarchiste où la division du corps électoral est à la fois spontanée et équilibrée. En termes d'espace géographique, le non est largement majoritaire, dans 53 départements contre 43 seulement qui donnent la victoire au oui.
Le contenu de la campagne référendaire permet de comprendre les réactions différentes des tempéraments et des régions. Les partisans du oui ont sans relâche fait campagne sur le thème de la compétence des élites, suggérant l'existence d'un haut de la société, qui sait, et d'un bas, qui doit faire confiance. Chacun des départements a réagi en focntion de sa conception du rapport élite/peuple. Dans la France de tradition catholique, où règne toujours une certaine déférence sociale, on a accepté le principe d'une supériorité intellectuelle des hommes qui ont conçu et négocié le traité. Dans la France indivudualiste et égalitaire, où, il y a bien longtemps, furent rejetées les représentations d'un roi et d'un dieu différents des hommes par nature, la notion même de supériorité des élites a été reçue comme une insulte. Les deux attitudes, positive et négative, fondées sur des systèmes de valeur a priori, ont leur cohérence. Dans le cas précis du traité de Maastricht, nous devons noter que l'intuition égalitaire était la bonne. Son acceptation a mené à un naufrage économique, la production industrielle française atteignant à peine en 1996 celle de 1990. Il n'est pas toujours sage d'accepter le principe de compétence des élites.
Les droits inaliénables du troll :
1) le droit d'avoir raison
2) le droit d'être péremptoire
3) le droit de ne pas lire
4) le droit de ne pas répondre
5) le droit d'être de mauvaise foi
6) Autant pour moi / Faignant / Vivent Tintin et Milou
Sehen Sie mich ! Sehen Sie mich ! Das Monstrum in meinem Selbst ist so gross geworden !
Les droits inaliénables du troll :
1) le droit d'avoir raison
2) le droit d'être péremptoire
3) le droit de ne pas lire
4) le droit de ne pas répondre
5) le droit d'être de mauvaise foi
6) Autant pour moi / Faignant / Vivent Tintin et Milou