L'expression d'un besoin
En 1935, Michelin, le célèbre fabricant de pneumatiques, rachète Citroën et place Pierre Boulanger comme patron. Il a l'idée de créer une voiture destinée aux classes sociales du monde rural et à faibles revenus. Le soucis premier étant de permettre à la maison mère Michelin d'accroître son activité de pneumatiques.
S'inspirant d'une enquète faite au près d'un public ciblé, envoyé à plusieurs milliers d'exemplaires à travers l'ensemble du territoire, PJB écrit le cahier des charges précis et draconnien, définissant le projet TPV (Très Petite Voiture) : avec quatre places assises, 50 kg de bagages transportables, 2 CV fiscaux, traction avant comme les 11 et 15/Six, 60 km/h en vitesse de pointe, boîte à trois vitesses, facile d'entretien, possédant une suspension permettant de traverser un champ labouré avec un panier d'œufs sans en casser un seul, et ne consommant que 3 litres aux 100 kilomètres. Elle doit pouvoir être conduite en sabot, par un débutant ou une femme. Et surtout, aucun signe ostentatoire. Le slogan publicitaire 4 roues sous 1 parapluie de la fin des années 60, résume assez bien l'esprit général de ce que le patron attendait.
Il désigne André Lefebvre à la tête du bureau d'étude, qui a déjà fait ses preuves sur la Traction. Il aura pour associés Alphonse Forceau s'occupant de la suspension, Jean Muratet spécialiste de la carrosserie, et Flaminio Bertoni.
L'équipe a carte blanche, tant qu'il ne s'agit pas d'esthétique ou de performance valorisante. Le projet explore toutes les voies possibles dans tous les domaines: des matériaux rares comme le magnésium sont employés pour la réalisation des bras de suspension; les portes sont circulaires pour s'ouvrir en basculant (Attention les doigts); on expérimente un dispositif d'éclairage s'inspirant des lucioles, le toit du véhicule est en toile cirée et les vitres en mica pour alléger l'ensemble...
Chaque prototype fait l'objet d'essais au centre de La Ferté-Vidame. Et PJB donne son aval à chaque étape. Dès qu'une solution aboutit sur un excès de confort elle est rejetée: deux idées toutefois seront conservées: le dispositif de chauffage que les ingénieurs s'étaient confectionné pour les essais en hiver, à partir de manchon en feutre récupérant les calories du tuyau d'échappement, et l'habillage des portes et de la sellerie que Mme boulanger suggérera à son époux.
À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les projets dirigés par André Lefèbvre aboutissent à une voiture en tôle ondulée très fine, équipée d'un bi-cylindre à plat refroidi par eau de 375 cm³.
Le 1er septembre 1939, 250 voitures sont déja assemblées à l'usine de Levallois-Perret. Quelques jours plus tôt, le 28 août, l'administration des Mines vient de donner son agrément pour la commercialisation.
Sur ordre du patron, toutes les « Type A » sont démontées et détruites. Quelques unes, essentiellement des prototypes, sont cachés à La Ferté-Vidame dans les greniers du centre d'essai (voir ci-dessous la vidéo), ou dans les sous-sols du bureau d'étude de Citroën, rue du Théâtre.
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Durant la guerre, les Allemands, qui étaient au courant de l'étude de cette TPV, demandent à Pierre Boulanger de mettre à leur disposition les plans de cette TPV en échange de la divulgation des plans d'Hitler concernant celle qui deviendra la « Volkswagen ». Le patron de Citroën refuse cet échange. À partir de l'année 1941, après le bombardement de l'usine du quai de Javel, les études de la TPV reprennent en cachette de l'occupant allemand. On décide d'abandonner les matériaux coûteux, comme le magnésium qui est devenu introuvable. Le moteur reste encore longtemps refroidi par eau mais présente des problèmes de gel à basse température. Les études sont longues et contraignantes pendant la période de l'occupation.
Plusieurs fabricants se sont interessés à la TPV.
Me concernant j'ai acheté la première variante destinée à la collection de presse "2CV", origine NOREV.
Je me rappelais de la première livrée du prototype TPV de Norev, dans un beau grand boitage, affichée 500FF à l'époque, au magasin de Patrick Rouget (1/43 MINI AUTO à Saint Avold dans les années 90) Dans la même colletion il y avait aussi la Traction 22 noire.
Les lignes sont justes, et les décorations sommaires, mais elle a du charme et reprend bien le côté "ruste" du prototype réel.
Toujours est-il que pour les besoins d'un diorama j'en ai refait une autre, à partir de cartes plastique à l'échelle 1/65° cette fois. Je suis plutôt satisfait du résultat pour une première!
Après traitement:
Pour reprendre l'idée du grenier du centre d'essai:
Texte : Wikipedia
Source vidéo : "Mehari" membre du Camac et de BX World
