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LA VOIX DU NORD du 2 juin 2010 » Edition Lomme - Lambersart »

Au Colysée de Lambersart, des jouets qui nous... transportent

LE VISAGE DE L'ACTUALITÉ FRANCK ASTRUC PRÉSIDENT DU MUSEE DU JOUET DE WAMBRECHIES

Depuis hier, Franck Astruc, président du musée de la poupée et du jouet ancien de Wambrechies, installe une exposition dédiée aux jouets du transport des années 1950
qui sera visible à partir de samedi au Colysée de Lambersart.


PAR STEEVEN DEMORA

Si les enfants le voyaient, ils en seraient verts de jalousie. Depuis le début de la semaine, l'activité de Franck se résume à déballer des cartons remplis de voitures miniatures et de les mettre en scène dans un décor réaliste : « C'est vrai que c'est amusant mais il y a des règles à respecter lorsqu'on conçoit les vitrines : tout doit être de travers pour être bien visible. » Président du musée de la poupée et du jouet ancien de Wambrechies, Franck Astruc a embarqué une partie de ses jouets pour les exposer au Colysée de Lambersart. Des jouets essentiellement liés au transport : « Le musée fait parti d'un réseau qui présente des manifestations sur le thème du transport pour fêter les 100 ans du Grand Boulevard et le centenaire de la traversée de La Manche par Blériot. » C'est avec minutie et sens aiguisé du détail que Franck s'applique à installer 16 vitrines qui mettent en scène plusieurs modes de transport à travers différentes époques. « Ce ne sont que des jouets de la marque Joustra, l'abréviation de jouets de Strasbourg, firme qui a été créée dans cette ville en 1934. Elle a été leader dans la production de jouets en tôle lithographiée après la guerre », explique Franck. Dans ses mains, il tient un trolleybus à impérial, sorte de tramway miniature fabriqué en 1940 : « C'est une pièce très rare car elle a été produite pendant la guerre avec une licence anglaise. Et comme le prix est indexé sur le degré de rareté, il est bien côté, plusieurs centaines d'euros sûrement », confie le collectionneur. C'est que Franck s'est documenté pour mettre en place cette exposition. Il connaît désormais parfaitement l'histoire de la marque Joustra, créé par les frères Kosmann en 1934 : « Ils ont dû fuir Strasbourg pendant la guerre pour s'installer, paradoxalement, à Vichy en 1939 ! C'est pour cela que les jouets ont été plus rares dans ces années-là. » L'Histoire qui entrecroise l'histoire du jouet lorsqu'il précise que certains jouets de l'exposition viennent de la firme allemande Köhler : « Après la guerre, les Allemands ont dû payer des dommages de guerre. La firme Kölher qui fabriquait des jouets a été obligée de donner des brevets et des matrices d'emboutissage à Joustra pour qu'ils puissent fabriquer et commercialiser leurs jouets ».

L'idée de Franck est de traverser l'Histoire à travers les vitrines de jouets (Ce qui colle parfaitement à ce que nous pensons des miniatures de véhicules automobiles) :
« Il y en a une qui représente le mur de Berlin. Une autre représente le chantier de reconstruction de Caen, ville rasée à 70 % après la guerre. » Mais trêve de cours historique, Franck, en scénographe averti, se remet au travail. Sur le chantier, il installe soigneusement la grue, la pelleteuse, les camions bennes. Tous ces petits jouets qui, une fois mis en scène, créent leur petite histoire.

Exposition "Les jouets du transport des années 50", visible du 5 juin au 29 août 2010 au Colysée de Lambersart. Du mercredi au samedi de14h à 19h et le dimanche de 13h à 19h. Entrée libre. A ne pas manquer top

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"Il faut que les vitrines aient l'air le plus vraies possible". Bénévole au musée de la poupée et des jouets anciens de Wambrechies, Jean-Marie participe à la mise en place de l'exposition des jouets du transport : "Je suis très intéressé par la scénographie, il faut avoir de l'imagination et être créatif, adroit et assez bricoleur".

Cela tombe bien, Christian, bénévole également, aime le bricolage. Il a lui-même construit de ses mains le garage à trois niveaux qui trône dans l'une des vitrines : "Je travaille le bois comme je travaille la mécanique, avec beaucoup de précision". A ses côtés, Jean-Marie ne manque pas de plaisanter : "Ce n'est pas de l'huile Esso dans les petits bidons, c'est de l'huile de coude !"

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La bonne humeur règne donc durant l'installation de cette exposition qui n'enlève rien au côté rigoureux de certaines vitrines.

Franck, directeur du musée, a lui même créé l'iconographie : "J'utilise des logiciels de montages de photos en scannant les fonds de carton des boîtes d'origine." Une opération qui n'apparaît pas bien compliquée à cet ancien ingénieur informaticien. Les perspectives sont respectées, à l'imag de cette reconstitution du pont de Brooklyn qui donne l'impression de sortir de la toile de fond. Ou encore de la reconstitution du Grand Boulevard Lille-Roubaix-Tourcoing qui allie dessin et plan en trois dimensions avec les véhicules d'époques. S.D.

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