ROME (AFP) - Le président russe Vladimir Poutine, aux prises avec une crise intérieure sans précédent, est attendu mardi soir à Rome pour discuter avec la présidence italienne de l'Union Européenne des liens économiques et politiques entre la Russie et la nouvelle Europe élargie.
L'avion présidentiel russe se posera à Rome mardi vers 18h00 GMT (19h00 locales).
Le sommet UE-Russie, prévu jeudi, revêt une importance particulière au moment où l'Europe prépare l'arrivée en son sein, au mois de mai prochain, de dix nouveaux membres, dont huit anciens pays du bloc soviétique (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Lituanie, Lettonie, Estonie).
Dans un récent article de la revue Diplomat, le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov a souligné que la rencontre UE-Russie de Rome était la dernière avant l'élargissement et que dans cet esprit il importait de "poser les fondations d'une relation privilégiée entre la Russie et l'UE".
Le sommet devrait déboucher sur l'adoption d'un calendrier préparant l'intégration de la Russie à l'Espace économique européen, indiquait lundi le quotidien italien Il Sole 24 Ore.
Les trois chapitres de cette "feuille de route" qui mettrait progressivement la Russie à égalité avec la Norvège dans ses relations économiques avec l'Europe sont : l'élimination de barrières commerciales, l'harmonisation des législations, l'ouverture des marchés, selon le journal économique.
Régime des visas, collaboration des polices contre le crime organisé, coopération spatiale, conditions de ventes du gaz et du pétrole russes: les discussions doivent permettre de mesurer le bénéfice des relations privilégiées affichées par M. Poutine et le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi.
Les deux hommes s'étaient vus fin août en Sardaigne pour un week-end de travail et de détente dans la villa de M. Berlusconi. Ils se retrouveront mercredi, pour un déjeuner suivi d'une conférence de presse.
Dans la matinée, M. Poutine, qui effectue mercredi une visite d'Etat en Italie, aura auparavant été accueilli par le président italien, Carlo Azeglio Ciampi, et dans la soirée, il sera reçu par le pape.
Les interlocuteurs de M. Poutine auront à l'esprit les récentes décisions de la justice russe contre le secteur privé local avec le gel d'une partie des actions de la société pétrolière Ioukos et l'emprisonnement de son patron, Mikhaïl Khodorkovski, depuis le 25 octobre.
Même s'il s'agit de "questions absolument internes à la Russie", souligne la partie italienne, les luttes de pouvoir à Moscou ne laissent pas d'inquiéter dans les rangs occidentaux.
Les Etats-Unis ne se sont pas privés de le dire vendredi, suscitant une vive réaction russe. Soucieux de leur côté de ménager la suceptibilité de M. Poutine, les Européens restent prudents mais ils ne cachent pas qu'ils ont du mal à interprêter ce qui s'est passé, selon un diplomate italien.
Les délégations doivent également tenter d'aplanir le problème du régime des visas que la Russie voudrait voir lever ou simplifier pour ses ressortissants.
Dans le domaine de l'énergie, les Européens reprochent aux Russes les prix très bas dont bénéficients les entreprises russes pour le gaz et le pétrole.
Ils y voient un élément de concurrence déloyale et souhaitent un réglement avant que la Russie n'adhère à l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Dans le domaine spatial, les Européens voudraient regrouper leurs forces avec la Russie autour du projet de système de navigation par satellite Galileo.
En matière de sécurité, enfin, un accord entre l'unité de police européenne, Europol et le ministère russe de l'Intérieur dans le domaine de la lutte contre le crime organisé pourrait être conclu, a-t-on indiqué de source diplomatique.
Ce sont des nouvelles pleines d'espoir!