PARIS (AP) - L'UMP "altermondialiste"? A une semaine de l'ouverture du Forum social européen (FSE), le parti chiraquien s'est prononcé pour "une autre mondialisation" à l'occasion d'un colloque en présence de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin.
Ce colloque d'une journée, intitulé "partager les fruits de la mondialisation", était destiné à couper l'herbe sous le pied des altermondialistes en martelant le message de Jacques Chirac en faveur d'une "mondialisation à visage humain". Il s'agissait aussi de montrer que l'UMP pouvait aborder "sans complexe et sans frilosité" ce sujet, a expliqué Alain Juppé.
Donnant l'exemple, le président de l'UMP a assuré que le terme d'"altermondialiste" ne l'effrayait pas "si s'affirmer altermondialiste, c'est vouloir changer le cours des choses et inventer une autre mondialisation".
"Personne ne peut se satisfaire du mouvement du monde tel qu'il va", a ajouté M. Juppé. Très sévère pour un monde qui va "cul par dessus-tête", le président de l'UMP a stigmatisé pêle-mêle "l'accélération des délocalisations" ou "les inégalités de développement entre Nord et Sud qui continuent de nourrir la misère, terreau de tous les extrémismes".
Dominique de Villepin, qui lui a succédé dans l'après-midi à la tribune, a plaidé avec force pour une "nouvelle éthique du monde", "fondée dans tous les domaines sur le respect de la dignité humaine, sur l'esprit de justice et sur la responsabilité collective".
"Désormais, le monde forme un tout, mais ce tout reste à imaginer et à édifier", a constaté le ministre des Affaires étrangères. "N'attendons pas, après les terribles drames qu'a connus le XXe siècle, après les avertissements qui déjà partout nous cernent, de faire un nouvel apprentissage par le gouffre."
Face aux "synergies de destruction" engendrées par le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et les crises régionales, il a plaidé pour une "mobilisation de la communauté internationale toute entière".
Au passage, Dominique de Villepin a critiqué la "logique sécuritaire" défendue par les Etats-Unis, qui "ne fait qu'étendre la crise, aggraver le mal, creuser les lignes de fracture".
A plus long terme, le ministre des Affaires étrangères a rappelé les nombreuses propositions faites par Jacques Chirac pour "replacer l'homme au coeur de la mondialisation": augmentation de l'aide publique au développement, triplement de la contribution de la France au fonds mondial contre le sida, le paludisme et la tuberculose, adoption par l'Unesco d'une convention internationale sur la diversité culturelle, création d'une organisation mondiale de l'environnement et d'un conseil de sécurité économique et social... Sans mentionner la taxe Tobin, il a prôné un "système" pour corriger les "excès" de la mondialisation et "dégager de nouvelles ressources pour financer le développement".
Clôturant le colloque, Jean-Pierre Raffarin a embrayé sur ce "message de la France" en faveur d'un monde "davantage humanisé". Moins altermondialiste que Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin a cependant expliqué qu'il ne fallait pas "diaboliser" les échanges internationaux.
Devant le PDG de Carrefour Daniel Bernard, qu'il a fait applaudir, le Premier ministre a rappelé qu'"un Français sur quatre travaille pour l'export".
Face à la nouvelle donne créée par la mondialisation, "il y a deux types de tempéraments, ceux qui choisissent l'ouverture et ceux qui choisissent le repli", a expliqué le chef du gouvernement. "Il faut éviter ce clivage", a lancé M. Raffarin, estimant qu'un repli de la France sur elle-même pouvait être "très dangereux", et contribuerait à "la montée des extrêmes".
"Ayons ce goût de l'avenir et refusons toute inclinaison capitularde", a souligné le Premier ministre, en invitant ses amis à "mobiliser" les Français "pour que ce message de confiance" soit "partagé par tous". AP
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