Et oui, car la littérature résolument contemporaine, écrite par des gens résolument très vivants qui se sentent par ailleurs complètement in the move, est une petite mine de trésors arkiens !
Savourez donc cette prose alliant poésie et force du (gros) mot qui constitue une véritable révolution du langage, fièrement (si si ! ) portée par la plume d'un certain Guillaume Dustan :
"Le lendemain je me suis réveillé avant lui, vers une heure. J'ai gerbé tout mon dîner de la veille. J'ai nettoyé la cuvette des chiottes et je suis retourné me coucher. Il s'est réveillé à cause du bruit. Je lui ai demandé de me faire du lait chaud et du miel. Dès que j'ai eu fini le bol, j'ai couru le gerber aux chiottes. Ca a fait comme une vague blanche et verte à cause de la bile. Je me suis dit que je n'aurais jamais dû boire le lait. Au bout d'une heure, j'ai bu un verre d'eau, qui est passé, et après j'ai mangé deux cuillères de riz. J'ai imméditement gerbé le tout sur le plateau et le lit. Je me suis endormi. Quand je me suis réveillé, j'avais chié au lit."
Nicolas Pages
On appréciera particulièrement l'image puissante qui évoque océan et vomissure dans un jeu de couleurs audacieux.
On peut aussi se demander ce que devient le compagnon de lit de notre brave écrivain (ah oui, j'ai oublié de dire que ce roman est en fait une autobiographie), et s'il a eu l'honneur de seconder le héros dans ses valeureuses actions...

